Baisse des aides au logement dès octobre : une mesure qui passe mal, à Toulouse comme ailleurs

© FREDERIC CHARMEUX / MaxPPP
© FREDERIC CHARMEUX / MaxPPP

Le gouvernement a annoncé samedi la baisse des allocations logement de 5 euros par mois à partir du mois d'octobre. Une décision prise pour renflouer les finances de l'Etat mais qui, à Toulouse comme ailleurs, a du mal à passer pour les associations d'étudiants et d'aide aux personnes mal-logées.

Par Laurence Boffet

Cinq euros de moins chaque mois : toutes les aides au logement vont baisser uniformément dès octobre afin de renflouer les finances publiques, une décision rendue publique samedi, qui a suscité la colère immédiate des étudiants, parmi les bénéficiaires de ces aides mais aussi des associations d'aide aux personnes mal logées.

Les aides au logement bénéficient à 6,5 millions de ménages français pour un montant moyen de 225 euros par mois. Versées par la Caisse d'allocation familiale (CAF), elles se décomposent en trois catégories : l'aide personnalisée au logement (APL) qui profite notamment à environ 800.000 étudiants, l'allocation de logement familial (ALF), et l'allocation de logement social (ALS).
Une baisse de ces aides de 5 euros par mois et par ménage représenterait ainsi une économie mensuelle de 32,5 millions d'euros, soit 97,5 millions sur les trois derniers mois de l'année en cours. Mais pour ceux qui en bénéficient, notamment les étudiants, la perte sur leur pouvoir d'achat est bien réelle. Ils dénoncent une mesure injuste.

C'est le cas notamment de Thomas Martin-Dimichele, le délégué général de l'AGEMP, l'Association générale étudiante de Midi-Pyrénées : "c'est prendre les étudiants pour la variable d'ajustement du budget de l'Etat" dit-il, dénonçant une mesure particulièrement injuste pour "un groupe social qui est le plus touché par le mal-logement et dont la moitié du budget passe dans le logement". 
Dans l'ex région Midi-Pyrénées, 105.000 foyers bénéficient de l'APL. La mesure va donc concerner aussi des familles en difficulté.

Voyez le reportage de Christophe Neidhardt et Olivier Denoun :
Réactions à toulouse après le souhait du gouvernement de baisser les aides au logement
Le gouvernement a annoncé samedi la baisse des allocations logement de 5 euros par mois à partir du mois d'octobre. Décision prise pour renflouer les finances de l'Etat. Les associations d'étudiants et d'aide aux personnes mal-logées sont vent debout contre cette mesure. Du côté d'En Marche on évoque un effort nécessaire demandé à tous, y compris aux étudiants.  -  Christophe Neidhardt / Olivier Denoun.
Depuis cette annonce controversée, les équipes Macron et Hollande se renvoient la responsabilité de la baisse à venir des aides au logement, qui ne pourrait être qu'une étape avant une réforme d'un système accusé d'entretenir la hausse des loyers. 
"Nous ne l'avons jamais envisagée. Jamais. Je suis formel. Elle ne nous semblait pas juste", a répliqué dimanche l'ex-ministre du Budget de François Hollande, Christian Eckert. Son ancienne collègue au Logement, l'écologiste Emmanuelle Cosse, a elle accusé le nouveau gouvernement "de dire n'importe quoi".
L'ancienne ministre du logement et actuelle députée PRG du Tarn-et-Garonne, Sylvia Pinel, leur a emboîté le pas ce dimanche : "cette mesure d’économie revient régulièrement et je m’y suis toujours opposée lorsque j’étais en charge de ce dossier et elle avait d’ailleurs été systématiquement écartée par le précédent gouvernement". 

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