Ariège : la centrale hydraulique EDF de Ferrières paralysée par un mouvement de grève

L'entrée du site de la centrale hydraulique EDF de Ferrières, occupée par ses salariés depuis le 11 février. / © Geoffrey Berg / FTV
L'entrée du site de la centrale hydraulique EDF de Ferrières, occupée par ses salariés depuis le 11 février. / © Geoffrey Berg / FTV

Mobilisés contre la réforme des retraites, mais aussi contre la possible privatisation de certaines filières, les salariés d'EDF occupent leur usine de Ferrières depuis le 11 février. La production d'électricité sur le site est complètement stoppée.

Par Geoffrey Berg

Les turbines sont à l'arrêt complet. Depuis le 11 février, les salariés de la centrale hydraulique de Ferrières occupent le site, mais ont cessé toute activité, afin de protester notamment contre la réforme des retraites. Un mouvement qui intervient dans le cadre de l'action de grande ampleur menée par la CGT Énergie au niveau national, dans le secteur de la production et de la distribution d'électricité.

Le nouveau régime serait particilièrement défavorable pour les agents des IEG (Industries électriques et gazières), déclare Jean-Damien Navarro, secrétaire général CGT EDF Sud-Ouest. On estime que le manque à gagner, avec le nouveau mode de calcul des pensions, serait de l'ordre d'un tiers par rapport aux pensions qui sont perçues actuellement.

Mais la réforme des retraites n'est pas la seule motivation de cette mobilisation générale. Les salariés dénoncent également le "projet Hercule", le projet de restructuration du géant de l'énergie français, qui pourrait entraîner la privatisation de certaines filiales.

"Le but de ce projet, c'est de scinder EDF, de garder une partie "EDF Bleu", nationalisée, autour des activités nucléaires, et un "EDF Vert" en charge des énergies renouvelables. C'est cette partie qui devrait faire l'objet de privatisations partielles, pour attirer des investisseurs privés dans les énergies vertes, les énergies hydrauliques, et tout ce qui est énergies subventionnées."

Une privatisation qui pourrait donc concerner les barrages et les concessions hydrauliques, telles que l'usine de Ferrières.

D'un côté il y a un risque par rapport aux emplois des personnels de ces filiales. De l'autre côté on continue à détruire le modèle d'EDF, le modèle unique qui existait jusqu'en 2005, avant l'ouverture à la concurrence de la production et de la fourniture d'électricité. C'est un modèle économique et social qui avait fait ses preuves, que des intérêts privés voudraient s'approprier aujourd'hui.

Habituellement, l''usine de Ferrières produit entre 25 et 30 mégawatts, de quoi assurer la consommation de Foix et de Pamiers simultanément. L'arrêt de la production représente donc un manque à gagner pour EDF, obligé de compenser en faisant tourner des usines où la production d'électricité revient plus cher.

"On montre à l'employeur qu'on est en capacité de mettre la main sur la production, explique Laurent Farenc, délégué CGT des agents de production Sud-Ouest. Si nos revendications ne sont pas entendues, on ne s'empêchera pas d'aller plus loin et de couper de plus grosses centrales."

C'est une action qui ne concerne pas que les quinze salariés de Ferrières, mais les cent-vingt sur l'Ariège. On occupe celle-là parce qu'elle est à Foix, mais ceux des autres centrales, une nuit par semaine, viennent garder le piquet de grève. C'est une action de toute l'Ariège.

Le mouvement est également très suivi ailleurs dans le Sud-Ouest, avec quatre autres piquets de grève dans les usines EDF d'Arthès (Tarn), Palaminy (Haute-Garonne), Asasp (Pyrénées-Atlantique) ainsi que Pragnières et Beaudéan en alternance (Hautes-Pyrénées).
 

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