Coronavirus : 200 entreprises du secteur événementiel de Haute-Garonne en “danger de mort immédiate”

Des représentants du collectif #SOSEvents31 ont tenu une conférence de presse ce jeudi à Toulouse pour tirer le signal d'alarme : la crise du Covid-19 place leur secteur d'activité en "danger de mort". / © Eric Coorevits / FTV
Des représentants du collectif #SOSEvents31 ont tenu une conférence de presse ce jeudi à Toulouse pour tirer le signal d'alarme : la crise du Covid-19 place leur secteur d'activité en "danger de mort". / © Eric Coorevits / FTV

Les entreprises du secteur événementiel tirent le signal d'alarme : hôteliers, traiteurs, organisateurs de spectacles, congrès et salons, elles se déclarent "en état de catastrophe économique". 200 d'entre elles, unies dans un collectif, en appellent au sens des responsabilités de leurs concitoyens.

Par Yann-Olivier d'Amontloir

Depuis quelques jours, le passage de la France au "stade 2 renforcé" à cause de l'épidémie de coronavirus interdit les rassemblements de plus de 1 000 personnes dans un espace confiné.
L'impact de cette mesure gouvernementale sur les entreprises du secteur événementiel est équivalent à "un tsunami qu'on se prend en pleine figure".
En effet la peur provoquée par cette crise génère des réactions bien au-delà du raisonnable.

Tout le monde annule des événements programmés de longue date, même s'il n'était prévu que 20 ou 30 participants

ont expliqué ce jeudi les instigateurs du collectif  "#SOSEvents31" lors d'une conférence de presse qui s'est tenue à Toulouse.
Ce collectif regroupe les dirigeants de 200 entreprises du secteur événementiel en Haute-Garonne :
  • organisateurs d'évènements : spectacles, congrès, séminaires
  • traiteurs
  • hôteliers-restaurateurs proposant des salles de réunion
  • intermittents du spectacle
  • fleuristes
Ces activités comptent 335 000 emplois en France, dont des milliers en Occitanie. Dans la Métropole de Toulouse la plupart de ces entreprises sont de dimension respectable : depuis 8 jours leurs carnets de commandes sont désespérément vides.

C'est une filière en danger de mort immédiate. Il y a une semaine elle était parfaitement saine

explique Steve Gallais, patron de l'agence Verywell.
Le problème est crucial : la quasi-totalité des événements sont purement et simplement annulés par leurs commanditaires, même ceux prévus seulement pour de petits groupes, bien en-dessous de la barre des 1 000 personnes fixée par le gouvernement.



Perte sèche

Tous ces événements sont annulés, et non pas reportés, sans même le versement des 30% d'arrhes qui doivent normalement rester au profit de l'organisateur.
C'est une perte d'exploitation sèche, qui contraint ces entreprises à placer leurs salariés en chômage technique car elles se refusent à envisager tout licenciement.
De plus les gens réduisent fortement leurs déplacements, professionnels et personnels, ce qui entraîne une baisse de fréquentation des hôtels et des restaurants.
Selon des professionnels dans le département de l'Aveyron cette baisse est évaluée à 30% du chiffre d'affaires cette semaine, mais devrait s'élever à 70% la semaine prochaine.

Appel au sens des responsabilités

Tout en se déclarant parfaitement conscient du risque sanitaire, le collectif #SOSEvents31 en appelle donc au sens des responsabilités de nos concitoyens :
  • maintenir les événements organisés pour moins de 1 000 participants
  • faire le choix d'un report de date plutôt que d'une annulation
  • en cas d'annulation totale et définitive, respecter la clause du versement d'arrhes à hauteur de 30% du prix de la commande.
Un appel est lancé également - sous la forme d'une lettre ouverte -  à toutes les institutions locales et régionales, jusqu'au gouvernement, pour que des mesures de préservation économique du secteur soient prises en urgence.
Le ministre Bruno Le maire s'est déclaré ouvert à un déplafonnement du dispositif du chômage technique - normalement limité en durée et à hauteur du SMIC - "ce qui risque de coûter des centaines de millions d'Euros".
Cette crise sanitaire, dont la durée ne devrait pas dépasser quelques mois, menace bien plus que les emplois de ce secteur d'activité, car derrière c'est toute une chaîne qui est impactée.

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