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Du Grau-du-Roi à Sète, l'Europe sauve la pêche d'un côté et la menace de l'autre

Retour des chalutiers au Grau-du-Roi dans le Gard. / © Cybèle Plichart
Retour des chalutiers au Grau-du-Roi dans le Gard. / © Cybèle Plichart

A un mois des élections européennes, les pêcheurs et les ostréiculteurs de Méditerranée sont très partagés sur le rôle de l'Union Européenne dans leur secteur professionnel. Des aides ont permis d'améliorer des filières mais la réduction annoncée des jours de pêche est une menace pour l'avenir.

Par Carine Alazet

L'Europe amie ou ennemie des pêcheurs de la Méditerranée ?  De plus en plus règlementée, la pêche est aussi soutenue par les fonds européens, tout comme l'ostréiculture.

Au Grau-du-Roi, dans le Gard, Mathieu Chapel et son cousin Giovanni Garini ont crée une poissonnerie en ligne. Le projet a été financé en partie par l'Union Européenne : 7 000 euros sur les 28 000 nécessaires.

Ils livrent en moins de 24 heures la pêche du jour partout dans l'Hexagone.

Une activité innovante soutenue par l'Europe grâce au FEAMP, le fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche.

L'Europe nous a par exemple permis de financer 15 à 20 % du site, ce qui était une grosse charge pour nous, et 50% du reste du matériel nécessaire.


Dans le même temps, de Menton à Port-Vendres, 57 chalutiers s'inquiètent pour leur avenir. Le plan de gestion européen de la pêche en Méditerranée va contraindre ces navires à réduire leur activité.

Et la pêche ne sera plus rentable pour nombre d'entre eux, selon Paul Gros, président de la coopérative des pêcheurs du Grau-du-Roi.
 

On veut nous enlever 30 à 40% de nos jours de mer sur les 5 ans qui viennent. Ce qui donne à peu près 150 jours de mer. et ce n'est pas possible de rentabiliser sur 150 jours. A 200 jours on l'est, à 150 on ne l'est plus.

 


La complexité des aides européennes, un frein pour les professionnels


L'autre difficulté des professionnels de la pêche, c'est de parvenir à monter les dossiers de demande d'aides européennes.
Ostréiculteur de Loupian dans l'Hérault / © Cybèle Plichart
Ostréiculteur de Loupian dans l'Hérault / © Cybèle Plichart

Jean-Michel Caumeil, ostréiculteur à Loupian dans l'Hérault l'a fait.

Il a fait appel au FEAMP pour améliorer la qualité de son produit. 

Avec ce soutien financier, il a surélevé quatre de ses tables ostréicoles et installé des perches rotatives, pour exonder, c'est-à-dire sortir de l'eau ses huîtres en reproduisant le mouvement des marées.
Ostréiculteur près de son parc à huîtres sur l'étang de Thau / © C.Plichart
Ostréiculteur près de son parc à huîtres sur l'étang de Thau / © C.Plichart

Un investissement de 35 000 euros financé à 50 % par la Région Occitanie et l'Europe.
 

En exondant les huîtres un jour par semaine, on va les faire jeûner et au moment où on les remettra à l'eau, elles vont avoir tendance à se nourrir un peu plus, ce qui va améliorer la qualité de leur chair.

Reportage de Cybèle Plichart et Audrey Guiraud 
Marie Tchakerian, directrice de la mer pour la Région Occitanie, aide les professionnels à monter leurs dossiers de demandes d'aides européennes. Elle reconnaît qu'il faut faire preuve de persévérance.
 

Ce sont des dossiers sur lesquels il faut être rigoureux. L'Europe veut que les choses sont très précises.


Les prochains dossiers du Fonds Européen des Affaires Maritimes et de la Pêche seront examinés au mois de juillet 2019.

Depuis 3 ans, 140 dossiers et un peu plus de 7 millions d'euros ont été consommés sur les 13 attribués à l'Occitanie jusqu'en 2020.
 

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