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Ô Sud

Le dimanche à 12h55.  
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Moissac, entre la pierre et l'eau

Le cloître de Moissac / © Patrice Thebaut
Le cloître de Moissac / © Patrice Thebaut

Ô Sud s'installe à Moissac en Tarn-et-Garonne, entre coteaux du Quercy et la rivière Tarn. Reconnue ville d'art et d'histoire, la cité est aussi fruitière et fluviale. Elle abrite trois célèbres trésors : son cloître roman, son abbaye Saint-Pierre et son Chasselas, fameux raisin aux grains dorés...

Par Guiseppin Marie-France

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Moissac, ville du Bas-Quercy aux origines romaines, est située sur la route des pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle. Elle devient au fil des siècles, un lieu incontournable et stratégique avec son ensemble abbatial et monastique. Ce riche patrimoine, témoin de notre l'histoire et classé Unesco, est aujourd'hui préservé et encore étudié par des spécialistes de tous bords.

Extrait 
Extrait de l'émission Ô Sud à Moissac

Dimanche, Ô Sud nous donne rendez-vous sur le parvis de l'abbatiale. Emilie est accompagnée d'Estelle Bouillon, historienne et responsable du patrimoine de la ville de Moissac. Ensemble, nous faisons un retour dans l'histoire et découvrons un vestige méconnu, gardé secret dans les entrailles de l'abbaye...

L'Abbaye Saint-Pierre et le cloître de Moissac

Le cloître de Moissac commence son histoire par une légende. On raconte qu'au VIème siècle, le roi Clovis, ayant installé son campement sur les coteaux, fit un rêve dans lequel des griffons élevaient un mur de pierre... Il l'interpréta comme un signe du divin : il fallait qu'il construise au plus vite une abbaye, pour pouvoir gagner ses guerres et le repos de ses guerriers.

Clovis lança son glaive qui tomba aux pieds de la colline. C'est à cet endroit précis, qu'il décida de construire son abbaye "aux mille moines", en bois et sur pilotis, en raison des nombreux marécages.

Au fil des siècles, l'abbaye connut tour à tour, des pillages successifs, que ce soit par les Sarrasins, les Normands, les Hongrois, les Francs, ou les abbés eux-mêmes...
Vue de la ville de Moissac, de son cloître et son abbaye Saint-Pierre / © Dominique Viet
Vue de la ville de Moissac, de son cloître et son abbaye Saint-Pierre / © Dominique Viet

En 1047, Saint-Odilon de Mercoeur, abbé de Cluny et évêque de Toulouse, passe par Moissac. Afin de rétablir l'ordre dans l'abbaye, il nomme un de ses cousins, Durand de Bredon et rattache l'abbaye à l'ordre de Cluny. Il faut savoir qu'à l'époque, Cluny était une très riche abbaye, une sorte d'église dans l’église formée d'un vaste et puissant réseau monastique : l’Ecclesia Cluniacensis.

A partir de ce moment, débute l'âge d'or de l'abbaye de Moissac, qui étend ses possessions dans tout le midi du Languedoc, jusqu'en Catalogne. Lors de ce XIème siècle, Durand de Bredon (1048-1072) commence les travaux du cloître qui fut embellit, puis achevé, en 1100 par Ansquitil, un de ses successeurs.

Au fil des siècles, le bel ensemble monastique pût compter sur de nombreux protecteurs comme, Charlemagne, ou Prosper Mérimée qui le fit classer monument historique, pour le sauver de la construction de la ligne de chemin de fer Bordeaux-Sète, qui devait passer en plein milieu. Certains bâtiments dont le réfectoire furent sacrifiés, mais l'essentiel fut sauvé.

L'abbatiale Saint-Pierre fut achevée au XIIème siècle. Son célèbre portail est une oeuvre magistrale. Il représente la vision apocalyptique de Saint-Jean. Très prisée des spécialistes pour ses belles particularités romanes, elle a aussi séduit de grands noms de la littérature ou du cinéma comme Umberto Eco ou Jean-Jacques Annaud qui s'en est inspiré pour son film "Le nom de la rose".

