Sécheresse dans le Gard : “Il faut espérer qu’il pleuve bientôt !“, 97 communes en situation de ”crise”

Photo d'illustration / © Maxime Jegat / MaxPPP
Photo d'illustration / © Maxime Jegat / MaxPPP

Mardi 20 août, le préfet du Gard a placé en état de crise une centaine de communes du département, en raison de la sécheresse. Seuls les usages prioritaires de l’eau sont désormais autorisés.
 

Par RD

Des précipitations qui restent insuffisantes, et des températures élevées prévues pour les prochains jours : le préfet du Gard Didier Lauga a décidé de placer près de 100 communes en "crise" hydrologique, le plus haut niveau d’alerte. 97 communes au total sont concernées par cette décision prise mardi 20 août, situées dans les bassins versants du Vidourle, et de la Cèze aval.

"Les épisodes pluvieux modérés de ces derniers jours n'ont pas permis de combler les déficits enregistrés sur les cours d'eau et les nappes phréatiques ces dernières semaines, en particulier sur une partie sud du département du Gard où la situation de sécheresse s'aggrave", constate le préfet dans un communiqué, qui qualifie cette situation de sécheresse d’ "exceptionnelle".
 


Le Gardon aval a lui été placé en alerte de niveau 2, ce qui concerne 73 communes au total. Le bassin versant Cèze amont et la zone Ardèche (46 communes) sont maintenus à ce même niveau d’alerte. Le bassin versant Hérault est pour sa part placé en alerte de niveau 1, qui concernait déjà les secteurs de la Vistre-Vistrenque et du Gardon Amont. Les secteurs Dourbie, Rhône et Camargue sont maintenus en "vigilance".
 
 

Restrictions d'eau et contrôles


Ces mesures engendrent des restrictions quant à l’utilisation de l’eau. Ainsi en situation de "crise", seuls les usages prioritaires de l'eau (liés à l'alimentation en eau potable, aux exigences de la santé, à la salubrité publique et à la sécurité civile) et l'abreuvement des animaux sont autorisés. Le détail des restrictions selon les niveaux d’alerte est disponible sur le site de la préfecture. "Des contrôles, de jour comme de nuit, seront effectués pour vérifier le bon respect de l'arrêté sécheresse en vigueur et de l'information de la population par les mairies", prévient la préfecture qui fera un nouveau point le 6 septembre.

Comme l'Hérault, le Gard a connu cet été une canicule exceptionnelle par son intensité (près de 46 degrés fin juin) et sa longévité. Selon le site de Propluvia, 85 départements français sont placés mercredi 21 août en restrictions d'eau plus ou moins sévères (au delà de la vigilance).
 

"Nous n'avons jamais eu à aller aussi profond"


A Saint-Jean-de-Serres, la maire Andrée Roux scrute le ciel : "Pour l’instant le château d’eau est toujours rempli convenablement, mais il faut espérer qu’il pleuve bientôt ! On espère que les gens vont être le plus civils possible et vont respecter les restrictions pour éviter les coupures d’eau", déclare l’élue, qui s’inquiète de l’approche des vendanges : "Les coopératives ont besoin de beaucoup d’eau, cela risque d’être compliqué."Face à la crise, il faut s’organiser : la commune s’est entendue avec celle voisine de Canaules-et-Argentières, en situation de crise également, pour ne pas pomper dans les réserves en même temps.

Du côté de Domessargues, on a pris les mesures qui s’imposent également, rapporte le maire Bernard Clément :

Nous suivons en temps réel le niveau d’eau dans la nappe où nous prélevons, et nous avons mis en place un plan de veille concernant les fuites. Tous les matins, nous avons un relevé des débits de la nuit, et nous comparons avec les relevés habituels pour nous assurer qu’il n’y ait pas de fuite. C’est la base, avant même d’économiser l’eau il faut être sûr de ne pas en perdre.


A Bagnols-sur-Cèze, le maire Jean-Yves Chapelet confirme le caractère exceptionnel de la situation :
 

Nous sommes dans le sud, nous sommes habitués à la sécheresse. Mais pas aux alertes de niveau 2 dès le 5 juillet, et pas avec une telle intensité. Le niveau d’eau dans les nappes phréatiques est descendu à un niveau inédit, nous n’avons jamais eu à aller aussi profond pour alimenter Bagnols.


"Bagnols est une ville d'eau, sans les fontaines cela fait drôle. Et nous allons devoir arrêter d'arroser le stade au moment où le foot et le rugby reprennent : les pelouses vont être cramées", soupire l'élu à propos des restrictions d'eau, qui ajoute : "Ma principale préoccupation est de pouvoir amener de l'eau potable aux robinets. Les volumes dont nous disposons sont largement suffisants pour les 3-4 semaines à venir. Mais s'il ne pleut pas, mon discours ne sera pas le même dans 5-6 semaines."
 
Sécheresse dans le Gard : les restrictions d'eau renforcées
Avec : Jean-François Chabert, habitant de Bagnols-sur-Cèze ; Richard Toulzat, locataire d'un jardin ouvrier ; Jean-Yves Chapelet, maire PS de Bagnols-sur-Cèze - France 3 Occitanie - Reportage : Valérie Luxey, François Jobard et Elisabeth Silveiro

 

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