Coronavirus et études : comment les établissements du Tarn tentent d’attirer des élèves pour la rentrée prochaine

© Lycée Flamarens
© Lycée Flamarens

La rentrée 2020/2021 a déjà commencé à se préparer dans de nombreux établissements scolaires. Mais il est parfois difficile de recruter de nouveaux élèves dans le contexte actuel. Les outils numériques deviennent indispensables pour convaincre. Les établissements tarnais rivalisent d’idées.
 

Par Miryam Brisse

Se promener à vélo à la découverte du lycée professionnel agricole de Flamarens, impossible en ce moment ? Eh bien si, l’établissement de Lavaur vous propose d’enfourcher une bicyclette virtuelle pour visiter le site de 120 hectares.

A chaque arrêt, il suffit de cliquer sur les vues pour entrer dans les salles de cours, le gymnase ou le foyer. Cette idée c’est une enseignante documentaliste qui l’a eu. Un projet soutenu par la proviseure, Isabelle Roch. « On voulait quelque chose de dynamique, d’actif et de permanent.  Cette visite virtuelle est parfaite. »

Le lycée toujours fermé au public


Pour la responsable de l’établissement l’enjeu est important. Avec la crise sanitaire elle s’inquiète pour les effectifs de l’an prochain. « Le recrutement est incertain. Nous sommes une petite structure. Beaucoup de parents souhaitent voir le site avant d’inscrire leurs enfants mais pour l’instant ce n’est pas possible. On espère avoir l’autorisation de recevoir dans quelques semaines des familles sur rendez-vous. »
 


Les portes ouvertes n’ont donc pas pu être organisées. En plus de cette visite numérique, le lycée propose le 15 mai une journée d’échanges via internet mais également téléphone avec les enseignants, agents de la vie scolaire et administratifs. « On a mobilisé du monde pour pouvoir répondre aux questions des familles", ajoute la proviseure. 
Cette année le lycée a accueilli 120 élèves et une soixantaine d’apprentis. Les formations proposées vont de la 4ème au BTS agricole.

Les Centres de Formation des Apprentis très inquiets pour le recrutement


Laurent Souques, lui, est en train de monter un vaste plan de communication pour le recrutement à l’Union régionale des métiers et de l’artisanat du Tarn.

Les centres de formations des apprentis  seront forcément impactés par cette crise sanitaire et économique,


 déplore-t-il. Cette année, avec 1200 apprentis, toutes formations comprises, on était sur la première marche du podium en Occitanie pour les centres de formations. »
L’apprentissage attirait de nouveau les élèves ces dernières années.

En restauration, le nombre d'apprentis risque d'être en baisse


Mais la rentrée prochaine s’annonce beaucoup plus compliquée. « Un exemple : l’une de nos filières phare est l’hôtellerie-restauration, explique Laurent Souques. On ne sait même pas encore quand rouvriront les établissements ni les règles qui s’appliqueront. Les patrons auront certainement moins besoin d’apprentis. »
 


Le recruteur ne baisse pas les bras pour autant. « On va se servir de tous les réseaux numériques pour communiquer. Ce que l’on faisait peu jusqu’à maintenant. » L’URMA Tarn vient ainsi de lancer sa première page Facebook qui présente toutes les formations en intégralité. De carrossier à serrurier-métallier en passant par boulanger ou carreleur. 80 diplômes au total sont proposés du CAP au BTS.

Les ingénieurs d'ISIS sur le front du coronavirus


A contre-courant des inquiétudes qui animent les autres établissements, à l’école d’ingénieurs ISIS de Castres, le coronavirus aura peut-être eu un impact positif. C’est la première école en France à former des ingénieurs spécialisés en e-santé. « C’est vrai qu’en ce moment les ingénieurs formés dans notre établissement sont très sollicités. Ils développent des solutions numériques pour les hôpitaux par exemple pour les aider à gérer les urgences, » raconte Manon Fleuranceau, Chargée de communication à l’ISIS.

Sur son site internet, l’établissement n’a pas hésité à mettre en avant des témoignages d’anciens étudiants intervenant sur le coronavirus, une manière d’attirer de nouveaux élèves.

Ainsi, de nombreux ingénieurs ISIS Castres sont sollicités dans leurs entreprises pour adapter ou créer de nouveaux outils pour aider tous les acteurs de santé confrontés de près ou de loin au covid-19. 

La e-santé secteur porteur


Et les exemples sont multiples comme « cette application qui permet de diagnostiquer et de suivre à distance des patients atteints du covid-19. »
 


Même si les résultats des inscriptions à l’école via Parcoursup n’ont pas encore été dévoilés, l’école sait que davantage de candidats se sont inscrits cette année. « C’est impossible de dire si le coronavirus aura eu un impact sur ces inscriptions mais ce que l’on sait c’est que le secteur de la e-santé reste porteur, » complète Manon Fleuranceau.

Le recrutement c’est donc l’enjeu du moment pour de nombreux établissements scolaires sans autre alternative que de passer par le numérique.


 

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