A l'entraînement au stand de tir, avec les policiers municipaux de Toulouse

Une policière municipale s'entraîne au tir à Toulouse. / © Laurence Boffet / FTV
Une policière municipale s'entraîne au tir à Toulouse. / © Laurence Boffet / FTV

A Toulouse, les policiers municipaux sont armés depuis 2005. Au départ limité aux patrouilles de nuit, cet armement a été étendu à celles de jour en 2014. Mais pour conserver son arme, chaque policier doit se soumettre à deux séances de tir par an. Nous les avons suivis à l'entraînement.

Par Laurence Boffet

Dans le stand de tir, ils sont neuf, ce vendredi matin. Membres d'une brigade motocycliste, d'une équipe cynophile ou d'une unité territoriale, tous ces policiers municipaux se retrouvent ici pour l'une des deux séances annuelles obligatoires pour valider leur port d'arme.
 

Trois heures de formation, deux fois par an

Tout commence par une partie théorique. Avec leurs deux formateurs, les policiers présents passent en revue les conditions dans lesquelles ils peuvent faire usage de leur arme. Seule la légitime défense les y autorise. Qu'est-ce qui l'encadre ? Qu'est-ce qui la caractérise ? Quelles règles de sécurité doivent-il respecter par ailleurs ? Après un tour d'horizon et la vérification que chacun maîtrise bien son article 122.5 du code pénal, l'heure est venue de gagner le pas de tir. 
 

Quatre exercices de tir

Gilet pare-balles bien serré. Casque sur les oreilles et lunettes de protection en place, les voilà prêts pour l'un des quatre exercices de tir de la matinée. "Vous avancez sur la ligne des 5 mètres. A l'apparition de la cible, vous tirez une cartouche. On va le faire 6 fois avec à chaque fois une remise de l'arme à l'étui" explique le formateur. "Ce que j'attends de vous, c'est une sortie d'arme rapide sur apparition de la cible". 

Les policiers municipaux doivent valider deux formations par an pour conserver leur agrément au tir. / © Laurence Boffet / FTV
Les policiers municipaux doivent valider deux formations par an pour conserver leur agrément au tir. / © Laurence Boffet / FTV

Pendant cette séance, les agents municipaux vont tirer 50 cartouches. Ils vont s'exercer en statique, en mouvement, sur une cible "armée" ou encore derrière un abri. Autant de situations différentes qu'ils analysent ensuite avec leurs formateurs. 

© Laurence Boffet / FTV
© Laurence Boffet / FTV

"Je me sens plus en sécurité"

L. est policière municipale à Toulouse depuis 2002. Affectée au centre ville, elle est aussi maître-chien. Son pistolet est pour elle "une arme de riposte en plus". Et un outil qui s'imposait. "Pour moi, une arme, ça fait partie de l'uniforme du policier" dit-elle, "je me sens plus en sécurité".

par rapport à la sécurité, aux situations délicates, au terrorisme, si je dois sauver des vies, et pas forcément la mienne, il me faut quelques chose pour le faire". L. policière municipale à Toulouse.

L. a déjà dû sortir son arme plusieurs fois, "sur des situations délicates" mais n'en a jamais fait usage, "heureusement". 
Depuis que les policiers municipaux sont armés, ils n'ont tiré qu'une seule fois. C'était en 2017. Ils avaient abattu un chien qui mordait son maître, un SDF, dans le centre ville.

A Toulouse, tous les policiers municipaux sur le terrain sont armés

A Toulouse, tous les policiers municipaux sur le terrain et au centre de contrôle radio de la ville sont armés jour et nuit depuis 2014. C'était une promesse de campagne de Jean-Luc Moudenc. Elle est devenue effective en novembre 2014.

Pour son adjoint en charge de la sécurité, Olivier Arsac, l'armement des policiers municipaux est une évidence, "car cette police de proximité" est souvent la première sur les lieux, notamment en cas d'attentat comme à Nice, en 2016 :

Interview d'Olivier Arsac, adjoint au maire de Toulouse, sur le port d'arme des policiers municipaux

Mais ils ont une formation très encadrée

A Toulouse, 280 des 330 policiers municipaux sont munis d'une arme de poing, en plus d'une bombe lacrymogène et d'un bâton télescopique. Et ils sont formés à l'usage de ces trois armes.
Pour les nouvelles recrues, il y a une formation préalable à l'armement. Tout comme les séances qui servent ensuite à conserver son port d'armes, elles sont dispensées par le Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT) qui a une convention avec la ville et délivre les certifications à la Préfecture. Ses moniteurs ont "le même niveau de formation que la police nationale" explique Laurie Veyssiere, responsable de la formation au CNFPT. Et ils vont jauger aussi bien les connaissances et les aptitudes au tir des policiers municipaux que "leur comportement". "Si un agent n'a pas une attitude adéquate, il ne sera pas validé" explique un formateur. C'est valable aussi bien pour la formation initiale que pour les deux séances annuelles.

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