Coronavirus, les laboratoires d’Occitanie tirent la sonnette d’alarme : les accès aux tests seront limités

Les laboratoire d'analyses médicales autorisés à pratiquer les tests de dépistage ua coronavirus / © MaxPPP
Les laboratoire d'analyses médicales autorisés à pratiquer les tests de dépistage ua coronavirus / © MaxPPP

C’est le rush pour les laboratoires d’Occitanie. Notamment depuis l’annonce du gouvernement dimanche dernier d’autoriser les laboratoires de ville à effectuer les tests de dépistage. Les 350 laboratoires tentent de s’organiser malgré le manque de temps et de moyens.

Par Corinne Carrière

A l’approche du "stade 3" épidémique et l’annonce du gouvernement d’élargir le dispositif de dépistages du coronavirus, les laboratoires d’analyses médicales d’Occitanie s’organisent pour être prêt à recevoir les populations dès ce vendredi 13 mars.

En Occitanie, deux laboratoires privés situés à Montpellier et Toulouse vont prendre en charge les demandes. La profession s’organise dans l’urgence et prévoit à Toulouse de dédier un laboratoire sur 5 à ces tests.

La profession alerte sur le fait que pour réaliser le test de dépistage, les personnes doivent obligatoirement présenter une prescription médicale et ne seront reçues au laboratoire que sur rendez-vous.

Richard Fabre, le président de l’Union régionale des biologistes d’Occitanie, le rappelle : 

  Hors de question de faire du dépistage de masse.

Il précise toute la difficulté de la profession à s’organiser en raison notamment du manque de tests et des matériels de prélèvement :

On va vivre trois semaines très difficiles.

"Tout d’abord les fournisseurs pédalent pour approvisionner, les laboratoires ont un stock qui risque d'être rapidement insuffisant. 
Autre problématique, le manque de matériels de prélèvement nazo pharyngé (ndlr : introduction d'une sorte de grand coton tige dans le nez) . Nous avons des stocks mais là aussi assez limités. On veut bien répondre à l’urgence mais il faudrait quand même que l’on nous donne les moyens. Car, s’ajoute à tout cela le risque de contamination des professionnels de santé en raison de l’absence de masques de protection 
!"

Cela me parait aberrant d’envoyer nos salariés au charbon sans masque !

Richard Fabre explique que si le nombre de demandeurs augmente, tout le monde ne pourra pas avoir accès aux tests de dépistage de coronavirus. Les tests doivent être pratiqués uniquement sur des populations sensibles.

Qui peut faire le test

Il est donc inutile de se rendre dans un laboratoire si vous craignez une contamination.
"Les seules personnes qui sont testées sont celles étant considérées comme des cas possibles" explique à nos confrères du journal l’Express Sylvie Behillil, responsable adjointe au Centre National de Référence (CNR) des virus respiratoires à l’Institut Pasteur.

Pour Richard Fabre, il y a quatre catégories de personnes pour qui le test de dépistage est réservé :
  • Les personnes qui sont contraintes de rester chez elles, comme les personnes âgées, fragiles ou sous traitement.
  • Les personnes souffrant de pathologies sévères, sous chimiothérapie par exemple.
  • Les populations fragiles situées en milieux fermés comme dans les Ephad ou les établissements médicaux
  • Les professionnels de soins comme les infirmiers ou les médecins en première ligne et pas toujours protégés.
 

La procédure

Pour effectuer le test de dépistage du coronavirus, il faut vous munir d'une prescription médicale avant d’appeler le laboratoire pour prendre un rendez-vous ; ce dernier vous dirigera vers l’un de ses centres dédiés (personnel équipé, salle d’attente spécifique…).
Après le test vous pourez rejoindre votre domicile, le lendemain le laboratoire vous contactera pour vous donner les résultats.

Sylvie Behillil précise qu’il s’agit d’un test de détection biologique moléculaire. "Nous réalisons des prélèvements respiratoires dans lesquels nous recherchons la présence du virus. L’échantillon prélevé nous permet d’avoir un équivalent de charge virale. Nous savons ainsi s’il est chargé en virus ou non. Concrètement, cet échantillon est prélevé grâce à un crachat ou à un test naso-pharyngé."

Stade 3, ce qui va changer

Le site du gouvernement explique que les Agences Régionales de Santé (ARS) situées dans les zones déjà fortement touchées (Haut-Rhin, Oise, Corse) peuvent choisir de ne tester que les patients dont l’état est "sévère".
Mais quand le "stade 3" sera atteint, il n’y aura plus de mesures pour détecter ou isoler des cas afin de stopper l’épidémie. Le "stade 3" sera déclaré lorsque le virus circulera activement sur l’ensemble du territoire.


 

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