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Qui sommes-nous ? en Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon

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Le documentaire “Combattants de la liberté”, samedi 1er mars à 15h20

Manuel Alcala - José Alcala / © José Alcala – adr productions
Manuel Alcala - José Alcala / © José Alcala – adr productions

“A 17 ans je ne pensais pas à la mort, je pensais qu’il fallait vaincre le franquisme c’est tout, personne ne pense à sa mort à 17 ans“.

Par Guiseppin Marie-France

C’est avec ces mots que mon père commence à me raconter son histoire. A 80 ans passés, au crépuscule de sa vie, il me livre enfin son passé de guerillero.
Cette épopée terrible et magnifique d’un simple combattant, me donne le désir d’entrouvrir les portes de la grande histoire, celle de la guerre
d’Espagne et de la résistance antifranquiste. Une façon personnelle de revenir sur cette époque trouble que les alliés, français et anglais, n’ont pas voulu affronter, redoutant un conflit mondial, allant même jusqu’à signer un pacte de non-intervention pour ne pas fâcher les prédateurs fascistes. Moment terrifiant de l’histoire humaine où le peuple espagnol et tous ceux qui ont suivi la république sont abandonnés aux mains de Franco, Hitler et Mussolini. A la libération, alors que le Monde est enfin sauvé, les libérateurs négligent le peuple espagnol en souffrance et laissent le franquisme détruire ce qu’il reste d’humanité derrière les Pyrénées. Bien plus tard, à la fin des années 60, de jeunes combattants reprennent les armes des anciens pour que continue la lutte contre le fascisme.

Une production ADR productions avec la participation de France Télévisions
Produit par Pascal Verroust
réalisé par José Alcala


Entretien avec José Alcala  :

Mon père a gardé pour lui l’histoire de sa guerre d’Espagne durant toute sa vie. Si je parvenais quelquefois, au cours de nos conversations, à glaner quelques informations, je n’arrivais que très difficilement à relier les évènements entre eux, ce qui au fond entretenait un certain mystère. Je savais par exemple que la guerre en elle-même avait duré 3 ans et demi, celle de mon père s’étalait, pourtant, sur plus de 11 ans. J’ignorais que, comme beaucoup de républicains, il avait été mis en prison, en camp de concentration, avant de rejoindre les maquis à la première occasion. 


Pourquoi un tel mystère de la part de votre père ?
La douleur que réveillait l’évocation de cette guerre était telle qu’il en refusaitle souvenir. De même qu’il souffrait d’avoir quitté son pays et les siens. Depuis toujours il envoyait de l’argent à sa mère et à ses frères, comme animé d’un sentiment de culpabilité. Comme s’il les avait abandonnés.

Comment s’est-il résolu à se raconter, quel a été l’élément déclencheur de ce récit ?
Je suppose que le fait de franchir l’âge vénérable de 80 ans dans un premier temps l’a beaucoup aidé. Et puis un jour d’été, nous nous sommes retrouvés tous les deux dans les Pyrénées. Nous aimions chercher des champignons ensemble, nous nous baladions des journées entières. Nous nous sommes assis après des heures de marche et je lui ai dit que je voulais écrire un film
sur son parcours de guerillero. Il m’a dit une fois de plus que son histoire était très ordinaire, et que beaucoup avait vécu la même chose. Alors je lui airépondu que j’avais besoin qu’il me la raconte, parce que cette histoire était unique, parce que c’était celle de mon père. Il a baissé les yeux et, lui qui parlait souvent très fort, comme le font souvent les ouvriers pour couvrir le bruit des machines, il s’est comme relâché, il a commencé à raconter son parcours à voix basse. Ça a duré des jours, nous nous installions dans la véranda et je l’enregistrais. Jusqu’à la fin de sa vie, il m’a raconté sa guerre, derrière le micro, en voiture, en bricolant, partout. Il était soulagé d’en parler, intarissable. Les tendances politiques, le contexte de l’époque... tout y passait.

Pourquoi avoir relié l’histoire d’un homme au contexte de toute une époque, pourquoi ne pas avoir seulement raconté l’histoire de votre père ?
J’avais besoin de situer mon père dans son temps, et de cette façon mieux comprendre cette guerre. En regardant la petite histoire à travers le regard d’un seul homme, qui plus est mon propre père, je ne pouvais que mieux appréhender l’Histoire, la grande. J’étais plus sensible. Et puis à travers le regard de mon père, j’avais le sentiment de ne plus observer une masse de milliers d’individus, mais de regarder chaque personne au fond des yeux.

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