Le Chasselas, un raisin de table aux grains dorés

Le chasselas de Moissac est un raisin de table, une véritable tradition dans le bas-Quercy. Une appellation chasselas doré a été obtenue en 1953 et transformée en AOC en 1971. Il est devenu AOP depuis 1996. Le fameux raisin se cultive sur les coteaux du Quercy, terroir favorable à la vigne. Ses grains sont dorés, transparents et juteux.
Grains de Chasselas / © Grand Angle Productions
Grains de Chasselas / © Grand Angle Productions

La production de chasselas se développe au milieu du XIXème siècle au moment de la mise en service de la voie ferrée. La ville devient même une cité uvale, où le raisin se voit reconnaître des bienfaits pour la santé. Nous rencontrons Nicole Malmon, chasselatière. Elle nous raconte le travail minutieux que représente la culture du chasselas et le savoir-faire qui se transmet de génération en génération. Certes, le raisin doit être bon, sucré et juteux à souhait, mais il doit être aussi bon que beau. C'est ce qui fait sa réputation !

Les voies d'eaux de la ville

Le Tarn traverse Moissac. Ses rives sont larges car à 3,5 kilomètres plus loin, se forme le confluent. Le Tarn se jette dans la Garonne, pour ne faire qu'un...

L’eau a joué un rôle majeur pour l’économie de la ville jusqu’à la moitié du 19ème siècle. A l’époque, neufs moulins existaient sur le Tarn, contribuant à la richesse de la ville. Mais, les invasions se faisaient aussi par les fleuves...Au moyen âge, la ville devient un port fluvial important. D'ailleurs, chaque année, la tradition veille. La ville célèbre toujours ses marins lors des fêtes de pentecôte.

Aujourd'hui, au XXI siècle, le Tarn nous offre un cadre magnifique aux pieds du coeur de ville. On peut se balader sur ses berges, s'y restaurer ou pratiquer un sport, comme le ski nautique, le canoë ou l'aviron.
Ô Sud : Emilie Broussouloux et les rameurs du club d'aviron de Moissac / © Grand Angle
Ô Sud : Emilie Broussouloux et les rameurs du club d'aviron de Moissac / © Grand Angle

L'aviron est un sport complet. On le dit excellent pour le cardio mais ce qui est sûr, c'est que ce sport permet de solliciter la quasi-totalité des muscles du corps. Il se pratique en équipe et au fil de l'eau, dans un cadre agréable. Trois critères qui séduisent plusieurs générations. Nous rencontrons deux rameurs, Pierre Abadie et Samuel Souldadié, enfant du pays, deux fois vainqueur du Criterium Sprint 500m en deux de couple. Il s’entraine sur un des plus beaux bassins de France pour l’aviron. Nous descendons le long du fleuve en passant sous l'imposant pont Napoléon, puis à proximité du dernier moulin de Moissac, devenu un hôtel, restaurant...

Le Tarn et le Canal, passent par la ville. Deux attraits essentiels pour le tourisme. Le canal latéral à la Garonne prolonge le Canal du Midi jusqu'à l'Atlantique. Un port-plaisancier se trouve dans le coeur de ville. A la sortie de Moissac, nous pouvons voir le pont-canal du Cacor, un ouvrage impressionnant fait de briques rouges et de pierres blanches du Quercy. Il a été construit en 1846, pour "enjamber" le Tarn et permettre aux bateaux de poursuivre leur navigation sur le canal.

D'ailleurs, il y a une dizaine d’années, Christian et Sylvie Carle, un couple originaire de Reims, ont eu un véritable coup de coeur pour Moissac. Aujourd'hui, Ils font revivre le canal et le tourisme autour du Tarn en proposant des promenades à bord de leur bateau...

***

Ô Sud à Moissac, à voir dimanche 17 mars 2019 à 12h55, sur France 3 Occitanie !

Présentation : Emilie Broussouloux
Réalisation : Nicolas Vrignon
Une coproduction Grand Angle productions et France Télévisions

 
Emilie Broussouloux sur le pont-Cacor à Moissac / © Grand Angle
Emilie Broussouloux sur le pont-Cacor à Moissac / © Grand Angle



 

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