Le Gardois, assassin présumé d'Agnès, jugé à partir de mardi en Haute-Loire

Matthieu, assassin & violeur présumé d'Agnès, collégienne de 13 ans retrouvée calcinée en novembre 2011 au Chambon-sur-Lignon, comparaît à partir de mardi devant les assises des mineurs de Haute-Loire, où il sera aussi jugé pour le viol, un an plus tôt, d'une mineure dans le Gard. 9 jours de procès.

Par Fabrice Dubault avec France 3 Auvergne et afp


Ce drame avait suscité un profond émoi en France et déclenché une vive polémique sur l'évaluation de la dangerosité et le suivi judiciaire des délinquants sexuels, le gouvernement Fillon dénonçant alors des "dysfonctionnements" dans le suivi de Matthieu.

Ce procès de neuf jours, où nombre de médias sont accrédités, pourrait toutefois se tenir à huis-clos, malgré le souhait contraire des parties civiles, l'accusé, aujourd'hui âgé de 19 ans, étant mineur au moment des faits. La cour prendra sa décision à l'ouverture des débats, mardi 18 juin.

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Le tribunal du Puy-en-Velay se prépare au procès de l'affaire Agnès
Reportage de Gérard Rivollier et Elodie Monnier. Intervenants: Jean Crouzet (menuisier), Chantal Ferreira (présidente du Tribunal de Grande Instance du Puy)

"La justice doit être publique, il faut que les gens soient au courant", a plaidé mercredi sur RTL Armel Marin, le grand père d'Agnès, dénonçant "trois fautes lourdes", ayant mené selon lui au drame: lorsque, après le premier viol, l'expert psychiatre avait jugé que "cet effroyable bonhomme n'est pas dangereux", lorsque la juge des libertés l'avait libéré, et lorsque le collège Cévenol l'avait admis alors qu'il sortait de détention provisoire pour ce viol sur mineure.


Agnès : collégienne de 13 ans

Elève en troisième au collège-lycée Cévenol, un établissement privé select, où tous deux étaient internes, la jeune Parisienne avait disparu le 16 novembre 2011, après une après-midi libre. D'importantes recherches étaient organisées auxquelles Matthieu avait participé.

Matthieu : jeune Gardois "Froid et sans émotion"

Très vite les soupçons s'étaient portés sur ce garçon, griffé au visage. Placé en garde à vue le 17 novembre, ce "mineur très froid et sans émotion", selon le parquet, dirigeait le lendemain soir les enquêteurs vers un ravin d'une forêt des environs, où  gisait le corps carbonisé d'Agnès.
Il reconnaissait alors l'avoir attirée dans la forêt sous prétexte de chercher des champignons hallucinogènes.

Outre les violences sexuelles, l'autopsie révélait qu'elle avait reçu dix-sept coups de couteau dans le thorax et à la tête. Son ADN était notamment retrouvé dans une tache de sang sur le jean porté par Matthieu ce jour-là.
Elève de première, Matthieu avait intégré un an plus tôt cet internat protestant sous contrat avec l'Etat, dans le cadre d'un contrôle judiciaire strict, après quatre mois de détention provisoire pour le viol sous la menace d'une arme d'une amie d'enfance de 16 ans, dans le Gard.


Mis en examen à Nîmes, le 2 août 2010, il avait été remis en liberté par le juge des libertés "sur réquisitions conformes" du parquet et était suivi par la Protection Judiciaire de la Jeunesse du Gard (PJJ).
Il était notamment astreint à un "suivi psychiatrique ou psychologique pour travailler autour des faits commis et prévenir tout risque de récidive". A compter de février 2010 il avait rencontré à douze reprises un psychothérapeute indépendant dans les locaux du collège.

Matthieu : un jeune "addicte" aux stupéfiants et aux jeux vidéos et récidivsite

Dans un entretien mardi au quotidien La Montagne, le pédopsychiatre Claude Aiguesvives, qui avait conclu à "l'absence de dangerosité" de Matthieu, s'est dit "catastrophé" par cette récidive.
"Matthieu avait une addiction énorme aux stupéfiants et aux jeux vidéos et une vulnérabilité psychologique antérieure qui a été sous-évaluée", estime celui qui témoignera au procès.

C'est dans ce bois, proche du collège Cévenol que les policiers ont retrouvé le corps sans vie d'Agnès, deux jours après la signalisation de sa disparition.
C'est dans ce bois, proche du collège Cévenol que les policiers ont retrouvé le corps sans vie d'Agnès, deux jours après la signalisation de sa disparition.

A l'époque, le directeur du Collège-lycée Cévenol, Philippe Bauwens, avait assuré ne "pas avoir connaissance du passé judiciaire" de Matthieu. "On savait qu'il avait eu des ennuis avec la justice mais on n'en connaissait pas la nature. Et nous n'avions aucun contact avec les services de justice", avait-il dit.
Il avait aussi insisté sur la vocation de cet établissement protestant à "donner une seconde chance" aux jeunes que la justice juge "réinsérables".
En proie à des difficultés de trésorerie depuis plusieurs années, le collège a été placé en avril en redressement judiciaire.
Pour Me Francis Szpiner, l'avocat de la famille Marin, il y a eu un "dysfonctionnement de l'institution judiciaire" et le sentiment de cette famille est que si la justice n'avait pas libéré une première fois l'accusé, il serait en prison et leur fille vivante.

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