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Infanticide à Lanuéjols : le père condamné à la perpétuité, la mère à 5 ans ferme

Après 4 heures de délibérations, la cour d'assises du Gard a condamné le père infanticide à la réclusion criminelle à perpétuité. La mère écope de 5 ans de prison ferme. Un mandat de dépôt a été délivré contre elle. Les jurés ont suivi les réquisitions de l'avocat général.
Nîmes - le père de Julien, 26 ans, condamné à la réclusion criminelle à perpétuité - 31 mars 2016.
Nîmes - le père de Julien, 26 ans, condamné à la réclusion criminelle à perpétuité - 31 mars 2016. © maxpppp

Dans cette dramatique affaire de violences et barbaries sur un nourrisson de 8 mois, le père et la mère de Julien dormiront ce soir en prison, à l'issue d'un procès de 3 jours aux Assises du Gard, à Nîmes.

Les faits remontent à mars 2013, à Lanuéjols, dans le Gard, le bébé était retrouvé mort, le corps couvert de 72 lésions.

Le père, Jonas Barral, 26 ans a été condamné à la perpétuité pour avoir tué son enfant, avec circonstance aggravante d'un déchaînement de violences, actes de tortures et de barbaries et de coups sur le nourrisson.

La mère, Pauline Carrasco, 23 ans est condamnée à 5 ans de prison ferme pour non dénonciation de crime. Libre pour son procès, un mandat de dépôt a été demandée contre elle à l'issue de l'énoncé du verdict, vers 19h.

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Nîmes : la perpétuité pour le père infanticide de Lanuéjols ©F3 LR

La Cour a suivi les réquisitions accablantes de l'avocat général Stéphane Bertrand qui n'a reconnu "aucune circonstance atténuante" à Jonas Barral et Pauline Carrasco.

L'accusé a "massacré" le petit Julien tandis que la mère a "regardé" alors qu'elle "pouvait" et "devait" intervenir, a-t-il estimé.


La Cour a souvent plongé dans l'horreur, notamment lors du détail de l'autopsie de l'enfant dont le corps présentait 72 lésions. L'enquête a établi que Julien avait été étranglé, secoué violemment, frappé à coups de poing et de talons. Il avait également subi une "pénétration anale violente avec un objet". "Le coeur s'est arrêté car le corps a eu à subir trop de souffrance en même temps", a expliqué le médecin légiste.

Les psychiatres ont dressé le portrait d'un couple "immature, instable et faiblement intelligent" enfermé dans "une relation pathologique" vécue dans un village reculé, à Lanuéjols. Jonas Barral a reproduit dès l'âge de 13 ans l'alcoolisme "massif" et la violence dont il avait souffert chez son père, Pauline Carrasco l'indifférence et la légèreté qu'elle avait reprochées à sa mère. Aucun des deux n'avait souhaité avoir cet enfant.

Les psychiatres ont souligné à quel point la jeune femme, poursuivie pour "non-empêchement de crime" et "non-dénonciation de violences habituelles" semblait "détachée" de l'horreur des faits, comme "désaffectivée".
La défense de Pauline Carrasco a insisté sur le fait qu'elle était elle-même régulièrement battue par son ex-compagnon et sous son emprise psychique.

Lorsque le déferlement fatal de violences s'était abattu sur son fils, elle avait continué à regarder la télévision. Lorsque le père s'était endormi, elle n'avait pas appelé les secours. "J'étais tétanisée", a-t-elle expliqué à la barre, sans convaincre.

Les 2 condamnés peuvent faire appel du verdict.
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