Etang de Thau : les mas conchylicoles interdits de restauration

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Écrit par Valérie Luxey

Autour de l'étang de Thau, les contrôles se multiplient chez les conchyliculteurs, pour débusquer ceux qui ont développé une activité de restauration dans leurs exploitations, activité pourtant interdite. Pour éviter la sanction, certains cherchent des solutions. Explications.

Vous avez sans doute aperçu leurs enseignes depuis la route : au bord de l'étang de Thau, du côté de Bouzigues, Mèze ou Marseillan (Hérault), de nombreux mas conchylicoles proposent restauration ou dégustation. Or, si la seconde est autorisée, la première est interdite, que les exploitations soient sur le domaine public maritime (soumis à la loi littoral) ou sur le domaine privé communal (les plans locaux d'urbanisme ne le permettant pas).

A Bouzigues, la prudence des ostréiculteurs


Pour avoir fait fi de la loi, Nicolas Balcou, issu de 4 générations d'ostréiculteurs, s'est vu rappelé à l'ordre par la préfecture l'an dernier. Il a donc dû fermer son restaurant, en activité depuis 25 ans. Car il risquait une amende de 1500 euros, renouvelable à chaque constat d'infraction par les affaires maritimes. Et ces temps-ci, les contrôles se multiplient. Nicolas Balcou nous explique l'avant et l'après.
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L'ostréiculteur Nicolas Balcou explique la différence entre restauration et dégustation ©France 3 Languedoc-Roussillon

Ce que craint la préfecture, c'est la multiplication de ce type d'établissements et une spéculation immobilière qui en découlerait. Pour mémoire, un arrêté préfectoral de 2014 pose les limites de ce qui est possible. Dans les mas conchylicoles de l'étang de Thau, seule la dégustation des coquillages produits sur l'exploitation est autorisée. Aucun plat transformé ne peut être servi.

La ferme auberge, solution alternative ?


Mais pour certains conchyliculteurs, ce complément d'activité est nécessaire à leur fragile équilibre financier. Ceux-là plaident pour un statut de ferme auberge. A Bouzigues, Romain Dupuy porte ce projet, avec pour exemple la charte établie entre les pouvoirs publics et les professionnels du Morbilhan. Le modèle de la ferme auberge garantirait selon lui un cadre qui ne dénaturerait pas l'activité première des conchyliculteurs, puisque l'activité ne peut dépasser 30% du chiffre d'affaires global de l'exploitation, plafonné à 50 000 euros. Et Romain Dupuy explique que ce n'est pas le seul avantage :
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L'ostréiculteur Romain Dupuy explique les avantages du statut de ferme auberge ©France 3 Languedoc-Roussillon


Le Comité Régional Conchylicole avance prudemment


Mais pour le comité régional conchylicole, présidé par Philippe Ortin, ce qui s'applique en agriculture n'est pas forcément transposable au bord de l'étang de Thau, pour plusieurs raisons qu'il nous détaille ici.
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Le comité régional conchylicole prudent sur le statut de ferme auberge ©France 3 Languedoc-Roussillon


Quel paysage cet été ?


En outre, le modèle, s'il voit le jour, devrait s'appliquer à tous. Le Comité Régional Conchylicole ne veut pas de solution au cas par cas et souhaite un statut commun. Mais certains ne sont pas prêts à franchir le pas, préférant jouer la montre, en espérant ne pas être contrôlés. Et la préfecture, en l'état actuel du dossier, estime prématuré de statuer. Voici le reportage complet que nous avons réalisé le 30 juin dernier. Les images sont signées Bruno Pansiot-Villon.
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Etang de Thau : conchyliculteurs ou restaurateurs ? ©France 3 Languedoc-Roussillon