Gers : la Toulousaine Lydie Salvayre, lauréate du prix Goncourt 2014 est éditée par la maison Tristram d'Auch

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Écrit par Patrick Noviello
Lydie Salvayre après la proclamation du Goncourt en novembre 2014 - archives.
Lydie Salvayre après la proclamation du Goncourt en novembre 2014 - archives. © AFP

«Famille» de Lydie Salvayre est paru ce 19 août, en même temps que son nouveau roman, «Rêver debout» au Seuil. C'est un livre, petit par le nombre de pages mais grand par le style. Et ce sont, Sylvie Martigny et Jean-Hubert Gailliot, des éditions Tristram, basées à Auch, qui sont à la manœuvre.

Beaucoup moins médiatisé que son dernier ouvrage, « Rêver Debout » au Seuil, « Famille » paru chez Tristram n’en est pas moins intéressant. D’une histoire hélas trop vue dans les pages « Faits Divers », Lydie Salvayre fait un récit au style très littéraire et au rythme vif. Le tout d’une actualité parfois brûlante.

Il est 13h. La mère et le fils ne manque jamais le journal d’information de la première chaîne. Le présentateur télé évoque les craintes suscitées par le vaccin anti-Covid. Le fils dit qu’il a tout compris depuis le début : le vaccin sert à implanter des puces électroniques qui réinitialisent le capital génétique des individus et enregistrent les informations où sont encodés leurs principaux caractères : Q.I, particularités sexuelles, affectives et politiques, et capacités supranormales comme celles dont, pour son malheur, il est doté. 

Huis-clos familial

C’est un huis-clos que décline la Prix Goncourt 2014 qui vit désormais dans un village du Gard. L’histoire pourrait d’ailleurs très bien se passer là-bas. Un fils diagnostiquée « schizophrène », une mère étouffante, un père usé par le travail, violent et porté sur la bouteille qui qualifie son fils de « branleur » et se dispute régulièrement avec lui. Voici les personnages.

Qui est le plus fou des trois serait-on tenté de se demander parfois ? « Je me sens dit le fils d’une humeur homicide. Je roule la vengeance au gouffre de mon cœur. Un bon assassinat me détendrait les nerfs ». A lire ces trois phrases, on en a quand même une idée.

Folie de groupe

Après il faut dire que la mère n’aide pas, que ce soit avec ses conseils, « avec les psychiatres, moins tu en dis, mieux tu te portes », ou alors par son propre comportement notamment devant sa série télévisée préférée :

Maintenant que Kimberley a mis le grappin sur Bradley, Jessica regrette ses erreurs passées et tente de reconquérir le terrain perdu par ses minauderies, des tenues archi-provocantes et des tortillements incessants du derrière. Trop tard ! lui crie la mère avec méchanceté. Bien fait pour ta gueule ! Maman, j’ai le sentiment d’être fou dit le fils. Allons allons dit la mère.

« Je suis rien j’inexiste » déclare le fils sur les premières lignes en rajoutant « Mon esprit est tué ». Si l’intrigue se dénoue à toute vitesse, en moins de quarante pages, le style, lui, mérite que l’on s’y attarde. D’une histoire hélas trop banale, Lydie Salvayre nous livre une pépite d’humanité (ou d’inhumanité c’est selon) avec une écriture bien à elle :

La mère sur l’époux ne tarit pas de blâmes. Qu’elle dit dans son dos. Il faut bien que ça sorte. Mais les dire à sa face, Dieu me préserve, il me tuerait. A peine le père s’est-il éloigné de la maison que toutes les rancunes lui viennent à la bouche et elle les vomit sur son fils adoré.

« La famille » de Lydie Salvayre, aux éditions Tristram.

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