En campagne pour les régionales, Carole Delga va quand même redevenir députée

Carole Delga / © Eric Cabanis / AFP
Carole Delga / © Eric Cabanis / AFP

Carole Delga a quitté le gouvernement mi-juin pour se consacrer "totalement" à la campagne des régionales en Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon, mais la tête de liste socialiste va reprendre dans quelques jours son mandat de députée de la 8ème circonscription de la Haute-Garonne.

Par F. Valéry et L. Dubois

Carole Delga assume et justifie ce cumul qui va durer jusqu’à la fin de la législature, en mai 2017. Elle a déclaré à la Gazette du Comminges : "C'est la loi. D’autres ministres avant moi ont retrouvé leurs mandats de parlementaires en quittant le gouvernement".

Effectivement, depuis la réforme constitutionnelle voulue par Nicolas Sarkozy en 2008, quand un ministre quitte le gouvernement, il retrouve automatiquement la place occupée par son suppléant sur les bancs de l’Assemblée. Bien évidemment, il est toujours possible de démissionner d’un mandat parlementaire. En revanche, un ancien ministre qui souhaite siéger au Palais-Bourbon n’a pas besoin de revenir devant les électeurs.
Ainsi Kader Arif, après sa démission fin 2014 du gouvernement, a retrouvé son siège sans passer par la case législative partielle. C’est le même mécanisme qui  joue en faveur de Carole Delga.

La sortie de Carole Delga du gouvernement crée un jeu de chaises musicales. Le député par intérim Joël Aviragnet redevient son suppléant. Dans sa lettre parlementaire, Joël Aviragnet a d’ailleurs déjà fait "ses adieux" à ses électeurs :
Carole Delga va donc porter deux casquettes jusqu’aux prochaines législatives, organisées dans la foulée de la présidentielle de 2017. La tête de liste PS aux régionales (outre le conseil municipal de Martres-Tolosane) va devoir organiser son agenda entre Paris et la Grande Région. Un premier sondage, publié vendredi, la donne gagnante face à Dominique Reynié (LR), Gérard Onesta (EELV) et Louis Alliot (FN)

En décembre prochain, en cas de victoire aux régionales, la "candidate-députée" deviendrait une "députée-présidente de Région". En effet, Carole Delga a déclaré dans les colonnes de la Gazette du Comminges : "Si je suis élue présidente de région, je ne me représenterai pas à la députation à la fin de la mandat". La fin du mandat parlementaire de Carole Delga, comme de ses 576 collègues, interviendra en mai 2017. Le début de son mandat régional est prévu pour décembre 2015. 2015-2017, entre ces deux échéances, Carole Delga sera, à la fois, sur les bancs de l’Assemblée et dans l’hémicycle régional. En revanche, à partir de 2017, la loi interdit de cumuler des fonctions exécutives locales et un mandat parlementaire.

Elle n’est pas la seule "cumularde" en piste. Un de ses concurrents, Louis Alliot  (FN) participe à la compétition régionale tout en étant député européen et élu municipal à Perpignan.

Carole Delga revendique un statut de "candidate à 100%". Mais, dans les prochaines semaines, elle va devoir jongler entre les travaux parlementaires et  la campagne des régionales. Certains dossiers législatifs vont permettre de jouer sur les deux tableaux. C’est le cas notamment de la ratification de la Charte Européenne des langues régionales et minoritaires. En revanche, cela va être beaucoup plus compliqué s’agissant du vote de la loi de finance. En effet, Carole Delga sera membre de la commission des finances et l’examen des textes va se dérouler du 12 octobre au 15 novembre. En pleine campagne des Régionales.

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