En Occitanie (aussi), des usagers exaspérés face au bug des cartes grises sur internet

© Claude Prigent / MaxPPP
© Claude Prigent / MaxPPP

Depuis le 6 novembre, on ne peut plus faire les certificats d'immatriculation que sur internet. Or, le site national bugue et plus de 180 000 cartes grises seraient en souffrance en France. Dans la région, professionnels et particuliers sont exaspérés.

Par Fabrice Valery

C'est un professionnel de l'automobile installé dans le Comminges, au sud de la Haute-Garonne qui raconte : "J'ai des véhicules à livrer ; je les ai payés et je ne parviens pas à faire établir les cartes grises donc à les livrer aux clients. Notre société a près de 100 000 euros dehors et quand je pose la question à la sous-préfecture de Muret, on me répond que la seule solution c'est de... manifester. Mes parents et moi on est dans cette activité depuis 30 ans et on n'a jamais vu ça". 

C'est un particulier de Toulouse qui témoigne : "Pendant trois semaines j'ai tenté de faire établir à mon nom, la carte grise de la voiture de mon père décédé. On m'a dit d'aller sur France Connect mais comme ma mère ne déclare pas ses revenus sur internet, nous n'avions pas d'identifiant. Au final, je me suis rendu deux fois à la préfecture à Toulouse et la seconde fois, la personne au point numérique ma conseillé de passer par un prestataire privé. Ce que j'ai fait. Ça m'a coûté 20 euros mais en 5 minutes c'était réglé. Je trouve hallucinant que les pouvoirs publics renvoient les gens vers le privé". 

C'est un dialogue entendu par un témoin à ce même "point numérique" de la préfecture de la Haute-Garonne :
"- Madame, il vous faut une adresse email.
- Mais je n'ai pas internet.
- Il vous faut quand même une adresse email.
- Mais puisque je vous dis que je n'ai pas internet !"


Et ainsi de suite. Depuis le 6 novembre et la fermeture des guichets "physiques" pour les cartes grises dans toutes les préfectures et sous-préfectures de France, l'exaspération des usagers est à son comble. 
Selon plusieurs évaluations, 180 000 à 190 000 cartes grises seraient ainsi en souffrance dans tout le pays. Combien en Occitanie ? Impossible de le dire, car les demandes ne sont plus départementalisées ou régionalisées.

C'est en effet sur des sites officiels nationaux, France Connect ou l'Agence Nationale des Titres Sécurisées (ANTS), que les usagers doivent faire leurs démarches. Et ces sites connaissent depuis le 6 novembre une série de bugs impressionnante : plusieurs situations dites "complexes" (succession, véhicules importés, anciennes immatriculations, etc) n'ont pas été prévues et surtout les sites et l'agence numérique nationale sont débordés par le nombre de dossiers à traiter. Le retard s'accumule et la colère des usagers, confrontés parfois à un univers kafkaïen, gronde. 

Le ministère de l'intérieur indique que la situation devrait être réglée fin décembre.

Enfin, des questions se posent : "Je me suis demandé, raconte un usager toulousain, comment ce que je ne parvenais pas à faire sur le site pouvait être réalisé en 5 minutes par une société privée. Je n'ai pas la réponse mais un élément, fourni par l'employé de ce prestataire, m'a surpris : ces sociétés ont accès à tous les fichiers qui étaient avant réservés au préfecture. Je trouve cela pour le moins étonnant !"

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