Retour sur le procès pour viols de Luc Tangorre en 1992 devant les assises du Gard à Nîmes

Dessin d'audience de Luc Tangorre, réalisé le 9 février 1992 par Jean Chesnot, à la cour d'assises du Gard à Nîmes. / © Jean Chesnot / AFP
Dessin d'audience de Luc Tangorre, réalisé le 9 février 1992 par Jean Chesnot, à la cour d'assises du Gard à Nîmes. / © Jean Chesnot / AFP

C'est l'un des procès les plus médiatiques de la cour d'assises du Gard : en 1992, Luc Tangorre, déjà condamné pour viols en 1983, est à nouveau soupçonné dans l'agression de deux jeunes américaines. Martine Figueroa, son avocate en 1992, nous raconte cette semaine d'audience.

Par Carine Alazet

En 1988, Luc Tangorre est incarcéré à la maison d'arrêt de Nîmes dans le Gard. Il est soupçonné du viol de deux touristes américaines à Nîmes fin mai de cette même année.

Il écrit à Martine Figueroa, jeune avocate pénaliste, pour qu'elle vienne le voir. Il lui demande alors de le représenter.

"J'étais une jeune avocate, c'était une "belle" affaire", se souvient l'avocate du barreau de Montpellier.
 

Quand je l'ai rencontré, j'ai trouvé un jeune homme courtois, très poli. Mais vite très agacé si on ne fait pas ce qu'il veut.


Dans la salle d'audience de la cour d'assises de Nîmes, Martine Figueroa va partager le banc de la défense avec François Vidal-Naquet et Paul Lombard, des avocats renommés.

Il faut dire que Luc Tangorre est une personnalité médiatique, qui défraie la chronique judiciaire depuis le tout début des années 1980.
 

La première affaire Luc Tangorre


Entre 1979 et 1981, un violeur en série terrorise les quartiers sud de Marseille. Luc Tangorre, alors jeune étudiant de 22 ans a priori sans histoires, est arrêté pour viols et agressions sexuelles. Tout au long de l'enquête puis du procès, il proteste avec véhémence de son innocence.

Très vite, Luc Tangorre est soutenu par un ensemble de personnalités médiatiques, comme l'historien Pierre Vidal Naquet ou l'écrivaine Marguerite Duras, qui crie à l'erreur judiciaire. 

Une jeune sociologue, Ghislaine Tichané, publie un livre titré "coupable à tout prix" qui fait une contre-enquête à décharge.

Condamné à 15 ans de réclusion criminelle en 1983 pour 4 viols, une tentative et 6 attentats à la pudeur, Luc Tangorre bénéficie d'une grâce présidentielle partielle et sort de prison en février 1988. Ses parents, son comité de soutien et de nombreux journalistes l'accueillent à sa sortie de la prison de Muret en Haute-Garonne.
 

On vient de me rendre la liberté mais, en fait la liberté sans honneur, je crois que cela ne correspond strictement à rien.


8 mois plus tard, Luc Tangorre est à nouveau arrêté, soupçonné du viol de 2 jeunes Américaines à Nîmes lors du week-end de la Pentecôte.

Le reportage ci-dessous, tourné en 1991, revient sur l'histoire judiciaire de Luc Tangorre et rappelle les faits qui lui sont reprochés, peu avant l'ouverture de son procès devant les assises du Gard.
L'affaire Luc Tangorre, de 1981 à 1991
Reportage de 1991 qui revient sur la première affaire Luc Tangorre et les faits reprochés dans la deuxième affaire : le viol de 2 Américaines à Nîmes en 1988. - INA
 

Le procès de février 1992 à Nîmes


Martine Figueroa se souvient d'une ambiance très lourde, avec un accusé qui connaissait son dossier par cœur et voulait tout maîtriser, au risque de perdre en crédibilité.
 

Quand vous posez une question et qu'au lieu de vous répondre, on relit ses notes, cela manque de spontanéité et donne l'impression de manquer de franchise aussi.


Dans cet entretien, vous pouvez retrouver les souvenirs de Martine Figueroa sur le procès Tangorre et les images tournées à l'époque.
Retour sur le procès Tangorre en 1992
Martine Figueroa, avocate de Luc Tangorre, accusé de viols, se souvient de son procès aux assises du Gard à Nîmes en 1992 - F3 LR / FTV

A l'annonce du verdict, 18 ans de réclusion criminelle, la mère de Luc Tangorre pousse un cri qui résonne encore, presque 30 ans après, aux oreilles de Martine Figueroa.
 

C'était un cri épouvantable, un cri de bête blessée. je ne l'oublierai jamais.


Le reportage suivant a été tourné le dernier jour de l'audience, quelques minutes après l'annonce du verdict.

Le verdict du procès Tangorre à Nîmes en 1992
Luc Tangorre a été reconnu coupable du viol des 2 touristes américaines en 1988. Il a été condamné à 18 ans de réclusion criminelle. - INA

Luc Tangorre a toujours clamé son innocence, réfutant avec constance tous les éléments accablants de ce dossier. Aujourd'hui encore, il estime avoir été victime de deux erreurs judiciaires.
 

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