Crash de l'Airbus du vol Rio-Paris : une contre-expertise accable les pilotes d'Air France

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Les conclusions de cette nouvelle expertise ordonnée par la justice met l’accent sur des erreurs de pilotage ayant conduit au crash de l'A330. Les familles des victimes craignent de voir l’avionneur échapper aux poursuites judiciaires.

Par EW avec AFP

Point de départ de l'accident : un givrage en vol des sondes Pitot, une situation qui a conduit à un dérèglement des mesures de vitesse de l’appareil et désorienté les pilotes. A la demande d’Airbus, les enquêteurs avaient procédé à une contre-expertise, dont les conclusions remettaient l'accent sur « la réaction inappropriée de l'équipage ». C’était en avril 2014.

A la suite de ce rapport, la compagnie aérienne et des familles de victimes avaient réclamé l'invalidation de ce rapport qu'elles jugeaient trop favorable à Airbus. En novembre 2015, elles obtenaient gain de cause devant la cour d'appel de Paris, qui renvoyait le dossier à l'instruction. Ce sont les juges du pôle accident collectif qui ont repris le dossier.

L’AFP s’est procuré les résultats de cette nouvelle contre-expertise. Le rapport provisoire établit que la "cause directe" de l'accident "résulte des actions inadaptées en pilotage manuel" de l'équipage.

"Le pilotage manuel a été imposé par la déconnexion du pilote automatique consécutive au givrage des sondes Pitot", notent les trois experts. Ils dressent ensuite la liste d’une série de "causes indirectes", notamment une "insuffisance d'entraînement de l'équipage au pilotage à haute altitudeune absence de formation au travail en équipage à deux copilotes et l'absence initiale du commandant de bord".

La présidente de l'association de victimes Entraide et solidarité AF447, Danièle Lamy, qui représente les proches de victimes françaises, brésiliennes et allemandes a réagi à ces conclusions : "Nous ressentons la plus grande indignation, à la limite de l'écœurement. Le problème des sondes Pitot est balayé, on a l'impression qu'Airbus est intouchable. C'est toujours la faute des pilotes qui ne sont pas là pour se défendre".

Dans un communiqué, Air France a indiqué ne "pas souscrire aux conclusions qui conduisent notamment à la mise en cause sévère de l'équipage disparu".

Mis en examen pour homicides involontaires en mars 2011, la compagnie aérienne et Airbus espèrent éviter un procès pour la catastrophe du vol AF447.

L’accident avait causé la mort de 228 personnes le 1er juin 2009 au large du Brésil.

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