Coronavirus : le masque passé au crible d’une étude sociologique menée par 7 chercheurs d'Albi, Nice, Paris et Toulouse

Quel impact le masque a-t-il dans notre vie ? Quelle est désormais sa place dans notre société ? Toutes ces questions sont étudiées en ce moment par un collectif de chercheurs universitaires français qui s’appuie sur de nombreux témoignages
 
© Photo Miryam Brisse
Près de 3 000 personnes ont déjà répondu à l’appel à témoignages lancé par un collectif de 7 sociologues. Sujet de leur étude : le masque.
«Il ne s’agit pas de répondre à un questionnaire mais ce sont bien des récits, des expériences partagées que l’on cherche à recueillir pendant cette période d’épidémie », précise Franck Cochoy, professeur de sociologie à l’université Jean-Jaurès de Toulouse et coordinateur du projet Maskovid.

Le masque étudié sous toutes ses coutures 

L’appel a été lancé dans la presse écrite début avril et sur internet. Des chercheurs des universités d'Albi, Nice, Toulouse et de l’école des Mines de Paris veulent tout savoir sur le masque, son utilisation, les controverses qu’il suscite, la façon dont chacun s’en procure ou au contraire comment peut être vécue la pénurie…
 
L'appel à témoignages lancé par les sociologue
L'appel à témoignages lancé par les sociologue © Maskovid LimeSurvey
 

Les premiers témoignages ont commencé a être analysés par le professeur toulousain. Voici l’exemple de l’une des thématiques étudiées : « Mais d’où viennent les masques des passants ordinaires ? ». Cette question fait l’objet de beaucoup de fantasmes, selon le chercheur « il était donc important d’avoir des témoignages sur ce thème. » Première constatation, il y a « ceux qui ont des masques, et ceux qui n’en ont pas ».
Il y a un enseignement à retenir pour le spécialiste :

alors que la pandémie unit la population, […] le port des masques fait émerger par contraste une inégalité sociale d’un nouveau type.


Autre constatation, certains ont choisi de ne pas porter de masque par civisme et par respect pour les professions médicales qui en manquent. « Je n’ai pas cherché à m’en procurer pensant que je n’étais pas prioritaire et qu’il était bien plus grave que le personnel soignant, les médecins ne soient pas équipés » déclare Sophie, 40 ans, responsable commerciale.

Professions médicales : les chercheurs ont besoin de vos témoignages

Cédric Calvignac lui, est enseignant à l’université Champollion d’Albi et dans cette étude il s’intéresse essentiellement aux professions médicales. Est-il possible de suivre les recommandations d’usage du masque malgré la pénurie ? La relation au patient est-elle modifiée lorsque l'on porte un masque ? Et comment s’y adapte-t-on ? Voici quelques unes des questions que se pose le sociologue.

Ce dernier a encore besoin de témoignages. Si vous êtes médecin, infirmier, auxiliaire de vie, ambulancier, votre avis sur les masques, votre vécu, vous pouvez témoigner sur un site dédié au personnel soignant.

   

Premiers résultats bientôt publiés

Cette étude est suivie par l’Agence Nationale de Recherche et soutenue par l’Institut Universitaire de France. Les résultats seront publiés au fur et à mesure dans des revues scientifiques et dans la presse (cf.un article à paraître dans le magazine Sciences Humaines).
Grâce aux résultats de cette recherche on devrait en apprendre davantage sur l’impact que ce simple bout de papier ou de tissu élastiqué aura eu dans notre société en pleine crise sanitaire.

 
Aidez les sociologues en faisant votre jogging
Franck Cochoy travaille sur la question du jetable notamment concernant les produits d’hygiènes. Le masque est en train d'en devenir un, selon le chercheur.  « En faisant mon jogging, je vois souvent des masques par terre ainsi que des gants, je me suis dit que ce serait bien de les comptabiliser grâce à l’appui d’autres sportifs. » Il a donc lancé un autre appel aux joggeurs pour une science participative avec un site dédié. "Les informations que vous nous fournirez nous aideront à évaluer l'importance relative de ces déchets médicaux dans l'environnement, leur localisation et leur évolution, et donc à mieux cerner les risques associés."


 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
santé société recherche culture sciences université éducation covid-19