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Mourir à 20 ans sous un pont en plein centre-ville de Toulouse

C'est sous ce pont à deux pas des allées Jean-Jaurès qu'un homme de 20 ans a été découvert mort. / © France 3 Occitanie
C'est sous ce pont à deux pas des allées Jean-Jaurès qu'un homme de 20 ans a été découvert mort. / © France 3 Occitanie

REPORTAGE - Un jeune homme a été découvert mort mardi 27 août sous le pont Riquet à Toulouse, en plein centre ville. Il semblait avoir dormi là, mais il n'était pas SDF d'après des personnes qui squattent sous ce pont et qui l'ont cotoyé.

Par Christine Ravier

Ils sont trois en train de discuter, sous le pont Riquet sur l'une des rives du Canal du Midi. Ils jouent aux cartes dans la pénombre, deux chiens couchés à leurs pieds, dérangés parfois par un cycliste ou un joggeur qui se fraie un chemin dans leur campement improvisé.

De vieux sièges avachis, des couvertures et de l'autre côté, sur le quai d'en face, un jeune labrador qui trépigne joyeusement au pied d'une tente. A côté, du barda, un vieux canapé gris. C'est là qu'a été découvert mardi matin le corps sans vie d'un jeune homme de 20 ans.
 

Celui qui l'a découvert est là cet après-midi. C'est l'un des joueurs de cartes. Je me présente sans rien demander. Le contact est difficile. L'émotion encore palpable.

Il avait une famille 

Pourtant le dialogue s'instaure. Et cet autre jeune d'une vingtaine d'années me raconte : "Il n'était pas SDF, il avait une famille : une mère, un père, un frère".

Quand je l'ai découvert, il avait l'air de dormir là sur le canapé. Il avait un sourire. On ne sait pas ce qui a pu se passer

Un autre des joueurs, intervient. Le seul qui n'a pas détourné les yeux quand j'ai prononcé le mot journaliste. "C'était un jeune sympathique, me dit-il, un jeune qui discutait". Il ne le connaissait que de la veille mais dit avoir vu sa mère débarquer : "Elle était morte d'inquiétude. Elle le cherchait depuis deux jours".

"C'était un type bien"

Le troisième joueur, plus en retrait, se joint à la conversation qu'on a engagée entre deux silences. Je vois enfin son visage, baissé jusque-là. Comme si le fait de vouloir juste savoir qui était cet homme, ce qui l'a conduit à la mort sur ce quai du Canal à deux pas de la circulation dense des allées Jean-Jaurès et du fond sonore hurlant de la ville, ouvrait un espace.
Se regarder.

Il tient à dire que c'était un type bien. Il venait discuter. Il n'avait pas beaucoup d'amis. Il ne dormait pas souvent ici. "Ce qu'on sait, c'est qu'il avait des problèmes de santé". 

Ici tout est calme. Je comprends qu'ils ont besoin de temps.

Le choc a été violent. Il résonne encore entre ces murs et au fil d'un courant indifférent. Surtout pour le plus jeune d'entre eux, celui qui a trouvé le corps. 

Il prenait des calmants parce qu'il avait des douleurs, c'est tout. Est-ce qu'il est mort de ça ? Nous aussi, on aimerait bien savoir de quoi il est mort. C'était comme un frère de lait pour moi..." livre-t-il le regard troublé.

A la demande du parquet, une autopsie du corps est ordonnée. Le premier médecin qui l'a examiné a évoqué son état de décomposition. Le jeune homme qui dit l'avoir trouvé, dément. 

On n'en saura pas plus cette fois-ci. L'émotion est encore trop vive. Mais les trois hommes ne me sont pas hostiles. Je perçois même qu'ils aimeraient pouvoir parler. Parce que c'était quelqu'un que l'un a croisé, que l'autre a aimé... Simplement quelqu'un.

Un jeune homme de 20 ans dont la trace s'arrête là, sous un pont, en plein centre ville de Toulouse.

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