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Détenu décédé à la prison de Toulouse Seysses : la famille pas convaincue par la thèse du suicide

Le 14 avril dernier, un détenu a été retrouvé mort dans le quartier disciplinaire de la prison de Seysses. Le parquet privilégie la thèse du suicide. La famille n’est pas convaincue par cette version des faits et demande que la justice pousse ses investigations.
Pour la famille de Jaouad, "c’était quelqu’un de solide mentalement. La thèse du suicide on n’y croit pas". Pour son entourage familial, le jeune détenu ne s’est pas donné la mort. Sa famille le décrit comme quelqu’un de "joyeux", "dynamique".

La famille s’interroge sur ce qui s'est passé dans les minutes précédents la mort de Jaouad. Les proches du détenu se posent également des questions sur les lésions constatées par le médecin légiste. Après le décès du détenu, s'est produit un fait rarissime. Des prisonniers ont sorti un communiqué dans lequel ils évoquent des coups portés par le personnel pénitentiaire. La famille de  Jaouad prend acte de ces lourdes accusations. "De quoi justifier d'autant plus que l'enquête soit poussée" précise  Maître Eric Mouton, l'avocat de la famille. 

La famille de Jaoud a une conviction : un suicide ne cadre pas avec le profil de leur proche. 

Le jeune détenu était très entouré et recevait régulièrement la visite des siens. Son entourage n’a relevé aucun signe pouvant traduire un comportement suicidaire. "Il n’y a eu aucune mauvaise nouvelle. Il ne s’est rien passé qui aurait pu justifier un changement de comportement" explique un proche.  

Avant d’être placé en quartier disciplinaire (QD), suite à un incident avec un gardien, Jaouad sortait d’un parloir "famille". C’est dans la salle d’attente, avant d’être reconduit à son bâtiment, qu’une altercation se serait produite et aurait débouché sur un transfert en quartier disciplinaire. 

La famille attend que la justice ne se contente pas de la thèse du suicide. Une enquête pour "recherche de la cause de la mort" est ouverte par le parquet.
La famille de Jaouad s’interroge sur un fait troublant. Après son placement au "mitard", les gardiens ont revêtu le jeune détenu d’une tenue anti-suicide. Cette "dotation de protection d’urgence" composée de papier déchirable, doit éviter qu’un détenu utilise le bas ou le haut du vêtement comme une corde. Or, Jaouad est censé l’avoir utilisé pour se pendre. "Nous souhaitons également des vérification sur ce point" précise l'avocat de la famille. 

Maitre Eric Mouton a demandé au parquet des investigations techniques complémentaires et insiste sur l'urgence : "dans ce type d'enquête, il faut aller vite"

Des réponses essentielles pour la famille mais également pour l’ambiance à l’intérieur de la prison de Seysses. Après la mort de Jaouad, des prisonniers ont refusé à deux reprises de « réintégrer » leur cellule à la fin de la promenade. 
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