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Nîmes : rencontre avec le dernier artisan tailleur de fourches de France

Mickaël Gstalder fabrique des fourches et est le seul en France à maîtriser ce savoir-faire, entouré de son équipe. / © L. Thelu / France 3 LR
Mickaël Gstalder fabrique des fourches et est le seul en France à maîtriser ce savoir-faire, entouré de son équipe. / © L. Thelu / France 3 LR

La fourche n’est pas qu’un simple bâton de décoration, c’est encore aujourd’hui un véritable outil de travail. A Sauve, dans le Gard, on en fabrique depuis le 12ème siècle. Nous sommes partis à la rencontre de Mickael Gstalder, le dernier artisan français à les façonner.

Par Olivia Boisson


Après une demi-heure au-dessus du feu, 5 minutes au cœur de la flamme, la branche de micocoulier est déshabillée de son écorce. Ce savoir-faire, c’est Mickaël Gstalder et son équipe qui l’exercent chaque jour, en perpétuant la tradition.

Mon collègue chauffe la fourche, ce qui permet de la peler et c’est le fait qu’elle soit chaude qui me permet de redresser les branches. A froid, le bois casserait automatiquement, la chaleur donne de la souplesse au bois.

Mickaël Gstalder a un temps bien précis pour redresser les branches : trente minutes. Ensuite, il cale la fourche dans une machine appelée l’escalette : les branches vont cuire toute la journée, ce qui permettra de donner la courbe finale aux trois dents.

Une matière minutieusement sélectionnée

Dans son jardin, Mickaël Gstalder sélectionne minitieusement et précieusement les branches.

Vous sélectionnez ce qu’on appelle la fleur de Lys, ce sont des bourgeons à trois têtes. Chaque bourgeon va donner le futur bec de la fourche.

Une taille hivernale importante

En hiver, la taille est très importante car elle permet d’élaguer les petites branches inutiles et donne de la vigueur à la souche. Lorsqu’elle mesure deux centimètres de diamètre (au bout de 6 à 8 ans), la branche en forme de fourche est alors coupée. Mickaël Gstalder en produit 200 chaque année. Il est le dernier artisan de France à les façonner.

Un produit vendu aux producteurs de lavande

Un tiers de la production est vendue aux producteurs de lavande. C’est ce que nous explique Laurence Chiesa, la responsable du Conservatoire de la Fourche.

Quand la lavande est récoltée, elle est séchée sur des bâches et il faut sans cesse la retourner pour l’aérer. Les becs des fourches sont plats, et cela ne perce pas les bâches.

Les spectacles du Puy du Fou ou les constructeurs de maisons écologiques s’en servent aussi pour mélanger la boue. Les fourches de Sauve se retrouvent également dans les boutiques de décoration japonaises.
 
En hiver le conservatoire ferme ses portes pour l'enfumage qui donne la couleur brune aux fourches. Les cuissons sont déjà terminées pour l'année 2019, le conservatoire a ouvert ses portes depuis quelques jours.

Reportage de Pascale Barbès, Lucien Thelu et Pascal Ngankam.

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