La fronde contre l'implantation d'Amazon à Fournès (Gard) prend de l’ampleur

20 000 ! C’est le nombre de signatures que compte désormais la pétition contre l’installation de la station logistique d’Amazon sur la commune de Fournès, en bordure de l’A9 entre Nîmes et Arles. Ce serait l’une des trois plus grandes d’Europe.  

Lieu d'implantation prévu pour le projet d'Amazon dans le Gard.
Lieu d'implantation prévu pour le projet d'Amazon dans le Gard. © FTV

Le nombre d'opposants à l’implantation d'Amazon à Fournès dans le Gard ne cesse de grossir. Aux riverains et habitants de la commune, viticulteurs ou apiculteurs locaux en lutte dès la première heure, se rallient désormais des élus comme les députés gardois Philippe Berta et Annie Chapelier  ou l’ancienne ministre de la Culture Françoise Nyssen.

Mais on y trouve aussi les "protecteurs" du Pont du Gard situé à 9 kms à peine, tel que Patrick Malavieille, le vice-président du conseil départemental et président de l'EPCC Pont du Gard (Etablissement Public de Coopération Culturelle), ainsi que le paysagiste Bertrand Folléa, l'urbaniste Patrick Bouchain ou l'avocat Jacob Scherr.

C'est sur ce terrain sur la commune de Fournès qu'Amazon prévoit de s'implanter.
C'est sur ce terrain sur la commune de Fournès qu'Amazon prévoit de s'implanter. © FTV

Aujourd'hui, 20 000 signataires se sont officiellement opposés à ce projet "nuisible" selon Patrick Fertil, le porte-parole de l'association ADERE, l'Association de Défense de l'Emploi dans le Respect de l'Environnement. 

Nous allons poursuivre la mobilisation pour protéger nos emplois, protéger le site du Pont du Gard, et promouvoir des alternatives locales durables.

Un projet de loi pour stopper la multiplication des entrepôts 

Pour protéger le commerce de proximité de la concurrence déloyale, la députée des Deux Sèvres, Delphine Bartho, a déposé mardi 2 juin un projet de loi à l’Assemblée (cosigné donc par les députés du Gard Annie Chapelier et Philippe Berta), estimant qu'il s'agissait d'une mesure d’urgence. 

"La fermeture pendant huit semaines (pendant le confinement  - NDLR) de 86 % des commerces de proximité a eu pour conséquence une explosion des ventes en ligne, dont le chiffre d’affaires a augmenté de 83 % en avril 2020 et devrait largement dépasser les 100 milliards d’euros sur l’ensemble de l’année. Or cette croissance n’est pas équitablement répartie. Elle a essentiellement bénéficié aux plus grandes plateformes, et en particulier la multinationale Amazon." Extrait de la proposition de loi présentée à l’Assemblée Nationale.

Selon la députée, le modèle Amazon irait à l’encontre des investissements de l’Etat : 5 milliards d’euros on été dépensés dans un programme "Action coeur de ville" pour préserver la vitalité des centres-villes.  

Outre le petit commerce, Amazon serait aussi un danger pour le e-commerce local. Le géant américain se serait engagé dans une stratégie de monopole sur le marché français. Il compte déjà une vingtaine d’entrepôts de stockage en France, et aurait l’intention de doubler ses capacités d’ici à 2021, soit 9 entrepôts et centres de tri supplémentaires. 

Les "pour" mettent en avant l’emploi et les taxes

Le chiffre est très variable, 600 emplois promis il y a deux ans, 150 aujourd’hui, mais suffisant pour allécher certains élus. Thierry Boudinaud, maire récemment élu à Fournès et ex-adjoint à l’urbanisme sur cette même commune, y voit des rentrées fiscales utiles. De quoi construire un nouveau réfectoire pour l’école par exemple. 

A Domazan, commune limitrophe à l'est, le maire Louis Donnet, débute son deuxième mandat. Son discours reste intact : il craint de voir Amazon s’installer sur une autre communauté de communes, qui en récoltera les fruits au détriment de celle du Pont du Gard. 

Bataille juridique en cours 

Le tribunal administratif de Nîmes compte 11 recours contre le permis de construire du géant américain. Une plainte au pénal est également déposée concernant de possibles conflits d’intérêt sur les ventes de terrains au promoteur Argan.

Pour l’heure, les travaux sont interrompus depuis la fin des fouilles archéologiques. Ils ne pourront reprendre qu’une fois l’ensemble des recours traité. Il faudrait encore une année environ pour construire les entrepôts. 

 

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