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Laurette 1942, une volontaire au camp du Récébédou, à voir vendredi soir 22 mai vers minuit

© ecransud
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Un documentaire-fiction du toulousain Francis Fourcou d'après le livre de Laurette Alexis-Monet, Les Miradors de Vichy (Editions de Paris), une jeune femme engagée dans la Cimade qui découvre la réalité des camps d'internement français du Midi de la France dans la période sombre des années 40...

Par Marie-France Guiseppin

Eté 1942, Laurette Monet a 19 ans, elle est protestante, étudiante en théologie à Montpellier, et elle décide de s’engager,… Un engagement audacieux alors que la France occupée de Vichy, aux lois républicaines bafouées, à l’antisémitisme affirmé, interne jour après jour des milliers de femmes et d’hommes : juifs, républicains espagnols gens du voyages, opposants politiques de tout bord, …

Extrait :
Extrait du documentaire Laurette 1942
Une coproduction
Ecransud/Just Films Barcelona
Avec la participation de
France Télévisions et Médias du Sud

Un film de Francis FOURCOU

Scénario et adaptation : Francis FOURCOU et Marc KHANNE
d’après le livre de Laurette Alexis-Monet (éditions de Paris)


Musique Originale composée et dirigée par Denis BARBIER

Avec
Anna LIABEUF
(Laurette jeune), Barbara TOBOLA (Blanche de Montmollin), Fabrice TEPASSO (Jacques Saussine), Corinne MARIOTTO (Madeleine Barot), Francis AZEMA (le chauffeur), Danielle CATALA (Laurette âgée).
Et la participation de Maurice SARRAZIN dans le rôle du Cardinal Saliège

Narrateur : Philippe CAUBERE

Diffusion vendredi soir 22 mai en soirée, vers minuit et quart, sur France 3 Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon.


Tournage à la gare de Martel / © ecransud
Tournage à la gare de Martel / © ecransud

Cet été 1942, où tout bascule, cet été de la rafle du Vel d’hiv, des rafles généralisées de la Gestapo et de la police française, cet été des grandes déportations, Laurette, qui n’est pas majeure, devient équipière de la Cimade, une organisation créée par des protestants pour aider et protéger les plus démunis dans les 200 camps français. La suite ? Laurette arrive au Récébédou, près de Toulouse, et découvre la condition des internés et déportés de l’Europe asservie : torture des interminables appels, dysenteries, typhoïde, gale, poux, malnutrition,…

 / © ecransud
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Au Récébédou, avec les équipiers, son camarade et Blanche de Montmollin, jeune déléguée de la Croix Rouge suisse, Laurette va être confrontée à l’épouvante des déportations d’août 1942 organisées par la police de Vichy aux ordres de la Gestapo. Terrible été 42, où plusieurs convois, partant du Récébédou, emmènent les internés au camp de Drancy, puis, trois convois à destination d'Auschwitz avec 349 Juifs venant du Récébédou,… en zone libre. Cet été là, lucide, avec bravoure, face à ces antichambres de la « solution finale », la foi protestante de Laurette bascule dans ce qui sera sa Résistance.

 / © ecransud
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Entrelacée avec les scènes suivant silencieusement aujourd’hui Laurette âgée de 70 ans dans ces camps de l’ex « zone libre », dans leur « mémoire » , nous écouterons des femmes, témoins uniques, témoins exceptionnels qui vous confieront le chemin qui fut le leur : Angèle Bettini, le 5 novembre 1940, avec des camarades jeta des tracts sur le cortège de Pétain en visite à Toulouse et fut internée 4 ans, Edith Moskovic, internée avec ses 8 frères et soeurs au Récébédou, enfant cachée, sauvée par un geste d’humanité, des tziganes, des républicains espagnols, Florence Malraux, enfant visitant son oncle Juif Badois, Thérèse, Tzigane raflée, Marion Wiesel, jeune juive transférée de Gurs au Récébédou, Maria, fille d’un Républicain espagnol exilé,…..des femmes diront ce qu’il advint cet été là, où tant et tant de gens périrent.

Voilà le récit hors du commun de ce film : l’histoire d’un coeur qui bat, celui de Laurette.

Entourés de l'équipe du film, Francis Fourcou en bas à gauche, avec à droite, Edith Moskovic, une des témoins du film. / © ecransud
Entourés de l'équipe du film, Francis Fourcou en bas à gauche, avec à droite, Edith Moskovic, une des témoins du film. / © ecransud


Les Personnages de Laurette 1942 


Angèle Bettini, résistante de la première heure qui en ce 5 novembre 1940 participa au premier acte de résistance en jetant des tracts sur le convoi du Maréchal Pétain traversant Toulouse, jugée en mars 41 elle vécut quelques semaines au camp du Récébédou avant d’être transférée vers  plusieurs camps dont celui de Brens (près de Gaillac), un camp de femmes où elle vécut les journées tragiques d’août 1942.

