La communauté gabonaise manifeste à Toulouse pour dénoncer le hold up électoral d'Ali Bongo

Environ 150 personnes se sont rassemblées ce samedi place du Capitole à Toulouse pour alerter sur la situation au Gabon. / © France 3 Midi-Pyrénées
Environ 150 personnes se sont rassemblées ce samedi place du Capitole à Toulouse pour alerter sur la situation au Gabon. / © France 3 Midi-Pyrénées

150 Gabonais manifestent ce samedi place du Capitole à Toulouse. Très inquiets de la situation au Gabon après l'élection présidentielle, ils sont venus dénoncer le hold up électoral d'Ali Bongo et réclamer le soutien de la communauté internationale pour le peuple Gabonais.

Par Laurence Boffet

Ils se sont symboliquement baillonnés pour dénoncer le muselage que subit selon eux l'opposition au président Ali Bongo... 150 Gabonais manifestent ce samedi place du Capitole à Toulouse pour dire leurs inquiétudes au lendemain d'une élection presidentielle contestée et leur solidarité avec le peuple de leur pays. En Midi-Pyrénées, la communauté gabonaise compte environ 900 personnes.

"C'est très grave, ce qui se passe au Gabon", témoigne Thierry d'Gabriel Eyeghe. Comme d'autres, ce membre de la Maison du Gabon de Toulouse et de l'association des Gabonais de Haute-Garonne manifeste une nouvelle fois ce samedi pour dénoncer "le hold up électoral du président sortant du Gabon et demander qu'il respecte la voix des urnes".
 "Le peuple Gabonais est désemparé" explique Thierry d'Gabriel Eyeghe, "nous qui sommes à l'extérieur, le seul soutien qu'on peut leur apporter, c'est de se rassembler". Il rappelle que depuis les élections du 27 août, de nombreuses exactions ont été commises par le régime d'Ali Bongo : "1000 à 2000 personnes ont été arrêtées, victimes d'une justice expéditive. Il y a des morts et actuellement, la milice gouvernementale empêche les gens d'aller reconnaître les corps dans les morgues. En ce moment, tous les réseaux sociaux sont coupés par le pouvoir, beaucoup de gens de la communauté ici en Haute-Garonne sont sans nouvelle de leurs parents".

Une élection très contestée

Le Gabon est la proie de troubles depuis le 27 août dernier et la réelection violemment contestée du chef de l'Etat sortant, Ali Bongo Ondimba qui avait succédé à son père, Omar Bongo, en 2009 après que celui-ci eut dirigé le Gabon pendant 41 ans.
La province du Haut-Ogooué (sud-est), fief de la famille Bongo au pouvoir depuis près de 50 ans au Gabon, se retrouve au coeur de la polémique sur les résultats de cette présidentielle à un tour. "Manoeuvre grossière" selon l'opposition, "anomalie évidente" pour les observateurs de l'Union européenne (UE): les critiques pleuvent de toutes parts sur les résultats annoncés dans le Haut-Ogooué, où le président Ali Bongo à obtenu plus de 95% des voix avec un taux de participation de 99,93%. De fait, le score obtenu dans cette province rurale, frontalière du Congo, a permis au président sortant de rattraper un retard d'environ 60.000 voix sur son principal rival Jean Ping, et de finalement l'emporter d'une très courte tête au niveau national (moins de 6.000 voix), déclenchant des émeutes et des pillages massifs dans le pays. "Même en Corée du Nord, ils n'osent pas annoncer des chiffres pareils!", ne cesse de dénoncer le camp de l'opposant Jean Ping, qui s'est proclamé "président élu" dès l'annonce des résultats provisoires attribuant la victoire à M. Bongo et qui vient de déposer un recours devant la Cour constitutionnelle et réclame un nouveau comptage des voix bureau de vote par bureau de vote dans la province du Haut-Ogooué.



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