Lot : une appli pour exprimer facilement ses souhaits de fin de vie

La lotoise Nathalie Macédo-Carpentier est la co-créatrice de l'appli sur smartphone "Ma vie, mes souhaits" / © France 3 Occitanie
La lotoise Nathalie Macédo-Carpentier est la co-créatrice de l'appli sur smartphone "Ma vie, mes souhaits" / © France 3 Occitanie

Une pharmacienne lotoise vient de créer une appli qui facilite la rédaction des "directives anticipées", les souhaits que chacun peut formuler pour sa fin de vie. Une nécessité pour épargner à ses proches des décisions compliquées le moment venu.

Par Christine Ravier

Jusqu’où prodiguer des soins en cas de mort cérébrale ? Est-ce que je veux ou non m’épargner un acharnement thérapeutique ? Toute personne majeure peut rédiger des directives anticipées pour exprimer ses souhaits sur sa fin de vie.

Ce document aide les médecins à prendre leurs décisions sur les soins à donner si on ne peut plus s’exprimer. Mais très peu de gens rédigent ces directives. Or la plupart des gens ont du mal à évoquer leur propre mort.
 

L'affaire Vincent Lambert en toile de fond

"Les personnes ont presque le sentiment que si elles écrivent, elles vont mourir le lendemain ou le surlendemain", explique la pharmacienne Nathalie Macédo-Carpentier, co-créatrice d'une appli "Ma vie, mes souhaits". Une appli sur smartphone qui facilite la formalisation de ces directives.

En vidéo, le reportage de Christine Ravier et Raphaëlle Talbot

L'affaire Vincent Lambert a touché cette professionnelle, comme l’ensemble de la société... Pendant près de 11 ans, la famille de Vincent Lambert s'est déchirée à son chevet, alors qu’il se retrouvait à à peine 30 ans dans un état végétatif suite à un accident de la route.

Des proches durablement perturbés


Nathalie Macédo-Carpentier était déjà, depuis longtemps, confrontée dans son quotidien à l'hôpital, aux angoisses des familles.
 

Il s'agit d'éviter des choses dramatiques. Tous les jours, on me rapporte : "je ne suis pas sûr que mon père ou ma mère aurait souhaité ça, est-ce que j'ai bien fait ?" ça les taraude !


"C'est pour ça qu'on a travaillé. Pour aider les gens, pour les rendre libres également".

Une position que conforte Gérard Amigues, un ancien médecin généraliste du Lot. Il a été l’un des premiers à dire ouvertement qu’il avait aidé des patients qui le lui demandaient, à mourir. Pour lui l’affaire Vincent Lambert est loin d’être unique.

"On a des conflits familiaux, ça je les ai vécu ! C'est surtout pour les autres, parce que pour soi, c'est fini en quelque sorte, on arrive à la fin de sa vie. Mais c'est ceux qu'on laisse derrière... Si on a tout préparé, on les laissera dans une certaine sérénité".
 

Faciliter le travail des soignants


Pour les médecins, savoir où trouver rapidement les directives anticipées des patients, est impératif. C’est un écueil actuellement, que cette appli pourrait lever, d'après le Dr Thierry Meurie, chef du service des soins palliatifs de l'hôpital de Cahors. 

Cette appli permet d'avoir un accès rapide à un document officiel et de la mettre à disposition de tous les professionnels qui pourraient en avoir besoin, simplement. 


L’appli "Ma vie mes souhaits" est disponible sur portable Androïd et tablettes. Pas encore sur Iphone mais tout le monde peut s’y inscrire. Les données sont sécurisées et modifiables à vie pour 10 €.

Une somme qui peut sembler assez dérisoire, comparée au coût colossal pour l’assurance maladie du maintien en vie de certains patients qui n’auraient pas forcément fait ce choix.


 

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