Apiculture : entre fraîcheur et canicule l'année 2019 a été dure pour la production de miel en Occitanie

La canicule de l'été 2019 a été dévastatrice pour les ruches en Occitanie comme dans presque partout en France. / © Nathalie Fournis/ FTV
La canicule de l'été 2019 a été dévastatrice pour les ruches en Occitanie comme dans presque partout en France. / © Nathalie Fournis/ FTV

"Il n'y a plus de saisons", l'adage s'applique parfaitement à l'apiculture en Occitanie. Un printemps frais et pluvieux suivi d'une canicule aussi soudaine que longue : le climat a été sans pitié pour les abeilles et leur miel. Seuls les professionnels de la "transhumance" s'en sont sortis.

Par Yann-Olivier d'Amontloir

Un printemps frais et pluvieux, immédiatement suivi d'un été véritablement caniculaire : des conditions climatiques extrêmes pour les abeilles en France, et dans la majorité des départements d'Occitanie.
Les abeilles ont besoin d'une température constante de 34,5 degrés dans leur ruche.
Quand il fait trop froid elles se regroupent pour se tenir chaud et réchauffer les alvéoles.
Quand il fait trop chaud, les unes ventilent la ruche en battant des ailes, pendant que les autres sortent à la recherche d'eau pour la rafraîchir.

Moins de pollen c'est moins de miel

Dans les deux cas, c'est du temps et de l'énergie perdus pour la production du miel et les soins apportés aux oeufs et aux larves.
Le climat de l'année 2019 a été "catastrophique" pour les apiculteurs de France, hormis en Bretagne - épargnée par les fortes chaleurs en juillet-août.

On estime la récolte française à moins de 9 000 tonnes, alors qu'elle se situait d'habitude aux environs de 15 000 tonnes

déplore Gilles Lanio, président de l'UNAF (Union Nationale des Apiculteurs de France).
 

Des situations inégales selon les exploitations

Concernant les producteurs, il faut distinguer 2 catégories :
  • les exploitations de type "familiales", où la production de miel n'est qu'une activité parmi plusieurs, ont été durement frappées
  • les professionnels, notamment dans le Gers et la Haute-Garonne, qui ont pu pratiquer la "transhumance" : certains ont même réussi à augmenter leur production de 1 à 2%
La transhumance consiste à déplacer au moins une partie de ses ruches pour suivre les périodes de floraison des différentes plantes, donc pour permettre aux abeilles de trouver à leur portée le pollen qu'elles ont besoin de récolter.

Ceux qui ont pu s'adapter à la floraison, d'abord des tournesols, puis du colza, ont bénéficié d'une production tout à fait correcte en quantité

explique Olivier Fernandez, président du syndicat des apiculteurs de Midi-Pyrénées.
Pour assurer la récolte du pollen et la production de miel, les apiculteurs professionnels n'ont d'autre choix que de déplacer leurs ruches pour suivre la floraison des plantes. / © FTV
Pour assurer la récolte du pollen et la production de miel, les apiculteurs professionnels n'ont d'autre choix que de déplacer leurs ruches pour suivre la floraison des plantes. / © FTV

Des craintes pour 2020

L'inquiétude est en train de se renouveler pour l'année 2020, même si les causes - toujours d'origine climatique - sont différentes.
La fin de l'automne dernier et le début de cet hiver ont connu des températures trop douces, parfois jusqu'à 15 degrés et même 20 degrés, alors que la végétation a besoin de gel - notamment pour éliminer les parasites et se préparer à la montée de sève au printemps.

Il y a bien eu quelques jours de froid véritable vers la mi-janvier mais suivis d'un redoux humide avec des températures supérieures à 10° presque partout en Occitanie.
Les apiculteurs restent vigilants.

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