De nouvelles trajectoires pour les avions afin de réduire les nuisances au nord de l'aéroport Toulouse-Blagnac

Les nouvelles trajectoires de décollage des avions, en direction du nord-ouest, de l'aéroport Toulouse-Blagnac sont expérimentées depuis le 23 mai 2019. / © Max PPP
Les nouvelles trajectoires de décollage des avions, en direction du nord-ouest, de l'aéroport Toulouse-Blagnac sont expérimentées depuis le 23 mai 2019. / © Max PPP

INFO FRANCE 3 - Une enquête publique s'ouvre le 16 septembre concernant la modification des trajectoires de décollage des avions de l'aéroport Toulouse-Blagnac. Le but : réduire les nuisances sonores sur des communes au nord de la plate-forme aéroportuaire. Un choix qui ne fait pas que des heureux.

Par Sylvain Duchampt

" Certains habitants d'Aussonne constatent déjà le changement depuis mai dernier. Il perçoivent beaucoup moins la gêne acoustique." Alain Garcia ne dissimule pas son enthousiasme. Car depuis six mois, de nouvelles trajectoires en direction du nord-ouest au départ de l'aéroport Toulouse-Blagnac sont expérimentées.

L'objectif de ce test touchant à la circulation aérienne vise à réduire les nuisances sonores et à limiter la pollution atmosphérique sur sept communes situées au nord de Toulouse : Cornebarrieu, Mondonville, Aussonne, Daux, Larra, Merville et Grenade.
 
La modification des trajectoires de décollage vers l'ouest impacte désormais la commune de Daux. / © France 3 Occitanie
La modification des trajectoires de décollage vers l'ouest impacte désormais la commune de Daux. / © France 3 Occitanie


L'étude menée en 2014 par l'association "Aussonne Environnement" sur la "gêne sonore liée à l'activité de l'aéroport Toulouse-Blagnac" est le point de départ de cette expérimentation. 

"C'est la suite logique de cette enquête constate Alain Garcia, cela confirme que nous subissions une gêne". Selon les mesures effectuées par ce collectif "le niveau sonore moyen (à Aussonne) entre les décollages et les atterrissages (de l'aéroport Toulouse-Blaganc) est égal à 76 dB(A) avec des niveaux maximaux atteignant 91 dB(A)." 

Décollage plus vers l'ouest

En conclusion de ce rapport, les habitants de la petite commune de 7000 habitants avaient proposé deux solutions pour y remédier.

"Il y a une mesure horizontale à prendre et une autre verticale explique M.Garcia. La première doit permettre aux avions de bifurquer au décollage, plus vers l'ouest et de passer sur une partie plus campagnarde et moins habitée. La deuxième est d'appliquer la procédure de bruit modernisée, déjà exercée sur des aéroports comme celui de Marseille, la NADP (Noise Abatement Operational Procedures)"
 

Après 6 mois d'essais de ces nouvelles procédures, les premières constatations ont été rendues :

La mise en service des nouvelles procédures FISTO 5Q et LACOU 5Q décale le flux de départs vers l’Ouest (sur le tronçon TOU-BO322), avec un bénéfice en terme de survol de population et d’empreinte sonore pour Merville, et à un degré moindre pour l’Ouest d’Aussonne.  

 
Les nouvelles trajectoires à l'aéroport Toulouse-Blagnac modifient les zones des habitations, au nord, concernées par le bruit des décollages. / © France 3 Midi-Pyrénées
Les nouvelles trajectoires à l'aéroport Toulouse-Blagnac modifient les zones des habitations, au nord, concernées par le bruit des décollages. / © France 3 Midi-Pyrénées

La commune de Daux directement impactée

Au total, 1799 habitants seraient moins impactés par les nuisances sonores. Des personnes majoritairement situées sur la commune de Merville. En revanche, 25 administrés du village des Daux seraient eux nouvellement concernés.

Une situation inadmissible pour l'une des habitantes de cette dernière commune, Valérie Sanchez :


Ils nous ont mis devant le fait accompli. A Daux, depuis mai, nous nous étions rendu compte que quelque chose avait changé mais nous ne savions pas quoi. La mairie n'a été informée de l'expérimentation de ces nouvelles trajectoires que début juillet ! dénonce-t-elle avant d'ajouter. Nous ne sommes d'ailleurs pas d'accord avec les résultats de l'étude. Elle semble parfaite mais dans les faits, il n'y a aucune mesure réelle. Aucun sonomètre n'a été installé à Daux. Nous nous sommes renseignés avant de nous installer ici. Nous savions qu'il n'y avait pas d'avions qui passerait aux dessus de nos habitations. En revanche, à Merville, les personnes à s'y être installées l'ont fait en connaissance de cause. On ne peut pas accepter un tel changement de situation.

Ouverture d'une enquête publique

Des affirmations contestées par Joséphine Labayen-Remazeilles, conseillère municipale de Merville, en charge de ce dossier : "Jusqu'en 2003, nous n'avions pas d'avion sur le centre de la commune. Du jour au lendemain, on nous a imposé deux couloirs aériens. Cela a été une catastrophe ! Avec ces modifications de trajectoires, nous revenons à ce qui existait avant. Grâce à ceci, l'école et le nouvel établissement scolaire de Merville ne seront pas survolés. C'est extraordinaire pour une commune comme la notre qui a presque doublé sa population en 15 ans."

Du côté de Daux, la résistance s'organise. Une pétition contre ce nouveau couloir aérien a été lancée et une réunion se tiendra ce vendredi 13 septembre dans la salle annexe à côté de la mairie de Daux pour fédérer les oppositions.

Mais les nouvelles trajectoires de l'aéroport Toulouse-Blagnac ne sont pas encore définitives.

Une enquête publique va s'ouvrir le 16 septembre. Tous les habitants concernés sont invités à venir consulter en mairie les documents mis à disposition et d'apporter leurs remarques d'ici le 18 octobre. La mise en œuvre du projet est envisagé pour le printemps 2020.

D'ici là, le débat sur le maintien ou non de l'aéroport de Toulouse-Blagnac, rattrapé un peu plus chaque jour par l'urbanisation galopante, risque à n'en pas douter d'être relancé.
 

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