Lévothyrox : la décision de la cour d'appel de Lyon mise en délibéré au 9 avril

Le procès en appel de Merck, fabricant du Lévothyrox se tenait ce mardi à Lyon, siège français du laboratoire. Les malades de la thyroïde maintiennent que le laboratoire allemand les a mal informés du changement de formule en 2017 et réclament chacun 10 000 euros d'indemnisation.
Procès en appel du Lévothyrox à Lyon le 7 janvier 2020 -Me Jacques-Antoine Robert, avocat de la société Merck, et Me Christophe Leguevaques, avocats des plaignants
Procès en appel du Lévothyrox à Lyon le 7 janvier 2020 -Me Jacques-Antoine Robert, avocat de la société Merck, et Me Christophe Leguevaques, avocats des plaignants © PHOTOPQR/LE PROGRES/MAXPPP
Ce mardi devant la cour d'appel de Lyon se jouait le volet civil de l'affaire du Lévothyrox, médicament contre les troubles de la thyroïde, du laboratoire allemand Merck.

Le 5 mars dernier, tous les plaignants qui accusaient le fabricant d'avoir changé la formule de leur médicament, sans les avoir informés, avaient été déboutés par les juges lyonnais.

La justice civile considérait que le laboratoire avait respecté la réglementation en vigueur quant à la communication de la nouvelle formule et qu'aucune faute n'avait été commise par Merck.

Le changement de formule du médicament, prescrit contre l'hypothyroïdie, modifiait certains de ses excipients. Il a entrainé des effets secondaires (perte de cheveux, fatigue chronique, vertiges, insomnies, maux de tête...) chez 31.000 patients entre mars 2017 et avril 2018. 

3329 malades devant la justice

"Aujourd'hui les 3329 plaignants sont impatients que la justice les entende enfin et leur rende leur dignité" a martelé leur avocat, Christophe Lèguevaques.

Une soixantaine de patients assistaient ce jour à l'audience, tous malades, et pour qui le laboratoire Merck a fait passer ses intérêts financiers avant la santé des patients, précise l'avocat.

C'est du jamais vu, du jour au lendemain, sans leur laisser le choix, sans les informer des conséquences possibles d’un tel changement, on leur a imposé par surprise un « switch », c’est-à-dire un changement de médicament qu’aucun médecin n’avait prescrit et que leur corps n’a pas supporté.

2,5 millions de malades sous nouvelle formule

Merck, mis hors de cause en première instance, affirme avoir respecté le cadre règlementaire en informant les professionnels de santé, la loi lui interdisant d'informer directement les patients.
Et de constater qu'aujourd'hui, plus de 2,5 milllions de personnes prennent du Lévothyrox nouvelle formule et vont bien, sans remettre en cause le "ressenti" de certains pour lesquels le changement a pu être "plus difficile".

De son côté, en juin dernier, l'Agence du médicament a publié les conclusions pharmaco-épidémiologiques d'une étude sur plus de 2 millions de patients, sur lesquels la nouvelle formule du Lévothyrox n'a pas engendré de "problèmes de santé graves".
 

10.000 euros d'indemnisation chacun, c'est la somme que réclament les 3.329 patients au laboratoire pour ne pas les avoir informés du changement de formule, soit 33 millions d'euros au total.
 
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