Feria de Vic-Fezensac : "Entre 18 et 20 personnes sont venues se plaindre pour des piqûres", affirme un responsable de la Croix-Rouge sur place

Publié le Mis à jour le
Écrit par Benoît Roux .

Entre les orages, des personnes enivrées et le phénomène des piqûres sauvages, la Croix-Rouge du Gers n'a pas chômé sur les 4 jours de la feria de Vic-Fezensac. Témoignages des secouristes, des Festayres et précisions du parquet du Gers.

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Depuis vendredi, si cette manifestation importante a réussi à éviter en partie les orages, elle n'a pas échappé au phénomène des piqûres sauvages. 

Une vingtaine de cas et plusieurs plaintes depuis l'arrestation d'un homme de 38 ans

Tout s'est presque terminé hier soir pour les Festayres adultes, sevrés de 2 ans de fêtes en général et de Pentecôtavic en particulier. Une accalmie pour les secouristes de la Croix-Rouge. Lundi, dernier jour de la Feria, c'est traditionnellement la journée des enfants.

Tous les jours, ils sont environ 40 secouristes pour recevoir ceux qui ont un peu trop bu ou qui se plaignent de maux divers. Il y a même 7 véhicules de premiers secours pour intervenir sur le site mais aussi dans les campings alentours.

Un dispositif qualifié de "moyenne envergure", parfois renforcé par la protection civile comme c'était le cas dimanche soir. Autant dire que le phénomène de piqûres sauvages est venu compliquer un peu plus leur tâche. "Au départ, la prise en charge est la même. Du moment qu’une piqûre dite sauvage est constatée par les médecins sur le dispositif , nous alertons les forces de l’ordre pour faire le dépôt de plainte pour la suite à donner au niveau du procureur", constate Patrice Brouste le directeur territorial de l'urgence et du secourisme Croix Rouge Gers

Sur plus de 350 personnes secourues depuis vendredi, les secouristes confirment que les cas de piqûres se sont multipliés. Au-delà du chiffre de 7 puis 9 donné par le parquet du Gers. "Depuis le week-end, entre 18 et une vingtaine de personnes sont venues se plaindre et constater des piqûres, affirme Patrice Brouste. Du moment où le suspect a été arrêté par les forces de l'ordre, le phénomène s'est calmé jusqu'à dimanche 17h. Là, nous avons eu encore 5 personnes et d'autres dans la soirée." Ceci alors que l'individu interpellé était en garde à vue.

Le directeur de la Croix-Rouge du Gers confirme que toutes les personnes victimes de ces piqûres ne sont sans doute pas venues les voir. Les symptômes varient d'une personne à l'autre et plusieurs ne s'en aperçoivent pas, notamment quand le taux d'alcoolémie monte. 

Les précisions du procureur de la république du Gers. 

Si ces désagréments inquiétants se banalisent, les interpellations étaient rares jusqu'à présent. Pourtant dans le Gers, un individu de 38 ans a été arrêté par la gendarmerie suite au signalement physique et vestimentaire d’un homme signalé par une femme ayant ressenti une sensation de piqûre. Joint par téléphone ce matin par France 3 Occitanie, le procureur de la République du Gers Jacques-Edouard Andrault apporte des précisions. 

  • Sur le nombre de cas recensés : Jusqu'à ce matin, nous avons 9 cas de piqûres lors des 3 soirées. 4 hommes et 5 femmes, âgées entre 17 et 35 ans. Sur ces 9 cas, 4 personnes ont déposé plainte.
  • L'homme interpellé : Il a 38 ans. Les forces de l'ordre l'ont interpellé sur la base d’un signalement physique et vestimentaire donné par une femme. 
  • Les symptômes et les causes : Ils sont variés et peuvent aller de choses insignifiantes, à des bouffées de chaleur, des amnésies temporaires, des nausées... Nous n'en savons pas plus sur la nature du produit et sur les causes de ces symptômes. On parle de seringue mais on n’est pas formellement sûr que ces piqûres proviennent d'une seringue. Une démarche a été faite pour que des prélèvements sanguins soient réalisés. Certaines victimes ont dit oui d’autres non. En ce qui concerne le Gers, il n'y a pas de produit inoculé identifié. Les prélèvements n'ont rien donné de concret. J'incite tous ceux qui ont été piqués à collaborer avec la gendarmerie et la police pour comprendre ce qui leur est arrivé.

L'individu vient d'être relâché

Dans un communiqué reçu en fin d'après-midi, le procureur annonce que l'individu a été relâché. "Entendu, l’homme a contesté toute piqûre. Il n’était pas porteur d’un objet piquant lors de son contrôle. Plusieurs vérifications ont été conduites pendant la garde à vue, qui a été prolongée. Les nombreuses investigations menées durant la garde à vue n’ont pas permis de confirmer l’implication du suspect. Sa garde à vue a donc été levée. Les investigations se poursuivent, avec l’analyse sanguine de la victime notamment."

En effet les personnes ou des prélèvements sanguins sont parfois envoyées à l'hôpital pour des tests comme celui du VIH. 

Pas de psychose sur place

Même si ce lundi c'est la journée des enfants sur place, organisateurs, Festayres et ceux qui tiennent les bodegas ne cèdent pas pour la plupart à l'inquiétude. "Certes il y a eu des piqûres, comme maintenant dans tous les rassemblements. La sécurité a fait ce qu'elle devait faire en arrêtant un homme. Il n'y a pas eu de psychose par rapport à ça." 

Fabrice Laffargue co-président de Pentacôtavic se veut rassurant. Il relativise ce nouveau phénomène. "L'ambiance a été très bonne, encore hier soir, toutes les générations étaient là. L'histoire des piqûres comme celles des couteaux ou des pilules, il y en a toujours eu et on met toute la sécurité en place pour éviter ça." 

Les Festayres que nous avons rencontré ce lundi sur place sont sur la même longueur d'ondes : "Je pense que sur le moment, on est alcoolisé donc on n'y pense pas forcément.". Une amnésie grâce à l'alcool confirmée quelques mètres plus loin. "Tout se passe très bien. On est conscient de ça mais ça n'empêche pas la fête."

Mais bien sûr, les parents sont plus inquiets : "mon fils vient tous les ans. Bien sûr que je ne suis pas tranquille avec ces piqûres!"

La feria de Vic se termine ce soir. A Toulon, un homme de 20 ans a été mis en examen. Il est suspecté d'être l'auteur de piqûres lors de l’enregistrement d’une émission télévisée vendredi soir dans le Var.

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