Canicules : on vous explique pourquoi certaines zones de Haute-Garonne sont davantage sujettes que d'autres à des pics de température

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Écrit par Camila Giudice

Peut-être l'avez vous constaté : c'est régulièrement aux mêmes endroits dans le département de la Haute- Garonne, qu'il fait le plus chaud. Nous avons posé trois questions à Pascal Bourreau, ancien prévisionniste à Météo France, pour comprendre à quoi cela est dû.

Depuis le mois de juin, les vagues de chaleur se succèdent dans le pays, et dans notre région en particulier le thermomètre s’affole.

Dans la Haute-Garonne, ce mercredi 10 août encore, il pourrait faire jusqu’à 38 degrés à Toulouse cet après-midi, 37 à Revel ou Villemur-sur-Tarn. Ces communes sont d’ailleurs régulièrement les endroits où la température est la plus élevée dans le département.

Comment expliquer ce phénomène ? Eléments de réponse avec Pascal Bourreau, ancien prévisionniste à Météo France.

Où fait-il le plus chaud en Haute-Garonne, et à quoi est-ce dû ?

Pour comprendre ces pics de températures récurrents à certains endroits, il faut d’abord prendre en compte la topographie du département. 

Les points les plus chauds sont souvent des cuvettes, parce que dans une cuvette les rayons du soleil frappent partout et il y a un effet bulle de chaleur.

Pascal Bourreau, ancien prévisionniste à Météo France


D’après Pascal Bourreau, trois zones de Haute-Garonne sont des cuvettes bien identifiées : la commune de Revel, au pied de la Montagne noire, le val de la Garonne qui s’étire de Grenade à Muret, en passant par Toulouse, et le Frontonnais, dont les pentes sont orientées au sud, donc exposées en plein soleil.

Mais à cela il faut ajouter un autre facteur : dans les villes il fait encore plus chaud. C’est le cas par exemple à Toulouse.

Il y a l’aspect naturel, c’est à dire le relief, même si ce ne sont que des petites collines, qui augmente la chaleur. Et l’aspect artificiel avec la domination par endroits du minéral, qui fait que la chaleur y est encore plus intense.

Pascal Bourreau, ancien prévisionniste à Météo France

A quoi faut-il s’attendre dans les prochaines décennies ?

Partout en Haute-Garonne, les températures vont grimper. 

Si nous ne limitons pas nos rejets de gaz à effet de serre, on pourrait monter facilement à 45, voir par endroits 50 degrés, l’été dans vingt ans, à l’horizon 2040.

Pascal Bourreau, ancien prévisionniste à Météo France


La période estivale pourrait aussi être élargie au cours de l’année, avec des températures élevées de mai à octobre et des successions rapprochées de canicules.

Cette année nous vivons un phénomène exceptionnel qui est un avant-goût de ce que nous aurons régulièrement d’ici 15 ou 20 ans.

Pascal Bourreau, ancien prévisionniste à Météo France

La Haute-Garonne sera-t-elle toujours habitable d’ici la fin du siècle ?

La situation climatique dans la région va continuer de s’aggraver d’ici 2100 si nous ne réduisons pas nos rejets de gaz à effets de serre. 

Nous vivons une accélération du changement climatique du fait que nous produisons toujours plus de gaz à effet de serre. 

Pascal Bourreau, ancien prévisionniste à Météo France

Face à ce constat, en plus de réduire ces rejets dans l’atmosphère, il faudra adapter nos territoires pour tenter de les garder le plus frais possibles. Avec notamment en ville un outil précieux : la végétalisation. 

Non seulement les arbres apportent l’ombrage, un peu de fraicheur pendant la journée, mais ils filtrent aussi les polluants. Un arbre c’est donc beaucoup plus efficace qu’une structure artificielle : sous un parasol par exemple il fait très chaud car l’air n’est pas ventilé. Dans un arbre les feuilles font cette ventilation. 

Pascal Bourreau, ancien prévisionniste à Météo France

Et avec en plus la menace de la sécheresse, des solutions seront également à trouver afin de pérenniser notre consommation d’eau potable.