Nîmes : 15 ans de réclusion criminelle pour deux tentatives de meurtre contre des policiers

Quinze ans de réclusion criminelle ont été requis mercredi devant la cour d'assises du Gard contre un jeune homme jugé pour "tentatives de meurtre" sur des policiers lors d'une course-poursuite début 2015, après les attentats en région parisienne.
Quinze ans de réclusion criminelle ont été requis mercredi devant la cour d'assises du Gard contre un jeune homme jugé pour "tentatives de meurtre" sur des policiers lors d'une course-poursuite début 2015, après les attentats en région parisienne.

La Cour d'assises du Gard a condamné à quinze ans de réclusion criminelle un jeune homme jugé pour "tentatives de meurtre" sur des policiers lors d'une course-poursuite début 2015, après les attentats en région parisienne.

Par AFP

L'avocate générale Véronique Compan avait requis 15 ans de réclusion criminelle contre Malik Azouza, en soutenant "l'intention homicide" au sens de "la volonté de tuer"."Il utilise sa voiture comme une arme pour blesser", "ce qu'il cherche c'est porter atteinte à l'intégrité physique des deux policiers pour pouvoir sortir" d'une impasse dans laquelle il s'était engagé, a-t-elle assuré, s'élevant contre la possible "correctionnalisation" du traitement de cette affaire.

C'est quelqu'un de méprisant, notamment à l'égard des forces de l'ordre

Mme Compan a parlé de "mépris", de "détermination" et "d'interrogations" sur l'attitude de l'accusé, connu uniquement pour des délits routiers qui lui ont valu des amendes et une annulation de permis. "C'est quelqu'un de méprisant, notamment à l'égard des forces de l'ordre", a-t-elle affirmé. "Je ne viens pas dire que c'est un grand bandit mais c'est un délinquant, notamment de la route". "Les policiers ont été professionnels jusqu'au bout dans cette affaire", a-t-elle affirmé.

L'instruction n'a pas permis de dire que Monsieur avait des volontés terroristes


"Il a été fait allusion aux évènements qui se sont déroulés le 7 et le 9 janvier", a-t-elle dit en référence à la tuerie de Charlie Hebdo puis à la prise d'otages de l'Hyper Cacher et la traque des frères Kouachi. "Mais l'instruction n'a pas permis de dire que Monsieur avait des volontés terroristes". "Vu le contexte, ça me parait normal que tout le monde y pense", a-t-elle dit, certaine que les policiers, qui ont tiré 21 balles dont une a atteint Malik Azouza à l'abdomen n'ont pourtant "pas sur-réagi".



La qualification de "tentative de meurtre", contestée de manière virulente par la défense du jeune homme, Me Eric Dupond-Moretti, a été au coeur du procès depuis son ouverture lundi. Malik Azouza a nié toute tentative de meurtre et a affirmé avoir été guidé par une "peur-panique" de se voir poursuivi par des policiers dans le contexte des attentats.

Eric Dupond-Moretti, avocat de Malik Azouza, 24 ans, accusé d'avoir délibérément foncé en voiture sur au
moins deux policiers.
Eric Dupond-Moretti, avocat de Malik Azouza, 24 ans, accusé d'avoir délibérément foncé en voiture sur au moins deux policiers.

On n'aurait jamais dû donner une qualification criminelle à ce dossier


"C'était une journée particulière, les policiers ont parlé d'un stress particulier, plusieurs d'entre eux ont dit qu'ils étaient à cran, j'ai la faiblesse de penser que ça a eu un rôle considérable", a plaidé Me Eric Dupond-Moretti, soulignant que son client comme les policiers pouvaient avoir eu "la trouille". "On n'aurait jamais dû donner une qualification criminelle à ce dossier. (...)

C'est peut-être un petit con, ça n'en fait pas un criminel


Vous avez gonflé les choses, pour donner la part belle à la police parce que vous travaillez en osmose avec elle", lance-t-il à l'avocate générale. "C'est peut-être un petit con, ça n'en fait pas un criminel", martèle-t-il en plaidant le "doute raisonnable".

L'avocat accuse aussi le ministère public de traiter comme "une anecdote" le fait que Malik Azouza ait été grièvement blessé à l'abdomen tandis qu'il était "accablé de rumeurs de café du commerce" sans aucun rapport avec son casier judiciaire. Pour l'avocate générale, les policiers, qui ont tiré 21 balles dont une a atteint Malik Azouza à l'abdomen, n'ont "pas sur-réagi".

 

Les faits

Le 9 janvier 2015, deux jours après la tuerie de Charlie Hebdo et le jour même de la prise d'otages de l'Hyper Cacher et de la traque des frères Kouachi, des policiers municipaux à vélo repèrent un véhicule stationné de manière irrégulière sur le parvis de la Maison Carrée. Le conducteur refuse de présenter les papiers du véhicule et, selon l'acte d'accusation, recule en roulant sur le pied d'un des policiers municipaux. L'enquête révélera que le jeune homme conduisait sans permis et sans assurance.

Course-poursuite

Malik Azouza s'engage alors dans une course-poursuite avec un véhicule de la police nationale. Selon l'accusation, il prend à vive allure des trottoirs et des sens interdits. Cherchant à se dégager d'une impasse, il percute un policier au genou, un autre policier saute sur le capot du véhicule pour éviter d'être heurté et tire à travers le pare-brise, blessant grièvement le jeune homme qui est hospitalisé.

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