Le Défenseur des droits se penche sur le suicide d'un jeune migrant malien accueilli à Nîmes

Jacques Toubon, Défenseur des droits - archives / © MaxPPP
Jacques Toubon, Défenseur des droits - archives / © MaxPPP

Le Défenseur des droits, Jacques Toubon, a annoncé qu'il allait tenter de faire la lumière sur le suicide d'un migrant malien de 18 ans qui, après avoir atteint la majorité, s'était vu privé de projet professionnel. Le jeune homme vivait depuis janvier 2017 à Nîmes. Il s'est suicidé en décembre.

Par FD avec afp

Parti seul du Mali, Kantra Doucouré était arrivé en France en 2015 et vivait depuis début 2017 à Nîmes.

D'abord hébergé dans un hôtel, puis dans un foyer, il était "parrainé" par Solène Bourgouin, une psychologue nîmoise, et sa famille, avec laquelle le jeune homme était très lié.
En octobre 2017, le jeune Malien a été admis dans un cursus pour suivre un CAP cuisine "à condition de trouver un patron", selon elle. Un restaurateur lui a alors proposé un contrat de deux ans.
Mais un mois plus tard, son "projet d'apprentissage" lui "aurait été refusé et sa prise en charge aurait cessé immédiatement après l'intervention de sa majorité", d'après un communiqué dans lequel le Défenseur des droits annonce son autosaisine.

Les services sociaux lui ont annoncé que son contrat ne pouvait être signé, "car pour prétendre à un titre de séjour, la préfecture exigeait six mois de scolarisation avant ses 18 ans", selon Solène Bourgouin.
Ayant atteint la majorité et étant, de ce fait, devenu expulsable vers le Mali, Kantra Doucouré s'est jeté sous un train en région parisienne fin décembre.

Le suicide comme seule solution ?


Le Défenseur des droits souhaite connaître "les modalités d'accompagnement socio-éducatif et administratif" dont il a bénéficié alors qu'il était encore mineur, ainsi que "les circonstances de la fin de sa prise en charge".
Son destin illustre certaines difficultés auxquelles sont confrontés les mineurs non accompagnés qui arrivent en France.

En novembre, le Défenseur des droits, Jacques Toubon, et la Défenseure des enfants, Geneviève Avenard, s'étaient inquiétés des récentes annonces sur leur prise en charge.
Le gouvernement avait alors annoncé sa volonté de confier à l'État l'accueil d'urgence et l'évaluation de l'âge de ces jeunes "jusqu'à ce que leur minorité soit confirmée", mission qui relevait jusque-là des départements.
Ce "transfert de compétences" faisait craindre au Défenseur des droits que s'installe "un dispositif dérogatoire au droit commun, qui tendrait à considérer ces jeunes d'abord comme des étrangers, avant d'être des enfants à protéger".

Le nombre de mineurs non accompagnés aurait atteint les 25.000 en 2017 en France, contre 13.000 en 2016.

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