Montpellier : le CHU milite pour diminuer la consommation d'antibiotiques

Illustration / © PHILIPPE HUGUEN / AFP
Illustration / © PHILIPPE HUGUEN / AFP

C'est la semaine mondiale du bon usage des antibiotiques, l'Occitanie est plutôt mauvaise élève. En cause : la prescription abusive par le personnel soignant. Le docteur Cécile Moulan, praticienne et responsable du Centre de prévention des infections, au CHU de Montpellier nous explique pourquoi.

Par Emmanuelle Rouillon

En Occitanie, nous consommons en moyenne 23 doses quotidiennes d’antibiotiques pour 1.000 habitants. En clair, 23 personnes sur 1.000 ont recours à au moins une dose d'antibiotiques par jour.

C’est à peine moins que la moyenne française qui est à 25 doses, mais bien au-delà de la moyenne européenne, qui s’établie à 19 doses quotidiennes pour 1.000 habitants.
 

L'Aude et le Roussillon, accros aux antibiotiques ?


Dans le détail, l’Aude et les Pyrénées-Orientales sont les départements les plus accros aux antibiotiques avec respectivement 24,1 doses quotidiennes et 24,6 doses pour 1.000 habitants.

Ces chiffres sont en augmentation depuis 2009, date de fin de la campagne « les antibiotiques c’est pas automatique », ce clip télévisé entendu depuis 2001, et dont les effets se seraient estompés à partir de 2007.
 

Trop de prescriptions médicales

Certains médecins pourraient être un peu trop souples et prescrire plutôt facilement des antibiotiques.

En 2017, le CPIAS, le centre de prévention des infections, rattaché au CHU de Montpellier, a organisé un quizz à destination des personnels soignants.

84 établissements de la région Occitanie et plus de 700 personnes y ont répondu et à la question « une escarre [lésion] avec écoulement purulent et de la fièvre sont-elles une indication suffisante pour prescrire un antibiotique ? », 28% du personnel médical s’est trompé et a répondu « Vrai » alors que la réponse est « Faux ».
Cette question démontre que les conditions de prescriptions d’un antibiotique sont souvent méconnues des professionnels de santé.
 

Des prescriptions pour la sécurité

Le docteur Cécile Mourlan explique ce phénomène. Elle est praticien hospitalier et responsable du CPIAS à Montpellier.
 

Les médecins craignent de passer à côté d’une infection plus importante qu’elle n’y parait.

D’une part, les médecins craignent de sous-évaluer la gravité d’une infection et d’entraver encore plus la santé de leur patient. Il s’agit donc d’une sécurité pour éviter de nouveaux risques.  


Les médecins entendent trop souvent : je ne peux pas être en arrêt de travail, je dois être sur pieds dans quarante-huit heures.

Mais il faut aussi le savoir, certains prescripteurs peuvent être confrontés à une pression de la part des patients qui demandent des résultats rapides, le recours aux antibiotiques est donc encore trop systématique quand les médecins cèdent à leurs patients.
 

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