Grogne à l'hôpital : les personnels hospitaliers pas convaincus par les annonces d'Edouard Philippe

Les mesures annoncées par Edouard Philippe en faveur des hôpitaux ne suffisent pas pour satisfaire les revendications des personnels soignants.
. / © MARTIN BUREAU / AFP
Les mesures annoncées par Edouard Philippe en faveur des hôpitaux ne suffisent pas pour satisfaire les revendications des personnels soignants. . / © MARTIN BUREAU / AFP

Tout ça pour ça ! C'est en substance la réaction des syndicats et des personnels soignants des hôpîtaux d'Occitanie après les annonces faites par le Premier Ministre. Ces mesures s'avèrent très en-deça des efforts réclamés par la mobilisation, qui a débuté il y a 6 mois dans les services d'urgences.

Par Yann-Olivier d'Amontloir

Les personnels soignants ne sont pas convaincus par le gouvernement. Le premier ministre a annoncé ce mercredi matin une série de mesures pour tenter de désamorcer la grogne des personnels hospitaliers, mobilisés depuis des mois dans toute la France pour réclamer des postes et des moyens afin de travailler dans de meilleures conditions.
Les 3 principaux points :
  • un effort de 1,5 milliard d'euros sur 3 ans pour l'ensemble des hôpitaux
  • la reprise de 10 milliards sur les 30 milliards d'eurosde la dette du secteur hospitalier public par le budget de l'Etat
  • des primes salariales pour certaines catégories de personnels soignants
La CGT du CHU de Toulouse dénonce le manque d'ambition de ces mesures, très en-dessous de ce que les personnels réclament depuis le début de leur mouvement.

Exemple : l'effort budgétaire de 500 millions d'Euros par an pour la totalité des hôpitaux de l'hexagone, à comparer avec les 1,4 milliard d'Euros du budget annuel pour le seul CHU de Toulouse.

On ne parle pas de créations d'emplois, ni d'augmentation du nombre de lits, ni de réouvertures de maternités fermées ces dernières années

regrette une représentante du personnel du CHU de Toulouse.
Clairement les personnels mobilisés réclament plus de moyens humains et des hausses de salaires. Pour eux ces mesures annoncées n'ont pour but que de calmer leur grogne, sans apporter de réponses concrètes aux questions de fond.
 

Effets d'annonce et résultats concrets

Le syndicat CGT rappelle aussi que la revendication salariale principale, c'est une augmentation générale de 300 Euros par mois des salaires de tous les personnels.
A cela Edouard Philippe répond en proposant une prime "qualité des soins" de 300 Euros par an... Pour les personnels considérés comme les plus méritants par leur direction.

Enfin à l'annulation pure et simple de la dette de 30 milliards d'Euros de l'ensemble du secteur hospitalier public, évoquée antérieurement au discours du premier ministre, la réponse apportée se limite à un tiers de ce montant.
La ministre de la santé quant à elle, a surtout parlé de parcours professionnel, avancées de grade et évolution de carrière.

Castres n'est pas Paris

A Castres (81) les soignants regrettent que le premier ministre ait cité principalement Paris, dont les établissements sont sans commune mesure avec la dimension de celui de cette sous-préfecture du Tarn.

Je n'ai rien entendu à propos des heures supplémentaires déjà effectuées par l'ensemble de la communauté hospitalière

souligne un représentant du personnel.
Une infirmière conteste le choix du gouvernement de procéder par l'attribution de primes : "elles créent des inégalités de traitement, donc des dissensions au sein du personnel. On a l'impression que l'Etat veut nous diviser".

Des heures de travail en plus, effectuées bénévolement, ni payées ni récupérées par du temps de repos, ça a un nom : cela s'appelle de l'esclavage

renchérit-elle.
Loin d'être satisfaits par ces annonces, les personnels infirmiers, aidee-soignants et médecins appellent à une nouvelle manifestation le samedi 30 novembre prochain.

Sur le même sujet

Les + Lus