Edith Moskovic, enfant juive hongroise, exilée avant-guerre à Bruxelles à cause des lois antisémites du régent Horty, a connu le miracle et l’enfer. Arrêtée fin 1941 par la gendarmerie française avec ses 8 frères et sœurs en Haute-Garonne où sa famille s’était réfugiée, elle est internée au camp de Portet, dans les conditions des déportés de l’Europe asservie : torture, interminables appels, gale, poux, sous-nutrition.

Sylva Frei, enfant juive, son père polonais, sa mère allemande, exilée avant-guerre à Saint-Juéry dans le Tarn pour fuir la guerre d’Espagne. Son père, arrêté, interné au camp de Noé,  puis déporté à l’été 42, s’évade sur la ligne de démarcation et échappe à la mort. Sylva, encore bébé et sa mère sont internées au camp de GURS, le plus grand des camps français.  A la mort de son père, elle trouvera sa carte de combattant et de résistant….

Carmen Navarro, à l’âge de 19 ans, elle franchit la frontière suivant sa jeune sœur. De camp en camp, de plage en plage, elle se retrouve au Récébédou où mariée avec un aide cuisinier espagnol, elle assistera aux grandes rafles de l’été 42. Le dernier témoin sans doute des ces rafles.

Marie-Geneviève Dagain, jeune fille en 1942,  protestante, elle vit plusieurs mois au camp de Récébédou où sa tante est infirmière de la Cimade. Son souvenir est précis, elle détaille l’apparition des barbelés entourant les juifs en 41, puis la dégradation progressive des conditions de vie au camp de Récébédou.

Les lieux de tournage


Toulouse (extérieurs, La Grave et église St Nicolas), les camps de Gurs (Pyrénées-Atlantiques) et Rivesaltes (Pyrénées Orientales),
Martel (Lot) pour des décors extérieurs, les gares et trains ; Cerdagne et Ariège (extérieurs montagne), Aude et Roussillon (Espaces maritimes).
USA, UCLA, Université de Californie, Los Angeles.

Tournage à Martel dans le Lot... / © ecransud
Tournage à Martel dans le Lot... / © ecransud

Laurette Alexis-Monet


Laurette Alexis-Monet en 1942 / © ecransud


Une femme de coeur exceptionnelle, fille de pasteur, étudiante en théologie, engagée à 19 ans auprès de la CIMADE en 1942, et qui, inlassablement, au coeur du camp aida tous et toutes, passa lettres et colis (...)

Elle a 19 ans en 1942, elle est témoin de la barbarie au Camp du Récébédou, des déportations vers les camps de la mort dont le gouvernement de Vichy se fit le complice actif. Laurette pendant plusieurs mois elle vint apporter son humanité et sa compassion, son aide active aux internés...

Le récit de ces années, l'histoire de ces destins de femmes dans la guerre ont une dimension autre que celle de la Résistance armée. Portées par leurs convictions, elles n'oublient jamais leur lien charnel avec l'humanité. Leur Humanité est au coeur de leur action.
En 1994, Laurette Monet écrira les Miradors de Vichy.

Francis Fourcou, producteur et réalisateur du film :

Francis Fourcou / © ecransud
Francis Fourcou / © ecransud


 Après l’École Nationale Louis Lumière, Francis Fourcou réalise son premier documentaire sur les révoltes viticoles dans le sud de la France au Grec, sous l’égide de Jean Jacques Languepin et Jean Rouch. Il travaille avec le réalisateur Alain Aubert, puis Jean Fléchet qu’il assistera pendant de nombreuses années avant de s’associer à son travail au sein des Films Verts. Tout en gardant ses compétences techniques d’opérateur de prises de vues, il réalise des documentaires, puis ses premières fictions ou assiste des réalisateurs atypiques comme Peter Watkins ou Jacques Rozier, ou Hubert Knapp.

En 1984, le Centre National du Cinéma et la Région Midi-Pyrénées lui demandent de créer une structure de formation aux métiers du cinéma et de l’audiovisuel à Toulouse dans le cadre de la décentralisation du cinéma, ACT Formation, toujours active. En 1989, il reprend la gérance d’Ecransud et élargit les activités à la production et l’édition.  Il a distribué une douzaine de films, du cinéma indépendant espagnol, dont le premier film d’Almodovar en France, Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ?, du cinéma égyptien, le Sixième jour de Youssef Chahine, de nombreuses productions d’Humbert Balsan (Corps et biens, Histoire de Caporal,…) et deux films de Peter Watkins : Punishment Park, et Le Voyage.

Il a réalisé en 1997 son premier long métrage La Vallée des montreurs d’ours, Grand prix du festival du film de Montagne, distribué en France Italie et Pologne, où il a assuré plus de 120 débats avec le public, puis son deuxième long métrage en 2005, J’aime la vie, Je fais du vélo, Je vais au cinéma consacré aux salles de cinéma en France et en Belgique. Il a réalisé aussi de nombreux  documentaires et fictions pour la télévision.

En tournage au théâtre du Pavé à Toulouse... / © ecransud
En tournage au théâtre du Pavé à Toulouse... / © ecransud