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Occitanie : des élus et des citoyens interpellent Carole Delga sur sa politique touristique qualifiée de “climaticide”

Le village de Penne, dans le Tarn. / © Jean-Baptiste Quentin/MaxPPP
Le village de Penne, dans le Tarn. / © Jean-Baptiste Quentin/MaxPPP

Une trentaine de personnes, élues ou issues de la société civile, signe une lettre ouverte à la présidente de la région Occitanie Carole Delga pour dénoncer les dégâts sur l'environnement causés, disent-elles, par une politique touristique démesurée. 

Par Marie Martin

Ils sont enseignants, scientifiques, ingénieurs prévisionnistes, élus ou "simples" citoyens... Leur point commun ? Une grande inquiétude liée au développement du tourisme en Occitanie. 

Dans une lettre ouverte à Carole Delga, la présidente de la région, ils accusent cette dernière de mener une politique touristique offensive, dont les conséquences sur l'environnement seraient désastreuses.

Voilà près de deux ans que vous battez la campagne avec ce mot d’ordre, très simple : « L’objectif pour la région Occitanie est de faire partie du Top 10 des destinations touristiques européennes ». Ainsi, pour que la région ait l’insigne honneur de figurer aux côtés des îles Canaries ou de la Croatie au palmarès des paradis touristiques, vous avez lancé un fonds de 100 millions d’euros en partenariat avec la Banque européenne d’investissement pour financer des infrastructures et soutenir l’initiative privée. Surtout, vous menez une ambitieuse politique de marketing territorial fondée sur la labellisation de 40 « Grands Sites Occitanie » aux intitulés poétiques : « Carcassonne et les cités du vertige », « Collioure en côte Vermeille », « Bastides et Gorges de l’Aveyron »… 


Or pour les signataires de la lettre intitulée "Votre paradis touristique contribue à l'enfer climatique", cet objectif est en complet décalage avec la réalité environnementale. Vouloir passer d'un tourisme essentiellement régional à un tourisme international ne serait pas raisonnable :"le fait que l’économie régionale repose sur l’aéronautique et donc l’expansion du trafic aérien pose déjà problème. L’idée de la compléter par une politique touristique volontariste qui favorise encore l’hypermobilité et le trafic aérien témoigne d’une conception assez étriquée des sciences climatiques. Savez-vous que le tourisme, selon une étude récente de l’Université de Sydney, est responsable d’environ 8 % des émissions de CO2 dans le monde ?"
 

L'autre impact souligné par la lettre : les lieux touristiques ciblés par le label Grand Site Occitanie sont avant tout des lieux de vie. Et ceux qui y résident n'ont aucune envie que l'afflux de touristes fasse monter les prix des loyers. "On l’a vu avec les premiers « Grands Sites Midi-Pyrénées », qui ont commencé à luberoniser nos campagnes : les prix de l’immobilier flambent, la location saisonnière détruit l’offre locative à l’année, les inégalités sociales se creusent, les fermes se transforment en résidences secondaires". 

Et les auteurs de conclure leur tribune également adressée à Virginie Rozière, présidente du comité régional du tourisme, Louis Villaret, président du réseau grands sites de France et Elisabeth Borne, ministre de la transition écologique et solidaire, par une proposition...

nous serions très heureux que l’hospitalité devienne la valeur-clé de notre région : investissons donc ces 100 millions d’euros pour améliorer l’accueil des demandeurs d’asile et des réfugiés, créons des commerces de proximité, des ateliers de réparation et de dépollution, des coopératives agricoles et artisanales, où les nouveaux arrivants pourront travailler aux côtés des habitants de la région pour construire une économie plus digne des enjeux de la décennie à venir.

 

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