Coronavirus : la communauté espagnole de Toulouse doublement concernée

Débuté le 14 mars dernier, le confinement est prolongé en Espagne jusqu’au 11 avril. La barre des 4000 morts est franchie, dont 655 en 24 heures. C’est le pays d’Europe le plus touché par le virus, après l’Italie.
 

Le centre ville de Madrid vidé de ses habitants, qui comme les Français sont en confinement.
Le centre ville de Madrid vidé de ses habitants, qui comme les Français sont en confinement. © AFP/ Gabriel Bouys
La communauté espagnole, installée à Toulouse est doublement inquiète. Inquiète par la situation en France, mais aussi celle de l’autre côté des Pyrénées. Là-bas, la situation s’aggrave également avec plus de 600 morts supplémentaires chaque jour.

La situation est très variable d’une province à l’autre, mais aucune n’est épargnée.
 
La région de Madrid est la plus touchée avec la moitié des décès enregistrés dans le pays. Dans la capitale, les hôpitaux sont saturés, la grande halle de la foire, réquisitionnée pour y installer à la hâte 5500 lits. Faute de pouvoir suivre le rythme des enterrements, la patinoire d’un centre commercial fait office de morgue.


Il est coutume de rappeler qu’à Toulouse, une famille sur 4 est originaire d’Espagne.

José Alonso quitte son pays avec ses parents  en 1961. Aujourd’hui, il dirige l’association « les Andalous de Toulouse ». 
Une partie de sa famille et de ses amis vit à Barcelone et Madrid. « Les gens que je connais en Espagne sont en bonne santé. Là-bas, le confinement est un peu plus strict surtout pour les amendes. Du point de vue sanitaire, la situation à Madrid est proche de celle de la région Grand Est en France.
Je ne suis pas plus inquiet pour l’Espagne, que pour la France. Dans les deux cas, les courbes continuent de grimper. Les gens que je connais restent calmes, respectent les consignes pour éviter d’être infectés. » 

Nous ne savons pas où nous allons
 

Vue de Madrid, le regard est différent. Jorge Camacho, est bibliothécaire à la bibliothèque nationale. Joint par téléphone, il analyse la situation. 

« Nous sommes préoccupés, car nous ne savons pas où nous allons ? Combien de temps cela va durer ? Combien de personnes seront contaminées ? Combien de morts ? Ici, personne ne s’attendait à ça. 
La trêve politique est rompue. La population divisée. Les gens reprochent au gouvernement de n’avoir pas anticipé, écouté les conseils venus de Chine, d’Asie et même d’Italie. 
Selon moi, le gouvernement fait désormais le maximum avec les moyens du bord. 
Ces dernières années, il y a eu des coupes budgétaires notamment dans le secteur médical, principalement dans les régions gouvernées par la droite, avec moins de lits, moins de médecins. 

En instaurant l’état d’urgence, le gouvernement, concentre tous les pouvoirs (« el mando ùnico ») met en place  une politique rigide contre la pandémie. Les régions autonomes, dirigées par la droite demandent des mesures plus fortes. C’est le cas de la Catalogne.
 »

Le gouvernement de Catalogne exige un durcissement des mesures 

A Barcelone, la situation est particulière. Le gouvernement de Catalogne bataille avec le gouvernement espagnol jugé trop laxiste. 

Contacté, Macip Ferriol, journaliste installé à Barcelone. Rédacteur en chef du site journal.com, il prend régulièrement le pouls d’une région qui dénombre aujourd’hui à la mi-journée, 11 592 infections et 672 décès.  

« Le Gouvernement catalan demande un confinement total. La fermeture des gares et des aéroports. Le Gouvernement a envoyé l’armée pour parcourir la rue. On ne sait pas bien pourquoi. Elle aurait été appelée pour désinfecter l’aéroport de Barcelone et les rues. 
Les médecins sont en colère. Ils se plaignent que les soldats sont mieux protégés qu’eux contre le virus. Des soignants n’ont pas de masque car ils ont été affectés à l’armée. »

« Ici les supermarchés limitent à 5, le nombre de personnes simultanément présentes à l’intérieur. On vous demande de vous laver les mains avant d’entrer. Les horaires sont aménagées pour que les locaux soient désinfectés deux heures par jour. Il est demandé au personnel de réduire son temps de travail pour réduire les risques de contamination. »
                  


Plus encore que chez ses voisins, en Espagne, les décès concernent les plus âgés : plus de 65 % ont plus de 80 ans (environ 50 % en Italie), 95 % ont plus de 60 ans.

Le parlement espagnol (43 parlementaires sur 350 au total) s’est prononcé pour  le prolongement du confinement jusqu’au 11 avril. Une opération de dépistage du coronavirus est lancée, des  tests et des masques ont été commandés en grand nombre.
En Espagne, chaque guérison est célébrée comme une victoire.


 
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