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Documentaire. Le temps qu'il faudra : un engagement pour loger et réinsérer les personnes sans-abri

© Le-LoKal production
© Le-LoKal production

L'association Toit à moi, installée dans plusieurs villes de France, dont Toulouse, se mobilise pour acheter des appartements pour des personnes sans-abri. L'objectif est de les loger sur du long terme et de travailler sur leur réinsertion dans la société...

Par Marie-France Guiseppin

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Documentaire Le temps qu'il faudra
Nathalie a passé quinze ans à la rue. Michel deux ans et Serge quelques mois. Ils étaient devenus des personnes sans-abri, des laissés-pour-compte. Comment, dès lors, s'en sortir et retrouver une place dans la société ? 

Il y a une dizaine d'années, à Nantes, deux amis lancent l’idée d’acheter des appartements individuels au moyen de fonds participatifs pour reloger des sans-abris et, surtout, leur proposer un accompagnement personnalisé, le temps qu’il faudra, le temps que chacun se remette en mouvement.
© Le-LoKal production
© Le-LoKal production
L'association Toit à moi était née. Désormais implantée dans plusieurs villes de France, dont Toulouse, une commune humanité se dessine.

Au fil des mois, Nathalie, Michel et Serge cheminent pour retrouver une vie digne. Retrouver un emploi ou soigner ses addictions, renouer avec sa famille : chaque victoire est bonne à prendre. 

Le temps qu'il faudra
Une coproduction France Télévisions et Le-Lokal production
Un film de Florence Mary
Avec la participation de Lambert Wilson

Diffusion sur France 3 Occitanie, le lundi 19 octobre 2020, à 23 heures.

Ce documentaire s'inscrit dans la collection Esprit public - engagement citoyen, mise en place par la direction des antennes régionales de France 3. 
Michel, entouré de membres de l'association Toit à moi / © Le-LoKal production
Michel, entouré de membres de l'association Toit à moi / © Le-LoKal production

Florence Mary, auteure et réalisatrice du documentaire

Florence Mary, 43 ans, est auteure-réalisatrice nantaise et chef-opératrice documentaire.

« Le temps qu’il faudra » est son 4ème documentaire. Adolescente passionnée par la photographie et la compréhension du monde contemporain, elle intègre un Master 2 de Réalisation Documentaire à Strasbourg après des études d’Histoire et l’apprentissage de la photographie.

Loin de tout voyeurisme, elle signe des films sensibles où les personnages ne sont pas des interviewés avec leur vérité, mais où chacun a sa place au coeur d’une histoire, d’une narration globale, comme dans une fiction.

Elle s’attache à retranscrire la justesse et l’importance des relations humaines avec une attention particulière pour le cadre. Poser sa caméra à la juste place pour dire avec l’image parfois plus qu’avec des mots.

Après un documentaire au sein de familles d’accueil pour personnes en fin de peine de prison (Passée la peine, 2009), elle aborde dans un journal intime filmé, en 2011, le sujet de l’homoparentalité avant que la France n’avance sur cette question du mariage pour tous et de la PMA. Puis, elle écrit et réalise le documentaire « Les carpes remontent les fleuves avec courage et persévérance » qui a été remarqué dans plusieurs festivals et a obtenu deux Prix du Public, en France et à l’étranger.

Avec « Le temps qu’il faudra », elle revient à une forme de film plus classique et à un sujet de société qui lui tient à coeur : la place que la société fait aux personnes à la rue et en grande précarité. Est-ce normal que nous laissions des êtres humains à la rue dans nos sociétés dites modernes ?

+ d'Infos :
dicodoc.blog/2016/03
www.kubweb.media/fiche/biographie-florence-mary-realisatrice/
www.florencemary.com site internet en cours de réalisation avec articles de presse, radio... 
Florence Mary, auteure-réalisatrice du documentaire Le temps qu'il faudra / © DR
Florence Mary, auteure-réalisatrice du documentaire Le temps qu'il faudra / © DR

La genèse du film 

Il y a plus de 10 ans, Denis Castin, ingénieur trentenaire, a eu l'audace de transformer son indignation en action : Et si les citoyens se rassemblaient pour acheter des logements et reloger des sans-abris ? Plutôt que donner 1 euro de temps en temps, si chacun s’engageait à donner 10 ou 20 mois euro par mois, il serait alors possible de réunir assez d’argent pour emprunter aux banques et acheter des appartements !

L’utopie devient réalité et l’association Toit à moi était lancée sur ce modèle.

Créée à Nantes, l’association s’est développée dans 3 autres villes : Toulouse, Angers et la Ferté sous Jouarre en région parisienne. Et désormais à Lyon et Bordeaux, aidée par son parrain depuis 2017, le comédien Lambert Wilson, qui a vite été convaincu par la simplicité et l'efficacité du dispositif.

Les bénéficiaires restent dans leur appartement individuel le temps nécessaire, le temps qu’il faudra, titre du film : de 2 à 5 ans avant de rebondir sur un logement « classique ».
© DR
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Depuis ses débuts, l’action de Toit à moi a permis de reloger une cinquantaine de personnes sans-abri, avec également des parcours plus difficiles, des ruptures aussi bien sûr.

Bien plus qu’un simple logement, ce qui m’a intéressé dans cette aventure purement citoyenne, c’est l’envie que tous ont de participer et de proposer une autre société : celle où chacun aurait sa place, celle où l'on partage, quelles que soient nos différences...

Les bénévoles, les salariés, les personnes sans-abri, des entreprises mécènes également se démènent pour les aider et tentent de refaire ici une commune humanité : que l’on soit français, migrant, homme, femme, avec enfants ou non... chacun a droit à trouver sa place parmi les autres.