Droit de retrait à la SNCF : reprise progressive du trafic des trains mais pas en Occitanie

Le trafic des trains reste perturbé dans la région Occitanie, dimanche 20 octobre 2019, troisième jour du conflit social qui oppose les agents  à leur direction. La direction régionale de la SNCF continue d'inviter les voyageurs à reporter leurs déplacements. 
Les halls de la gare Matabiau sont désertés par les voyageurs.
Les halls de la gare Matabiau sont désertés par les voyageurs. © FTV / Noé Poitevin
Le retrait exercé par les agents SNCF perturbe à nouveau la circulation des trains dimanche 20 octobre 2019, troisième jour du conflit social."La reprise est progressive, nette en Ile-de-France, sur les trains grandes distances et dans certaines régions", mais "très difficile" dans certaines régions, comme l'Occitanie ou la Champagne-Ardenne", indique la direction de la SNCF. 

En effet, sur son site internet, la direction de la SNCF Occitanie indique que le trafic reste très perturbé dimanche. "La circulation des TER, Intercités et certaines lignes Transilien reste très perturbée et les correspondances ne peuvent être assurées".

Et d'inviter, pour la deuxième journée consécutive, les voyageurs à reporter leurs déplacements ou à privilégier les autres modes de transport. 

La sécurité en question

A l'origine du mouvement, un accident survenu mercredi soir, lorsqu'un TER reliant Charleville-Mézières à Reims a percuté un convoi routier exceptionnel coincé sur un passage à niveau dans les Ardennes, faisant 11 blessés dont plusieurs hospitalisés.
Le conducteur, qui a porté secours aux passagers alors qu'il était lui-même blessé, était le seul agent SNCF à bord du train.

 Enlisement ?

Les syndicats SUD-Rail, CGT-Cheminots, FO-Cheminots et la Fgaac-CFDT, contestent ce mode de fonctionnement, qui permet de faire circuler des trains sans contrôleur, évoquant des risques de sécurité pour les voyageurs. La direction fait valoir qu'il "existe depuis des dizaines d'années".
Le ton est peu à peu monté entre l'exécutif et la direction, d'une part, et les syndicats de l'autre.
    
Le Premier ministre Edouard Philippe a dénoncé samedi un "détournement du droit de retrait qui s'est transformé en grève sauvage" et a "demandé à la SNCF d'examiner toutes les suites qui pouvaient être données, et notamment judiciaires". Le secrétaire d'Etat aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari, lui a emboîté le pas en estimant dans une interiew au Parisien que la SNCF pourrait prononcer des sanctions individuelles contre les cheminots ayant pris part à ce mouvement, que le patron de la SNCF Guillaume Pepy a qualifié de "grève surprise" et jugé "pas admissible".
  
 "Le niveau de violence des déclarations donne le ton de la suite, car c'est difficile de dire "on se met autour de la table" quand on parle de judiciaire et qu'on nous prend presque pour des criminels", s'insurge Julien Troccaz, de SUD-Rail. La direction et le gouvernement "n'ont pas compris qu'il y a une colère des agents à propos de la sécurité. Ca n'a rien à voir avec le 5 décembre et les retraites", insiste-t-il en référence à la prochaine journée d'action.
    


 
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