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Qui sommes-nous ? en Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon

Le lundi soir après le Soir 3 Un mercredi par mois après Enquêtes de région
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Femmes de la terre : portraits croisés de fermières modernes, engagées, solidaires et déterminées

© Stéphane Papin
© Stéphane Papin

Aujourd'hui, les femmes s'affirment de plus en plus dans le monde agricole. Elles ne renoncent plus à leurs choix face au poids de la tradition. Elles sont porteuses d'idées nouvelles et à l'origine de mutations certaines. Le documentaire nous emmène à la rencontre de ces fermières modernes...

Par Guiseppin Marie-France

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Aujourd’hui, en France, un quart des exploitations agricoles sont dirigées par des femmes (contre 8% en 1970). Dans l’enseignement agricole elles représentent 52% des inscrits, contre 30% en 1990.

Plus diplômées que les hommes, en pointe dans les mouvements d’idées liées au développement durable et à l’innovation, elles sont porteuses de la grande mutation du monde rural de ce troisième millénaire.
 
Extrait du documentaire Femmes de la terre

En créant une rupture avec les règles et les modèles dominant du passé, elles impulsent une nouvelle dynamique. Fini le qualificatif « sans » qu’ont connu leurs mères : sans statut professionnel, sans reconnaissance sociale, sans autonomie financière, sans formation, elles étaient « femmes d’agriculteur ». Aujourd’hui elles sont chefs d’entreprises.

Pour avoir plus de liberté d’action, les agricultrices ont tendance à choisir la direction d’exploitations plus petites, en moyenne de 36ha contre 62ha pour les hommes. Engagées, solidaires, actives, elles sont en première ligne dans l’organisation du travail et de la vie quotidienne dans les exploitations.

Pour faire évoluer la vision des hommes et changer le destin du monde agricole en le sortant de son isolement, elles ouvrent l’exploitation aux citadins avec les fermes pédagogiques, les gîtes ruraux, les vacances à la ferme ou la vente de produit sur le marché...
 
© Stéphane Papin
© Stéphane Papin

Pour ne pas être esclave à la fois du travail et du foyer comme l’ont été leurs aïeules, elles  organisent les remplacements, les temps de vacances, les gardes d’enfant, les loisirs...

Les sociologues ont baptisé « révolution silencieuse » cette transformation du statut des femmes en agriculture depuis les années cinquante.

Ce film dresse un état des lieux de l’héritage de cette lente évolution du statut des femmes. Filmé en Aveyron, des éleveuses de moutons, de vaches, de chèvres ou de canards, nous parlent de leurs combats, leurs espoirs, de leur vie ici et maintenant.

Aujourd’hui, on ne naît pas Agricultrice. On le devient.
 
© Stéphane Papin
© Stéphane Papin

Femmes de la terre
Un documentaire de Jean-Pierre Vedel
Une coproduction France Télévisions et TGA productions


Diffusion sur France 3 Occitanie le lundi 25 février, après le Soir 3, vers 23h50

***

Jean-Pierre Vedel, auteur et réalisateur du film

C’est au lycée agricole de Saint-Afrique dans l’Aveyron que j’ai fait ma scolarité. Je suis devenu technicien agricole et j’ai été éleveur. Pourquoi cette passion pour l’agriculture ? Sûrement pas par hérédité (voir le film « nés abandonnés »), mais plutôt une passion adoptive, un amour de la terre par contact direct.

Je me souviens des mains grises qui m’ont porté, imbibées de l’odeur de la terre et des mauvaises herbes du jardin. Enfant, j’ai vécu tous mes étés sous la responsabilité d’une fermière, de sa mère et de ses filles trentenaires sans enfants. Une famille adoptive en attendant mieux. C’était le paradis. 
 
Jean-Pierre Vedel, auteur et réalisateur du documentaire / © DR
Jean-Pierre Vedel, auteur et réalisateur du documentaire / © DR

Nous sommes au début des années soixante, je me lave dans une bassine avec l’eau de la fontaine, j’aide à essuyer la vaisselle que les femmes font à la main dans l’évier, je tiens la queue de la vache pendant qu’une fille assise sur le petit tabouret en bois traie l’animal. Nous discutons ensemble, moi du haut des mes 8 ans, gamin de la ville, elle fille de la campagne qui, à 25 ans, rêve de monter à Paris, là où il  y a de l’eau chaude au robinet, un WC et une chasse d’eau,  du chauffage au gaz, et peut-être bien un ascenseur pour monter à l’étage.

Je ne comprends pas cette attirance pour la ville. Ici, pour un gamin comme moi, c’est l’Eldorado.
 
En plein tournage : A la caméra, Christophe Picot, et en arrière plan, Stéphane Papin, preneur de son / © Jean-Pierre Vedel
En plein tournage : A la caméra, Christophe Picot, et en arrière plan, Stéphane Papin, preneur de son / © Jean-Pierre Vedel

Plus grand, je suis revenu régulièrement dans cette ferme. Là seulement j’ai compris la fatigue, la solitude, le froid, toute cette accumulation de contraintes qui écrasent les femmes de la terre. Et j’ai vu les femmes se libérer, j’ai vu les filles partir en voiture sur un chemin fraîchement goudronné, suivies par le regard émerveillé de la mère, j’ai vu la grand-mère sourire devant le hublot de la machine à laver le linge, j’ai vu le progrès tenir ses promesses et donner à ces femmes de la terre une vie meilleure.  

Aujourd’hui je veux raconter l’histoire de la libération des femmes à la campagne et la vie des fermières aujourd’hui.

Un film pour rendre aux fermières ce qu’elles m’ont donné, mais aussi pour leur rendre justice, rompre le silence en donnant la parole à celles qui longtemps se sont tues : « Les femmes de la terre » !      
 

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