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Salagosse, l'adolescence du bout du monde

© Les Films d'Ici Méditerranée
© Les Films d'Ici Méditerranée

Salagosse, hameau niché au fin fond d’une vallée des Cévennes, abrite une maison d’enfance à caractère social. Au milieu de cette nature, rude et belle à la fois, des mineurs étrangers isolés, sont accueillis le temps d’apprendre la langue et d’obtenir un diplôme... 

Par Guiseppin Marie-France

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Au bout d’une route qui mène à un hameau cévenol isolé, nommé Salagosse, se trouve une maison d’enfance à caractère social. Des jeunes, principalement des mineurs non accompagnés venus de tous horizons, y sont placés par l’Aide Sociale à l’Enfance pour une durée de deux ans, le temps d’acquérir les bases en langue française et de se former sur place à des métiers techniques en obtenant un CAP.

Extrait
Extrait du documentaire Salagosse
Tourné sur trois saisons, trois mouvements dans une nature aussi rude que merveilleuse, le film interroge leur façon d’habiter ces espaces, ainsi que d’apprivoiser le langage à mesure que le moment approche de quitter les lieux.

Comme hors de l’espace et du temps, le film prend la forme d’une libre déambulation questionnant la marge et le centre, la soif de vivre et les rêves d’une jeunesse en mouvement.

SALAGOSSE
Un film de Laurent Aït Benalla

Une coproduction Les Films d'Ici Méditerranée et Les Films d'Ici
Avec la participation de France Télévisions


A voir sur France 3 Occitanie, le lundi 1er juin à 22h40
© DR
© DR

Laurent Aït Benalla : paroles de réalisateur

Laurent Aït Benalla étudie le cinéma et le russe à Montpellier. Il travaille comme opérateur de prise de vues, puis comme coordinateur du programme Eurodoc. Il réalise ensuite des documentaires diffusés à la télévision et dans des festivals nationaux et internationaux (Les filles de la lune, Ô mon corps, La terre ferme, l'Escale).

Comment avez-vous entendu parler de Salagosse et du centre d’accueil ?
A Montpellier, j’ai fréquenté une structure qui s’occupait de l’évaluation des mineurs non accompagnés, ces jeunes qui arrivent, seuls, sur
le territoire français. Ils m’ont parlé d’un lieu perdu dans la nature où des jeunes sont placés pour y passer deux ans de leur vie et être
formés sur place. Ça m’a rendu très curieux de voir ce hameau car j’imaginais que c’était une expérience unique pour des jeunes qui rêvaient de tout autre chose, et puis, je suis aussi très sensible à la toponymie. Et que ce hameau, habité par des jeunes venant d’horizons très différents, s’appelle Salagosse m’a paru tout de suite presque incongru et relever de la puissance fictionnelle.

Pourquoi ce film ?
Depuis un moment, je voulais filmer l’adolescence et ses mutations. En découvrant les lieux, perdus au fin fond d’une route qui serpente dans une vallée profonde, et les jeunes qui l’habitent, je me suis rendu compte que j’étais en présence de quelque chose d’insoupçonné, à la marge et en même temps de très contemporain. Et j’aime l’idée qu’un film soit là pour nous rappeler qu’il y a toujours de la vie là où on s’y attend pas forcément. L’envie de départ était de fabriquer un film avec les jeunes et non pas sur eux.
Laurent Aït Benalla / © DR
Laurent Aït Benalla / © DR

Le centre d'accueil de Salagosse, en vallée Cévenole

Le Centre Louis Defond est situé à 760 mètres d’altitude dans une vallée cévenole. A l’origine, après avoir reconstruit le hameau lors de camps d’été dans les années 50, l’association Les amis de Tatihou a accueilli des pupilles de la nation, puis, plus tard, des jeunes qui ont connu la délinquance.

Elle travaille à l’insertion dans le milieu professionnel par le biais de la formation. Tant professionnelles que scolaires, culturelles ou sportives, les actions au sein de cette formation sont vectrices de l’action éducative auprès des jeunes, et sont d’indispensables outils pédagogiques d’intégration. Entre Salagosse, Bréau, Le Vigan et Nîmes vivent en une quarantaine de mineurs étrangers. Un internat leur permet de vivre sur place pendant le temps de leur formation.Tous y préparent un C.A.P. (Certificat d’Aptitude Professionnelle) du bâtiment : maçonnerie, métallurgie ou peinture, ils ont deux ans pour se former.