Coronavirus : des infirmiers et infirmières posent “à poil” pour protester contre le manque de moyens de protection

Des infirmiers et infirmières du sud de la France ont posé "à poil" pour rendre compte du manque de moyens de protection face au coronavirus Covid-19. / © "Sos soignants en danger"
Des infirmiers et infirmières du sud de la France ont posé "à poil" pour rendre compte du manque de moyens de protection face au coronavirus Covid-19. / © "Sos soignants en danger"

Plusieurs infirmiers et infirmières du sud de la France ont décidé de poser "à poil" pour faire part du manque de moyens de protection face à l'épidémie du coronavirus Covid-19.

Par Antoine Belhassen

Le mouvement a pris de l'ampleur ces derniers jours. Des professionnels de santé de Montpellier, de Perpignan mais aussi d'autres villes de France ont décidé de poser "à poil" pour protester contre le manque de moyens de protection mis à disposition des infirmiers libéraux face au coronavirus Covid-19.
 


Des photos nues, en noir et blanc et un message choc "A poil contre le Covid 19". C'est la méthode choisie par le collectif d'infirmiers libéraux "SOS soignants en danger".

En quelques jours, Alexandra Lopez, infirmière près de Perpignan à l'origine du collectif, a fédéré près de 150 soignants à domicile, femmes et hommes de tout le sud de la France.
 


"On a l'impression d'avoir été envoyés à l'abattoir"


En moins d'une journée, le groupe Facebook du collectif a été rejoints par près de 130 membres. Le mouvement prend de l'ampleur.

"Nous avons l'impression d'avoir été abandonnés, envoyés à l'abattoir", regrette Alexandra Lopez avant de poursuivre sur son initiative : "Une collègue avait posté une photo d'elle nue avec une pancarte sur les réseaux. Je lui ai demandé si je pouvais reprendre l'idée. Elle m'a dit qu'il n'y avait pas de problème. Et, rapidement, beaucoup de monde a rejoint le mouvement."
 

Les premiers infirmiers à poser "à poil" ont rapidement été rejoints par d'autres professionnels de diverses régions en France : "On en a tous marre de ne pas être entendus. Nous n'avons en moyenne que 18 masques pour tenir une semaine. Un masque dure à peu près quatre heures. Ce n'est pas possible... On nous demande donc de fabriquer nos propres blouses, nos propres masques."

A côté du buzz suscité par ces photos, Alexandra Lopez assure retourner au travail, faire de longues journées auprès de populations à risques malgré la "fatigue" : "Nous sommes dépourvus et nous avons le sentiment d'être seuls. Ce groupe nous a donnés un peu d'énergie. Maintenant, ce que l'on veut : c'est se faire entendre par le gouvernement", conclut-elle.
 

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