Confinement : la communauté catholique de Toulouse plaide pour un retour en petit nombre dans les lieux de culte

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Les lieux de culte ne rouvriront pas le 11 mai. C’est ce que le président de la République a fait savoir aux responsables des cultes ce mardi lors d’une audioconférence. Cette décision suscite colère et désarroi dans la communauté catholique de Toulouse. Réactions.
 

Trop, c’est trop !

C’est Monseigneur Le Gall, archevêque de Toulouse, qui s’exprime. Même au téléphone, l’agacement du prélat est perceptible. Son agacement et son incompréhension. 


Nous avons joué le jeu et n’avons pas tenu de rassemblement liturgique, notamment pendant la semaine Sainte, il n’a pas eu d’accès aux sacrements. On ne remet pas en cause les mesures de confinement et nous continuerons à jouer le jeu, mais là, quand on a appris qu’une réouverture des lieux de culte pour des messes n’était pas envisagée avant 2 mois... C’est excessif, on n’a jamais vu ça dans l’histoire de l’Eglise, je vous le dis, ça ne va pas passer. 


Dans la communauté catholique toulousaine, la décision du président de la République de ne pas rouvrir les lieux de culte avant mi-juin est mal comprise et les prêtres n’ont pas manqué de le faire savoir sur les réseaux sociaux.
   

Les prières individuelles autorisées dans les églises 


Les fidèles sont autorisés à se rendre dans des lieux de culte qui sont restés ouverts, mais ils doivent prier "isolément" et les sacrements, baptêmes, communions, confirmations ont été annulés.  
 

Gregory et Caroline Aoustin sont catholiques, parents de quatre enfants et enseignants.
 

Un chrétien seul, ce n’est pas un vrai chrétien. C’est très important de vivre ensemble. La Semaine Sainte a été très difficile à vivre à distance. Il me manque cette relation avec les autres même si on a développé notre prière familiale et personnelle à la maison. 

réagit le père de famille.

Je suis très déçu car en tant qu’instituteur, on va rouvrir les écoles avec 15 enfants et on me dit que dans une église, on ne peut se retrouver à une dizaine.


Son épouse, Caroline Aoustin renchérit : 


On comprend que le moment de la communion soit difficile, qu’il faudrait que le prêtre porte un masque et des gants et que l’hostie soit déposée dans les mains. Il y a des solutions pas difficiles à trouver tout en se protégeant les uns les autres. 
Les paroissiens peuvent aussi s’engager à participer à la désinfection de l’église, nous sommes volontaires.

Des messes sur des plateformes vidéo 


Depuis le début du confinement, l’église s’est pourtant adaptée pour ne pas perdre le lien avec ses fidèles : messes filmées et retransmises en direct ou en différé, les propositions numériques se sont multipliées. Mais pour les pratiquants interrogés, la prière individuelle ou les messes par internet ne remplacent pas la prière collective. Le contact fait partie des rites religieux.
   

Le droit de pratiquer des célébrations réduites

Monseigneur Le Gall, archevêque de Toulouse : 

Ce que je demande, c’est que nous puissions avoir une célébration réduite, 20 à 50 personnes maximum avec des précautions, quitte à multiplier les offices, mais qu’on ne ferme pas les célébrations aux fidèles encore 2 mois ! C’est douloureux.

Et de poursuivre :

On voudrait pouvoir célébrer des sacrements. La célébration d’une centaine de confirmations était prévue pour la Pentecôte, on ne les célèbrera pas. Les adultes, près d’une centaine, qui devaient être baptisés pour les Fêtes de Pâques ne l’ont pas été, je voudrais qu’ils le soient et encore une fois, nous respecterons les mesures.
 

Ce vendredi, les évêques de France doivent se retrouver en visioconférence pour aborder toutes ces questions. Ils devraient plaider l’assouplissement des mesures de confinement auprès du gouvernement et du chef de l’Etat. L'archevêque de Toulouse se dit prêt à un rapport de force.