• FAITS DIVERS
  • MÉTÉO
  • POLITIQUE
  • ECONOMIE
  • SOCIÉTÉ
  • SPORT

Qui sommes-nous ? en Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon

Le lundi soir après le Soir 3 Un mercredi par mois après Enquêtes de région
Logo de l'émission Qui sommes-nous ? en Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon

Le Gavatx, un étranger dans la vigne, le samedi 4 octobre à 15h20 sur France 3 Languedoc-Roussillon

© Pages et Images
© Pages et Images

Trilla, petit village des Pyrénées-Orientales a vu sa vigne disparaître progressivement au profit des forêts. Vincent, un étranger au pays, décide de retravailler la vigne. Il rêve de vins d'exception. Une aventure courageuse et difficile.

Par Emmanuelle Gayet

Beaucoup de gens sont partis de Trilla, ce village perdu aux pieds des Pyrénées. Seuls les sangliers sont de retour et on n’arrive plus à en abattre suffisamment. Envahies par les mauvaises herbes, les parcelles sur lesquelles s’alignaient jadis les vignes se transforment en forêt. Depuis trente ans, Trilla connaît le déclin. Avec la crise, le village a perdu une part de son âme. Les habitants qui restent ici semblent rongés par l'échec et la méfiance. Ils ne sont guère que soixante qui se croisent chaque jour dans les ruelles lorsque le soleil est au plus bas et parlent les uns des autres derrière leurs volets clos. Certains ont plus d'espoir que d'autres, quelques jeunes restent là, chacun à son histoire.

Puis un beau jour, arrive Vincent, un gavatx, comme on nomme ici l'étranger, avec la ferme volonté de réaliser son rêve : monter une cave à lui dans ce village et créer des vins d'exception. Personne n'y croit. Tellement ont essayé et ont échoué. Dans la région, travailler la vigne ne rapporte plus assez pour vivre et beaucoup ont fini par arracher leurs plants sur des terres épuisées. Mais les difficultés qu'il rencontre reflètent bien le déclin continuel du cru. Ainsi, on découvre l’âme de ce village. Ici, l'embarras peut faire rire. Et pourtant, Vincent est enthousiaste. Avec ardeur et passion, il raconte les fleurs et les coccinelles qui reviendront entre les pieds de vigne. Tenace, Vincent sait défendre son intérêt. Des américains lui achèteront son vin à coup sûr et l’affaire fera revivre le village !

Mais avec ce rêve, quand ce n’est pas l’indifférence, il récolte de la méfiance. Sans capital ni famille dans les environs, les gens d'ici ne le suivent pas. Il est un gavatx.

Extrait du documentaire :
DMCloud:109859
Extrait du documentaire : Gavatx, un étranger dans la vigne


Une coproduction France Télévisions et Pages & Images
Un film de Lorenz Findeisen

Quelques questions à Lorenz Findeisen, le réalisateur


1- Pourriez-vous nous présenter votre parcours professionnel ?
J’ai débuté en 2003 comme assistant de réalisation, avant d’enseigner durant un an l’histoire du documentaire français, à l’université de Leipzig.
Ma collaboration avec Arte commence en 2007, lorsque je réalise un documentaire sur Jonathan Meese, artiste touche-à-tout allemand, dans le cadre de la série L’art et la manière. Trois documentaires suivront dans la série Cuisines du terroir, entre 2009 et 2012.
J’ai ensuite, pendant presque 3 ans, développé ce projet, Le gavatx, souvent seul et caméra en main. La société de production montpelliéraine Pages & Images m’a ensuite rejoint pour réaliser le film.
J’ai également créé en 2010 le collectif Belladone, qui réunit une douzaine de plasticiens et de cinéastes, tous animés par une démarche documentaire. Belladone développe aussi bien des projets personnels, que des projets participatifs ou encore des ateliers de création.

2- Quelle était votre intention lors de la réalisation du Gavatx ?
J’ai initialement rencontré Vincent, le ‘’gavatx‘’, par l’intermédiaire d’un habitant de Trilla, qui a encouragé ce jeune vigneron à s’installer dans le village, afin d’en relancer la culture viticole.
Je me suis donc rendu à Trilla, dans un premier temps pour rendre compte des difficultés de ce jeune viticulteur, qui faisait alors le pari de s’installer dans une commune d’une soixantaine d’habitants, avec l’ambition de créer des vins d’exception.
C’est alors que j’ai remarqué qu’un conflit latent se manifestait dans le village : Vincent est un étranger, un ‘’gavatx‘’ comme on dit dans la région, et la confiance qu’il manifeste à l’égard de son audacieux projet va lui attirer autant de soutiens enthousiastes, heureux de voir ainsi Vincent redonner un second souffle au village, que de farouches opposants, sur cette terre où la vigne ne rapporte plus
assez pour vivre, et où les mauvaises herbes envahissent les parcelles abandonnées.
Pour comprendre la situation, il faut aussi bien s’intéresser au parcours de Vincent, qu’à l’histoire des viticulteurs locaux : Vincent est un trentenaire dynamique, un citadin qui maitrise l’économie moderne, et la complexité des financements européens, que nombre d’anciens agriculteurs considèrent d’ailleurs comme étant la cause principale de leurs échecs.
Ce n’est donc pas un conflit né de simples inimitiés personnelles qui a pris place devant moi, mais une véritable opposition entre modernité et tradition, alimentée par une incompréhension mutuelle, et dont l’issue demeure aujourd’hui encore incertaine.
Comment s’est déroulé le tournage ?
D’emblée, il m’apparaissait plus que nécessaire de ne pas imposer un parti pris, d’essayer de conserver une certaine objectivité, bien qu’un réalisateur propose systématiquement un point de vue. Chacun expose ainsi son opinion, aussi bien les soutiens de Vincent, que ceux qui s’opposent à son projet.
Cela n’a d’ailleurs pas été sans mal pour moi : en l’espace de quatre ans, soit depuis ma première venue au village, j’ai compilé plus de cinquante heures de rushes, et j’ai ainsi connu une période où, étant régulièrement au contact des habitants de Trilla, je me suis trouvé tiraillé entre les arguments de chacun, en venant à les comprendre sans pour autant leur donner raison. Au demeurant, chacun raconte sa propre version de la vérité, et je trouvais du sens à chacune d’entre elles.

3- Quels sont vos futurs projets ?
Je réalise actuellement un documentaire au sujet de l’habitat social en Europe. Ce projet s’attache aussi bien à la dimension historique qu’urbanistique du logement social, depuis son apparition au sortir de la Seconde Guerre Mondiale, à l’heure où
il s’agissait de reconstruire des villes détruites, jusqu’au questionnement sur l’homogénéisation des villes, remplies de ces logements qui semblent se multiplier comme des clones.
Il s’agira ainsi de s’intéresser autant à l’esthétique de cette architecture, qu’aux personnes qui l’occupent.
Pensez-vous revenir un jour à Trilla, pour voir ce qu’il en est de la situation dans le village ?
À ce jour, le projet de Vincent suit son cours, et personne ne peut prédire avec certitude ce qu’il adviendra de la situation. Dans ce cas, pourquoi pas y retourner dans quelques années pour donner une suite à ce film, d’autant plus que j’ai beaucoup apprécié le vin du de la région et celui du ‘’gavatx’’ !

Quelques clichés du tournage :


Le Gavatx, un étranger dans la vigne

Revoir le documentaire sur Pluzz pendant 7 jours

Hérault : des agriculteurs dénoncent la récupération de terres agricoles pour produire de l'électricité verte