Coronavirus : quel impact a le confinement sur la qualité de l’air en Occitanie ?

Concentrations moyennes de dioxyde d’azote du 14 au 25 mars 2020, comparativement aux concentrations moyennes mensuelles de 2019. / © Agence Spatiale Européenne
Concentrations moyennes de dioxyde d’azote du 14 au 25 mars 2020, comparativement aux concentrations moyennes mensuelles de 2019. / © Agence Spatiale Européenne

Depuis le premier jour du confinement, la circulation a disparu en Occitanie. Une situation inédite qui a totalement transformé la qualité de l'air. L'association en charge de cette question pour notre région, l'Atmo Occitanie, vient de rendre ses premières analyses. 

Par Sylvain Duchampt et Camille Nowak

Il suffit d'aller sur le site d'Atmo Occitanie et d'observer la carte de la région pour faire un premier constat : tous les voyants sont au vert. La qualité de l'air en Occitanie est bonne.

Les premiers effets visibles du confinement. La disparition de la circulation routière et la baisse de l'activité économique, depuis le mardi 17 mars, ont eu un premier impact visible sur la concentration de dioxyde d'azote présent dans l'air.
 

Circulation au ralenti

"A proximité du trafic routier, on observe une diminution des concentrations de dioxyde d’azote à partir de la mise en place des premières mesures de confinement mardi, observe l'Atmo dans son analyse. Cette diminution se poursuit au cours de la semaine avec une baisse de près de 70% des concentrations de NO2 le weekend."

 
En une semaine les taux de dioxyde d'azote ont fortement diminué. / © Atmo Occitanie
En une semaine les taux de dioxyde d'azote ont fortement diminué. / © Atmo Occitanie

Le NO2 ou dioxyde d’azote est un polluant majeur de l’atmosphère terrestre produit par les moteurs à combustion interne et les centrales thermiques. Il est l'un des révélateur de l'indice de pollution, très simple à suivre, "il est émis par le trafic routier en grande partie mais aussi l’industrie. Comme il a un comportement local on le retrouve immédiatement dans le niveau de concentration dans l’air, pas très loin des sources d’émissions. Il y a une relation très simple entre ce qui est émis et ce que l’on retrouve dans l’atmosphère", explique Laurence Rouil, responsable du pôle Modélisation environnementale et Décision à l’'Institut National de l'Environnement Industriel et des Risques (INERIS).

Même constat du côté de l’Agence Spatiale Européenne (ESA), qui a publié également une étude qui démontre que la concentration en dioxyde d’azote en Europe a fortement diminuée depuis le début des mesures de confinement entraînant ainsi une baisse de la pollution atmosphérique.
 

Dioxyde d'azote en baisse 

Par ailleurs, une autre étude rendue publique cette fois-ci par l'Institut National de l'Environnement Industriel et des Risques (INERIS) précise que les concentrations de dioxyde d’azote, étaient inférieures de près de 50% en moyenne dans les plus grandes villes françaises, par rapport aux niveaux attendus.

"Ce n'est pas surprenant, explique Dominique Tilak, directrice général d'Atmo Occitanie. Dès que la circulation s'arrête, les quantités de dioxyde d'azote baissent automatiquement." Le secteur des transports contribue en effet à lui seul à 67% des émissions régionales.

Ainsi, selon cette étude, "le confinement a donc eu pour effet de diviser par deux la pollution au dioxyde d’azote des 100 plus grandes villes françaises". A Toulouse par exemple, le trafic routier a fortement diminué depuis le 16 mars dernier. En effet, la comparaison du taux d’embouteillage entre mars 2019 et mars 2020 est révélatrice de cette baisse significative.


 


Cette baisse de trafic se répercute sur le taux de dioxyde d’azote puisque l'on peut constater - en comparaison entre 2019 et 2020, à la même date (25 mars) - une évolution du taux de dioxyde d'azote. En effet, en 2019, on retrouvait notamment un indicateur rouge, qui révélait un taux élévé de dioxyde d'azote. En revanche, en 2020, tous les indicateurs sont au vert. 
 
 

Des particules stables

En revanche, difficile de percevoir déjà une évolution sur le taux de particules qui présente lui, une particularité : "L’impact du confinement, que ce soit sur les concentrations en particules en suspension (PM10) ou sur les concentrations en particules fines (PM2,5) n’est pas visible sur cette première semaine" détaille l'Atmo Occitanie.

"C'est cohérent, précise Dominique Tilak. Malgré la baisse d'activité, les dispositifs de chauffage, l'écobuage, la formation de particules dans le cadre de réactions chimiques entre différents gaz continuent. Le trafic routier n'est pas ici la seule source de formation de particules."
 


Point zéro

L'association va continuer ses observations afin de constater si oui ou non, ces taux de particules vont diminuer au fil des semaines.

Malgré le contexte de crise provoqué par l'épidémie de coronavirus, la situation actuelle est une chance pour la directrice générale d'Atmo Occitanie : " Ce confinement nous offre un point zéro pour la suite de nos études et va nous permettre d'analyser le redémarrage de l'activité et ses conséquences sur la qualité de l'airOn n'a jamais eu l’occasion d’observer cela jusqu’à présent donc on ne sait absolument pas comment ça va se traduire sur le long terme."
 

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