Inondations dans le Gard et l'Hérault du 19 septembre : un phénomène météo de type cyclonique selon les spécialistes

La violence de l’épisode méditerranéen qui s’est abattu samedi 19 septembre sur les Cévennes s’explique par son caractère cyclonique. Un phénomène qui pourrait devenir de plus en plus fréquent dans la région d'après les spécialistes de Predict et Météo France. Explications. 

Gard - une voiture emportée par la Borgne durant l'épisode cévenol - 19 septembre 2020.
Gard - une voiture emportée par la Borgne durant l'épisode cévenol - 19 septembre 2020. © F3 LR

Les Cévennes sont depuis toujours habituées aux fortes pluies de début d’automne : leurs fameux épisodes cévenols. 
Mais ce qui a frappé le Gard et l’Hérault samedi 19 septembre était bien différent. Plus violent et plus localisé, résultat : des maisons submergées, des routes balayées. Le bilan s’élève actuellement à un mort et une disparue.

600 mm d'eau en moins de 6h

600 mm d’eau se sont abattus en moins de 6h sur quelques communes situées au pied du Mont-Aigoual. Samedi pendant quelques heures, le débit du Gardon est monté jusqu’à 1800 m3 par seconde. C’est l’équivalent de 10 fois le débit de la Seine à Paris. Alix Roumagnac est le président de Predict services, il a suivi le phénomène.
“Nous avons eu affaire à un épisode de type cyclonique : ces intensités ce sont des intensités telles que l’on n’en retrouve que lorsqu’un cyclone passe à La Réunion par exemple.”
Alix Roumagnac, président de predict services.

Un cyclone venu de l'Atlantique

Image satellite du phénomène cyclonique venu de l'océan Atlantique samedi 19 septembre 2020 qui a engendré de violentes intempéries au pied des Cévennes dans les départements du Gard et de l'Hérault en France.
Image satellite du phénomène cyclonique venu de l'océan Atlantique samedi 19 septembre 2020 qui a engendré de violentes intempéries au pied des Cévennes dans les départements du Gard et de l'Hérault en France. © Météo France

Aux Etats-Unis, le NHC (National Hurricane Center) est chargé pour la NASA de la surveillance des cyclones en Atlantique. Ses experts avaient lancé l’alerte dès vendredi, voyant la tempête cyclonique Alpha entrer au Portugal et traverser l’Espagne et le Golfe de Gascogne. Un cyclone de faible intensité au niveau des vents, mais qui aspire la montée de l’air humide de la Méditerranée. Selon Roland Mazurie, directeur départemental de Mété France :
"Ce résidu d’ancien cyclone a ajouté sa quantité d’eau contenue. Ce qui explique l’intensité des précipitations. L’orage a persisté pendant 6h à 9h au même endroit. D’habitude, il s’affaiblit et s'évacue."

Une telle intensité de pluie en 8h de temps, on ne voit cela qu’une fois par siècle

Roland Mazurie

Un orage resté bloqué au-dessus des Cévennes

La ligne orageuse, longue de 30 km de long et 20 km de large, s’est en effet bloquée au-dessus de quelques communes entre Sumène, Ganges et Valleraugue. Un phénomène extrêmement localisé, ce qui explique la difficulté pour les spécialistes d’anticiper son avancée et ses conséquences. Un phénomène appelé à se reproduire. 

Une conséquence du changement climatique ? 

“Les experts du GIEC placent la mer Méditerranée comme hot spot du changement climatique après les pôles. C’est une mer fermée, elle se réchauffe donc beaucoup plus vite que les autres. Et cela entraîne des phénomènes aussi extrêmes. Nous ne sommes pas habitués à les gérer mais nous allons devoir nous y habituer pour l’avenir. ”
Explique Alix Roumagnac.
La mer en se réchauffant crée ces nouveaux phénomènes et modifie le calendrier habituel des événements météorologiques. En juin dernier, un épisode cévenol, habituellement réservé à l’automne s’abattait sur les communes de Valleraugue et Saint-Jean-du-Gard. 

Des phénomènes qui gagnent en intensité

Il y a deux ans, les inondations dans l’Aude entraînaient la mort de 15 personnes et la destruction de 15 000 habitations. Le phénomène était là aussi d’origine cyclonique comme nous le rappelle Roland Mazurie de Météo France :  
“La zone était davantage étendue et les pluies moins localisées mais on avait là aussi affaire à un ancien cyclone tropical qui avait participé à la formation de cet épisode”
Pour les experts météorologues, les épisodes cévenols et méditérranéens sont de plus en plus courts mais aussi et surtout de plus en plus intenses. Les crues se forment rapidement et deviennent donc difficiles à anticiper. On doit donc s’attendre à des phénomènes plus important mais pas forcément plus nombreux. 
 
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