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Toulouse : Gilles Bertin, le rockeur-braqueur, se livre dans un ouvrage sur ses trente ans de cavale

Gilles Bertin lors de son procès en 2018. / © France 3 Occitanie
Gilles Bertin lors de son procès en 2018. / © France 3 Occitanie

Gilles Bertin, chanteur punk du groupe Camera Silens, a été condamné en juin 2018 à 5 ans de prison avec sursis pour sa participation au braquage de la Brink's en 1988 à Toulouse. Il s'était rendu de son plein gré, après 28 ans de clandestinité. Une cavale qu'il raconte dans un ouvrage.

Par Marie Martin

"Je ne suis pas revenu pour faire l'apologie du braquage". Par ces simples mots, Gilles Bertin explique toutes ces décisions. Celle de se rendre à la police, après 28 ans de cavale, après le braquage à main armée de la Brink's, en 1988, à Toulouse.

Celle aussi de raconter toute son histoire, dans un ouvrage intitulé "Trente ans de cavale", qu'il a écrit sous la direction éditoriale de notre confrère Jean-Manuel Escarnot, récemment disparu.

Sa jeunesse, Gilles Bertin la voue à la musique. Avec trois autres jeunes hommes, il fonde le groupe punk Camera silens qui se taille une petite notoriété, dans les années 80.

La suite ? "Une succession d'erreurs et de mauvais choix", nous explique-t-il, d'une voix douce. La drogue, les drogues, des petits faits de délinquance qui lui font faire de courts séjours en prison, à Bordeaux, où il vit depuis l'adolescence. Là-bas, des rencontres qui modifient sa trajectoire.
Il arrête l'héroïne mais il la remplace par l'adrénaline. Jusqu'à ce braquage de la Brink's de Toulouse où lui et ses complices séquestrent deux personnels de la banque et leurs épouses, afin de pénétrer dans la chambre forte. 
Des faits graves, pour Gilles Bertin, qui souhaite "démystifier l'image du braqueur".

Immédiatement après, Gilles Bertin quitte la France et gagne le Portugal où il vivra pendant dix ans. Pas franchement caché. Prudent tout de même. C'est là qu'il tombe malade, atteint du VIH dans les années 90.
Puis ce sera l'Espagne, une compagne, une nouvelle famille qui lui procure du travail. Et enfin l'arrivée d'un petit garçon, aujourd'hui âgé de 7 ans.

C'est pour lui que Gilles Bertin a, en 2016, franchi la frontière française pour se rendre à la police. Peu de temps avant la prescription des faits. "Je ne pouvais plus mentir. Je voulais pouvoir tout dire à mon enfant. On ne peut pas élever un enfant avec des non-dits, des mensonges". 

Persuadé d'être incarcéré, Gilles Bertin est finalement laissé en liberté jusqu'à son procès. Celui-ci se tient en juin 2018 devant la cour d'assises de la Haute-Garonne. Il est condamné à 5 ans de prison avec sursis et ressort libre

Aujourd'hui, il vit à Toulouse en attendant de se voir délivrer de nouveaux papiers d'identité (il avait été déclaré disparu au bout de vingt ans d'absence). Il fait la promotion de son livre. Et envisage, pourquoi pas, de reformer son groupe, Camera silens.

Tout est désormais possible...

Voir le reportage d'Amélie Poisson, de France 3 Occitanie : 
 
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