Occitanie : les agriculteurs réagissent à l'interview d'Emmanuel Macron à la veille de l'ouverture du SIA

Emmanuel Macron au salon de l'agriculture en février 2019 / © PHOTOPQR/SUD OUEST/MAXPPP
Emmanuel Macron au salon de l'agriculture en février 2019 / © PHOTOPQR/SUD OUEST/MAXPPP

A la veille de l’ouverture du salon de l’agriculture, le président de la République, dans une interview à la PQR, fait le tour des questions agricoles. Des propos en forme de déclaration d'amour pour les agriculteurs et du baume au coeur pour ceux présents au SIA.

Par Eric Marlot

Ce samedi, le président de la République sacrifiera à la tradition en se rendant au salon de l’agriculture. Une visite qui interviendra dans un contexte particulier. Les agriculteurs se disent victimes d’un agribashing de plus en plus violent et s'inquiètent de l'interdiction du glyphosate annoncée pour 2021. Dans une longue interview accordée à la presse quotidienne régionale, Emmanuel Macron tente de les rassurer. Il déclare qu’il ne tolèrera aucune violence à l’encontre des agriculteurs et affirme, en même temps, qu’une révolution profonde est à accomplir.

Des sujets qui fâchent


Interrogé sur l’interdiction du glyphosate à l’horizon 2021 et de l’inquiétude que cela suscite dans le monde agricole, le chef de l’Etat s’est montré prudent en affirmant que cet objectif ne serait pas tenable sur toutes les exploitations. Un sujet sur lequel il a dit avoir toujours indiqué qu’il ne saurait être question de laisser les agriculteurs sans solutions, raison pour laquelle le gouvernement a saisi l’ANSES (l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation, de l’Environnement et du Travail) et l’INRA (l’Institut national de la recherche agronomique) pour identifier les alternatives viables afin d’organiser une sortie du glyphosate.

Sans vouloir précipiter le calendrier, Emmanuel Macron reste persuadé que notre modèle agricole doit impérativement changer pour aller vers des pratiques culturales plus écologiques. Pour cela, il encourage un changement des pratiques agricoles mais aussi un changement d’habitudes des consommateurs et un investissement des pouvoirs publics dans par la recherche publique. Il annonce le lancement d’un programme de recherches, doté de 30 millions d’euros pour « cultiver et protéger autrement afin de développer des pratiques innovantes »

Interrogé sur une autre mesure très impopulaire auprès des agriculteurs, les zones de non traitement où l’épandage de produits phytosanitaires est interdit, il a plaidé un problème de santé publique et une mesure imposée par une décision de justice du Conseil d’Etat. Le président e la République a par ailleurs annoncé  une aide de 25 millions d’euros pour compenser une partie des pertes de récolte liées à la mise en place de ces zones de non-traitement.
 

Opération séduction


Dans son interview, le Président de la République a habilement manié l’art de séduire le monde agricole tout en affirmant qu’il lui fallait faire sa révolution vers des modes de production plus respectueux de la planète.
« Je ne tolérerai aucune violence à l’encontre des agriculteurs. C’est pour cela que nous avons mis en place une cellule dite Démeter avec un numéro spécial de secours car on ne peut pas accepter que des citoyens viennent agresser des agriculteurs ou effectuer des intrusions dans des élevages » a-t-il déclaré en affirmant un peu plus loin « l’agriculture française doit changer de modèle et cela ne peut se faire ni contre les agriculteurs ni sans les consommateurs »
                                                             
Une façon pour le locataire de l’Elysée de se réconcilier avec le monde agricole (qui depuis le début du quinquennat s’est souvent opposé au gouvernement) sans renier ses engagements écolos. Opération déminage réussie. Dans les allées du SIA, les agriculteurs saluent les propos du chef de l’Etat.

 
Laurence Nayral -Agricultrice en Aveyron

 
Philippe Lacube - Eleveur en Ariège - Président de la Chambre d’Agriculture de l'Ariège

Sa visite à l'occasion de l'inauguration du salon ne devrait donc pas être trop perturbée.

Intégralité de l'interview d'Emmanuel Macron


 

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