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Le groupe Newrest du Toulousain Olivier Sadran mis en cause après des intoxications alimentaires en Nouvelle-Calédonie

Olivier Sadran, fondateur et co-président de Newrest, s'est rendu en Nouvelle-Calédonie au mois d'août. / © Pascal Pavani/AFP
Olivier Sadran, fondateur et co-président de Newrest, s'est rendu en Nouvelle-Calédonie au mois d'août. / © Pascal Pavani/AFP

Newrest, le groupe toulousain de restauration industrielle spécialisée dans le domaine aérien et ferroviaire mais également dans les collectivités, est mis en cause dans une série d'intoxications alimentaires qui sévissent dans les écoles de Nouvelle-Calédonie depuis trois mois.

Par Marie Martin (avec AFP)

Que se passe-t-il dans les cantines scolaires de Nouvelle-Calédonie ?

Depuis le 25 septembre, celles de Nouméa sont fermées. Sur ordre de la mairie et au nom du principe de précaution.

En trois mois en effet, douze cas d'intoxications alimentaires se sont produits dans des écoles de l'île. Des enfants ont été pris de maux de ventre et de vomissements dans deux écoles maternelles et primaires de Païta tandis que lundi 24 septembre  et jeudi 27 septembre, dans une école de Nouméa et une autre de Dumbéa (banlieue), plusieurs écoliers avaient eu les mêmes symptômes après avoir mangé à la cantine, a indiqué une association locale de parents d'élèves "Une cantine responsable pour nos enfants".


Mystérieuse contamination


Le marché des cantines scolaires de ce secteur, soit 8 000 repas par jour, est assuré par un seul prestataire, Newrest, filiale du groupe français créé par Olivier Sadran à Toulouse. Newrest assure la livraison de 16 000 repas au total pour la Nouvelle-Calédonie. Tous sont fabriqués au même endroit, dans une usine appartenant auparavant à Sodexo et rachetée il y a trois ans par Newrest. 

A ce jour, assure Newrest que nous avons contacté, aucune analyse bactériologique n'a mis en cause les repas préparés dans l'usine. Par ailleurs, ces cas d'intoxication sont pour le moins mystérieux puisqu'à chaque cas de suspicion, seuls quelques enfants sont malades. Si la bactérie contaminante provient des repas, elle doit toucher tous les consommateurs, s'étonnent les responsables.

Mais par ailleurs, un rapport de la DAVAR (direction des affaires vétérinaires, alimentaires et rurales) fait état de "l'incrimination d'un produit d'approvisionnement importé d'Espagne (un "fond" de sauce déshydraté) sur lequel a été détectée une très forte concentration de bactéries productrices de toxines, résistantes à la cuisson et qui provoquent des troubles de la digestion, dans des proportions très variables selon la sensibilité des personnes". 

Ce rapport indique également des dysfonctionnements internes à l'entreprise, parmi lesquels l'inadaptation des locaux, le croisement de certains flux sanitairement incompatibles et des défauts d'encadrement.
A ce sujet, Newrest a indiqué que d'importants travaux étaient en cours dans cette usine, avec un investissement à hauteur de 2,5 millions d'euros. 


Fermeture des cantines 


Newrest, groupe fondé à Toulouse par Olivier Sadran, spécialiste mondial de la restauration dans les avions, les trains et les collectivités, a dénoncé "l'acharnement" dont elle se dit victime de la part des familles ou des institutions alors que "tous les éléments de suspicion d'intoxication alimentaire se sont avérés ne pas être de notre responsabilité". 

Dans l'attente d'analyse complémentaires envoyées en Métropole, le gouvernement local, la mairie de Nouméa et la province sud ont "imposé à la filiale de Newrest en Nouvelle-Calédonie une fermeture et une désinfection complète de ses cuisines les 29 et 30 septembre, suite auxquelles des contrôles devaient être opérés".     
"Si la conformité des locaux est validée", la ville de Nouméa envisageait de rouvrir ses cantines ce jeudi 4 octobre. Mais elle annoncé mardi 2 octobre qu'il n'y aurait pas de réouverture avant les prochaines vacances scolaires.   

Pourtant,des analyses toxicologiques montreraient la présence de coliformes sur les plateaux de 2 écoles sur 4, plateaux fournis par la Ville. C'est ce que révèle une autre association Ensemble Pour La Planète, dans un communiqué publié ce mardi 4 octobre. 


Plusieurs plaintes déposées

    
L'association "Une cantine responsable pour nos enfants", qui avant même cette crise dénonçait la mauvaise qualité des repas servis aux enfants, a porté plainte contre X pour blessures involontaires.

De son côté, Newrest, qui n'exclut pas "un acte de malveillance", a porté plainte contre X pour empoisonnement, et plainte contre lesdites associations pour diffamation. 
Olivier Sadran, son co-président, s'est rendu plusieurs fois en Nouvelle-Calédonie, dont une fois au mois d'août, après les premières intoxications. Il a demandé à être reçu par le gouvernement exécutif local. Sans succès...


    

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