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Airbus prendra des décisions “très douloureuses” à défaut d'accord sur le Brexit

Le patron d'Airbus, Tom Enders, a menacé de prendre des décisions "douloureuses" alors que le groupe emploie plus de 14 000 personnes au Royaume-Uni. / © PASCAL PAVANI / AFP
Le patron d'Airbus, Tom Enders, a menacé de prendre des décisions "douloureuses" alors que le groupe emploie plus de 14 000 personnes au Royaume-Uni. / © PASCAL PAVANI / AFP

Le patron du groupe aéronautique a menacé de rediriger ses investissements vers d'autres pays. Une décision potentiellement "très douloureuses" pour le Royaume-Uni alors que d'autres entreprises ont déjà déménagé leur siège social.

Par France 3 avec AFP

Le patron d'Airbus, Tom Enders, a prévenu que l'avioneur pourrait se retirer du Royaume-Uni sans accord sur le Brexit. Des menaces que le groupe avait déjà formulées en juin, à veille du deuxième anniversaire du référendum, en avertissant qu'il allait revoir ses investissements en cas de divorce sans filet.

"C'est une honte que, plus de deux ans après le résultat du référendum de 2016, les entreprises ne puissent toujours pas planifier correctement l'avenir", a déploré Tom Enders dans un message vidéo au ton glacial publié sur le site internet du groupe européen. Airbus emploie plus de 14 000 personnes au Royaume-Uni où il fait fabriquer les ailes de ses avions.
 

"S'il y a un Brexit sans accord, chez Airbus nous devrons prendre des décisions potentiellement très douloureuses pour le Royaume-Uni", a averti le patron du groupe dans ce message de trois minutes où il s'exprime face à la caméra. Un nouveau coup dur pour l'économie britannique après le départ annoncé de Sony et Dyson.

Cette sévère mise en garde intervient au moment où les préparatifs des entreprises en vue du Brexit s'accélèrent, poussant le gouvernement britannique à réagir pour tenter de rassurer les investisseurs.

 

Les « Brexiters » "ont tort"


Les députés britanniques ont largement rejeté l'accord négocié entre Theresa May et les dirigeants des 27 autres pays de l'UE pour organiser les modalités du départ du Royaume-Uni. Le risque d'un départ abrupt et sans accord n'a pas été écarté par la Première ministre et le blocage politique demeure jusqu'à présent à Londres. 

"Bien sûr, ce n'est pas possible de déplacer dans l'immédiat notre vaste entreprise britannique dans d'autres parties du monde, a expliqué le président exécutif d'Airbus. Mais le secteur aéronautique est un secteur de long terme, et nous pourrions être contraint de re-diriger des investissements futurs dans l'hypothèse d'un Brexit sans accord."
 

"N'écoutez pas les folies des « Brexiters » qui assurent que, du fait que nous avons d'énormes usines ici, nous ne partirons pas et nous resterons toujours. Ils ont tort", a martelé M. Enders, ajoutant que "de nombreux pays seraient ravis de construire les ailes des avions Airbus".

Le constructeur aéronautique européen s'est déjà plusieurs fois montré alarmiste quant aux conséquences d'une sortie désordonnée du bloc continental. Mais à quelques semaines de la date prévue du départ, l'avertissement sévère lancé par Tom Enders prend une résonance particulière. 

"Dans une économie mondialisée, le Royaume-Uni n'a plus la capacité de faire cavalier seul, a encore estimé le dirigeant jeudi. Les grands projets aéronautiques sont des dossiers multi-nationaux". "Si vous êtes vraiment sûrs que le Brexit est la meilleure chose qui soit pour le Royaume-Uni, réunissez-vous et accordez-vous pour un accord de retrait négocié qui permettrait un Brexit ordonné".

 

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